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augustegnalehi
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Critique: -livres -muisique Sortie de livre Entretiens Vie des auteurs Critique d'art,
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02.01.2008
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LITTERATURE./ NOBEL 2008

LITTERATURE./ NOBEL 2008

Publié le 09/10/2008 à 12:00 par augustegnalehi
LITTERATURE./ NOBEL 2008
LE CLEZIO PRIX NOBEL DE LITTERATURE

Le prix Nobel de littérature 2008 est connu depuis le jeudi 9 octobre dernier. Il est attribué à Jean-Marie Gustave Le Clezio romancier français d'origine mauricienne.

Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son oeuvre "de la rupture", a annoncé jeudi l'Academie suédoise. L'Académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante", selon les attendus de l'Académie.

Le Clézio, 68 ans, était considéré depuis des années comme un lauréat potentiel et son nom circulait avec insistance cette fois-ci dans les cercles littéraires suédois.

L'Académie suédoise n'a pas donné d'autres raisons à son choix mais il est évident que l'auteur de "Désert" avait de nombreux appuis parmi des académiciens sensibles à son idéalisme et ses critiques de la civilisation matérialiste.

Connu en Suède où plusieurs de ses romans sont traduits, J.M.G. Le Clézio avait reçu en juin dernier le prix littéraire suédois Stig Dagerman qui lui sera remis le 25 octobre à Stockholm. Le romancier refera le voyage le 10 décembre pour venir chercher son Nobel.

"Je suis très ému et très touché", a-t-il dit dans une interview en français à la radio publique suédoise. "C'est un grand honneur pour moi", a-t-il ajouté.

Les derniers lauréats français sont l'écrivain d'origine chinoise Gao Xingjian en 2000 et Claude Simon, grande figure du Nouveau roman, en 1985.

Né le 13 avril 1940 à Nice, dans le sud de la France, d'une famille émigrée à l'Ile Maurice au 18e siècle, Jean-Marie Le Clézio est considéré comme un des maîtres


Né à Nice le 13 avril 1940 d'une famille qui venait de l'île Maurice (sa mère était anglaise, son père médecin de brousse), Jean-Marie Gustave Le Clézio entra en littérature en 1963, signant Le procès-verbal, premier de ses livres à devenir un classique, récompensé par le prix Renaudot.

Ecrivain aux yeux bleus, conteur nomade, il s'illustra maintes fois dans le domaine de la fiction, notamment avec Mondo et autres histoires (1978), Désert (1980), qui élargit encore son audience, Le chercheur d'or (1985), Révolutions (2003), l'un de ses plus beaux romans, ou L'Africain (2004) qui nous ramène en 1948, lorsque Le Clézio quitta Nice afin d'aller retrouver son père au Niger. Nous lui devons également des essais, tel Diego et Frida (1993), sur le couple Diego Rivera et Frida Khalo, ou La fête chantée (1997), recueil de textes centrés sur sa fascination pour les peuples indiens, et même des traductions de mythologie indienne. «Je ne vis pas en France, a-t-il déclaré, je vis en littérature. Je n'écris que pour inventer un monde qui n'existe pas.»

Révisitons ensemble l'autre monde de Le Clézio avec Daniel Rondeau.
Long poème en prose, Révolutions parle de l'espèce humaine, de la douceur et de la douleur d'exister. Comme le point d'orgue d'une œuvre qui ne cesse, depuis quarante ans, d'explorer les territoires encore vierges qui s'étendent entre la réalité et nous
Révolutions est un roman remarquable où les sentiments passent l'ordinaire - l'enthousiasme et le courage ne sont pas exclus - où les époques se chevauchent, où les hommes se parlent et se répondent. Certains ont disparu dans le puits du temps. D'autres vivent loin de leur pays natal. Mais ils ne sont pas des isolés. Tous attendent, quelque chose ou quelqu'un. Ce peut être un instant de bonheur ou de liberté supérieure, une leçon de sagesse antique, un amour impossible. Ou tout simplement la mort. Il y a de la grandeur et de la fragilité dans leur veille.

L'auteur remue des ombres, les déplace avec sa plume d'un profil à l'autre. Le mouvement de ces ombres qui bougent est celui du livre tout entier. Les vivants et les morts, les continents et les îles, les mers et les océans, les jours d'hier et ceux d'aujourd'hui, les guerres et les révolutions en armes s'enchaînent à la révolution universelle des astres, de la lumière et de la nuit. Un autre monde apparaît. L'auteur se tient dans une position légèrement oblique par rapport à sa création. Nous reconnaissons aussitôt Jean-Marie G. Le Clézio.


«Votre livre, Le Procès-Verbal, m'a entraîné dans un autre monde,
le vrai, probablement»
Général de Gaulle



Débuts solaires. La France des années 1960 avait vu apparaître un écrivain de 23 ans nommé Le Clézio, qui portait avec discrétion et noblesse ses orgueils intérieurs. C'était la saison des prix littéraires. Le visage du débutant, net et poétique, avec des yeux d'une pâleur pure, sa longue silhouette solaire focalisèrent cette année-là la lumière de l'automne. Il n'y avait pas que les photographes pour s'intéresser à ce jeune homme. Le général de Gaulle lui écrivit pour le remercier de l'envoi de son livre: «Votre livre, Le Procès-Verbal, m'a entraîné dans un autre monde, le vrai très probablement...» Beaucoup d'autres n'auraient pas survécu à pareil accueil. Le Clézio avait pour lui une liberté d'étoile, qui le protégea des caresses qui font mourir. Et sa fraîcheur ne fut pas perdue. Il continua ce pour quoi il était fait: écrire, écrire comme on cherche un trésor. Le romancier a raconté le désert, l'éblouissement du minéral, les nuits saisies dans leur beauté de glace, les errances d'hommes changés en pierre (il lui arrive d'être ennuyeux), puis s'est éloigné de cet univers de silice en se souvenant de ses aïeux, restés vivants dans ses pensées, malgré la puissance du temps.

Mirage de l'espace, plainte du temps. Chacun de ses livres, désormais, semblait ajouter un nouveau chapitre à une méditation jamais discontinuée sur l'enfance, sur le destin, souvent absurde, et sur les chimères capables d'enflammer l'esprit des hommes les plus sages. Avec ce nouveau roman, Le Clézio s'abandonne une fois encore au mirage de l'espace et à la plainte du temps. Mais son Révolutions n'est pas répétition. Lisons ce long poème en prose plutôt comme une œuvre d'une ampleur nouvelle, fécondée par la force de vieux songes, habitée par des apparitions plutôt que par des personnages, et qui parle de l'espèce humaine, de la douceur et de la douleur d'exister. D'une certaine façon, on peut affirmer que Révolutions est le point d'orgue d'un cycle, commencé avec une autorité surprenante, il y a quarante ans exactement, par un auteur fidèle aux voix et surtout aux silences de son enfance, dans un palais décrépi du vieux Nice, et qui n'a cessé de déchiffrer un palimpseste de territoires encore vierges, qui s'étendent entre la réalité et nous.


«Il pensait: je vais voyager. je vais continuer, nager vers l'horizon,
si loin que je ne pourrai plus
revenir en arrière»



C'est l'histoire, très classiquement construite, de plusieurs existences, ressuscitées par la quête du narrateur, Jean, qui cherche les chaînons manquants, les éléments décisifs qui font défaut à ces destins et reconstitue le puzzle. Pendant ce temps, sa vie continue et fait écho à ce passé murmuré qui chante à ses oreilles. Ce Jean en question ressemble aux héros habituels de Le Clézio. «Il pensait: je vais voyager. Je vais continuer, nager vers l'horizon, si loin que je ne pourrai plus revenir en arrière. Un instant il avait pensé cela, non pas mourir, mais partir. Mais quelque chose l'en avait empêché. Le soleil était devenu immobile, il s'était durci. Sous le corps de Jean, la mer était devenue profonde, froide, effrayante.» Ce qui est nouveau, c'est la façon qu'a l'auteur de rendre ce Jean à son temps - la guerre d'Algérie, le décompte des morts, les sursitaires, le départ des pieds-noirs, le Londres prolétarien des années Blow up, les rues sombres, les façades de brique, la pluie, l'indifférence des passants, les émeutes de Mexico en 1968, la tristesse de la ville, son collier de volcans - et de l'envoyer en lune de miel à l'île Maurice. Il y a du Bildungsroman dans ce Révolutions, qui est aussi l'éducation sentimentale et politique d'un jeune homme né près de la Méditerranée, à une époque où les peuples antiques qui habitaient ces deux rives commencent d'entrer dans leur agonie. L'éternité aussi est fragile.

Le récit s'appuie sur des noms magiques, calices toponymiques où macèrent les songes, les regrets, les désirs d'aventure et de solitude à la Robinson. Citons-en quelques-uns: la Kataviva, Ipah (Malaisie), Odessa, sur la mer Noire, Chichester, Trieste, Ekaterinbourg, Palma de Majorque, Rozilis, Ebène, etc. A Gethsémani, un ange passe. D'autres noms, plus inattendus chez Le Clézio, appellent l'Histoire et la font vivre au présent. Châlons, Les Islettes, la forêt d'Argonne. Les soldats de l'an II sont la Révolution en marche. Ils traversent la France à pied pour sauver la République. Sous les ailes du moulin de Valmy, le «voisinage du sang» et le «bourdonnement d'abeilles des boulets» bercent étrangement les cœurs et métamorphosent ces fils de rien venus de leurs provinces lointaines défendre la patrie et la liberté.

L'ivresse des batailles n'interdit pas la réflexion. La mère du sans-culotte dit à son fils qu'il y a un autre pays, au sein de la Nation, qui n'appartient qu'à Dieu, et les massacres de Septembre, les campagnes devenues déserts troublent la belle ardeur des volontaires. La liberté n'est pas trahie seulement sur le sol de la patrie. Sous les tropiques aussi, des hommes de 1789 oublient leurs devoirs sacrés et laissent les esclaves dans les chaînes. Il y a quelque chose d'irréparable dans cette tragédie, et dans le soulèvement de ceux qui veulent rejoindre «les libres», narrée comme si elle était vécue et soufferte personnellement par l'auteur, même s'il cherche à s'en dégager. L'odeur du sang se mêle à celle des fleurs et à celle de la terre après la pluie. Tout se passe toujours ailleurs et finit là où tout a commencé Des hommes écoutent la vie se précipiter au fond d'eux-mêmes, des souvenirs grondent, s'apaisent, des visages aimés s'effacent. Tout cela, ce qu'on appelle l'Histoire, a-t-il un sens? Non, répond Jean, qui s'abandonne à la rêverie. Tout est vent, seulement vent. Mais quand même: le livre ne se ferme pas sans qu'un nouveau visage apparaisse. C'est un enfant.

Un an plus tard il publie l'Africain,un voyage initiatique auprès de son père au Nigeria. Penétrons l'oeuvre avec le regard de Michel Grisolia
On l'imaginera toujours comme un Robinson aux yeux clairs, naufragé de la civilisation moderne du bruit, des loisirs et de la haine.

Voilà plus de quarante ans que le grand blond aux semelles de vent, de sable, de soleil et de mer dénonce les technologies déshumanisantes, l'indifférence, le racisme, la pollution. Mêlant le divin et le matériel, Le Clézio, romancier de l'espace-temps, s'est fait sismographe du monde, Terra Amata du Mexique, de l'île Maurice, du sud de la France, de l'Asie. On a parlé de métaphysique-fiction. Il s'agit de regard. D'attention aux autres, dans leur dénuement, leur désolation. D'où lui vient cette acuité de l'œil, cette justesse du trait presque effrayante sous l'innocence contemplative?

Colette Fellous, inaugurant magistralement avec lui sa collection «Traits et portraits», lui permet d'en fournir quelques clés. La principale, c'est l'Afrique. On s'en doutait depuis Onitsha, en voici la preuve bouleversante dans son urgence, son absence d'apprêt, sa sensualité fervente. L'Afrique n'a jamais qu'un visage pour Le Clézio, celui de son père, médecin de brousse ombrageux et solitaire qui a fui la société britannique, son berceau, pour des ailleurs lointains. J.M.G. Le Clézio grandit à Nice, loin de lui, donc. L'enfant a huit ans lorsqu'il rejoint au Nigeria l'auteur de ses jours, sosie de James Joyce, brisé par l'asthme, la malaria, le labeur. Pour Le Clézio, c'est le choc. La rencontre d'un étranger en fin de vie professionnelle, mais aussi des corps, des odeurs, d'une végégation, de coutumes, d'une liberté jusqu'alors inconnus. «D'une violence non pas physique mais sourde, cachée comme une maladie, qui donnait de l'enthousiasme.» Son père, l' «Africain», rêvait d'un monde encore sauvage et mystérieux: ce rêve, il l'a légué à son fils, lui inspirant une large part de son œuvre, où cette confidence africaine occupe désormais le premier rang. On y voit Le Clézio gamin découvrant la douleur, la vieillesse et la mort, l'autorité, la peur, les autres. Des photos en noir et blanc, prises au Leica à soufflet par le Dr Le Clézio, rythment ce très beau petit livre, remontée du fleuve mémoire d'un fils vers son père, au mouvement conradien. Avec L'Africain, brûlure de lumière, Le Clézio signe son Au cœur des ténèbres.

En 2006 il publie Ourania. S'accorder au monde, aux éléments, à un morceau de nuit, et à la présence des rêves, cette force pure, dans la conduite des hommes;telle est la trame de ce roman selon Daniel Rondeau.

Ourania commence dans ce pays d'où l'on ne revient jamais et que l'on nomme l'enfance. La réalité est un secret, des chapelets de mots s'échappent des livres; sous chaque mot, il y a une étoile qui bouge. Les odeurs quotidiennes ont des parfums d'éternité. Le plus médiocre des décors peut devenir un grenier à rêves. Le narrateur, Daniel Sillitoe, un géographe français, se souvient du bonheur de ses primes années en arrivant au Mexique, où il est venu effectuer des relevés topographiques. Plusieurs thèmes animent ce roman étrangement vivant, de nature vagabonde et ethnographique. Les mystères des relations amoureuses, les diverses possibilités de s'accorder au monde, aux éléments, à un morceau de ciel ou de nuit, et la présence des rêves, cette force pure, dans la conduite des hommes.

Il n'est pas indifférent que le narrateur soit un géographe (j'ai pensé à Gracq et à ce qu'il disait de la géographie et de «la projection du temps dans l'espace»). C'est un personnage qui a besoin de vues panoramiques, de paysages. Penché sur la peau de la terre, il lit dans ses cicatrices l'histoire et les souffrances de ceux qui ont vécu dans ses plis. Nous sommes dans un Mexique fantôme et pourtant bien réel. Le pays lui-même joue un rôle actif dans la dynamique du livre. Volcans, geysers, villes de pouvoir et d'argent, usines de congélation de fraises, etc. Tout semble toujours près de basculer dans l'abîme. La tristesse est sœur de la fête. Les hommes portent le poids des siècles sur leurs épaules. Ourania, qui fait la part belle à la poésie des toponymes et à la magie du monde indien, tient de la relation de voyage, c'est le récit d'une quête et la rencontre d'un homme avec son destin.

Deux lieux d'utopie occupent le cœur du livre. Campos est une communauté végétarienne et libertaire où les enfants vivent hors de l'autorité de leurs parents. Chaque membre du groupe est un maître à sa façon. «A Campos, on n'enseigne rien d'autre que la vie.» L'on y parle une langue qui mêle l'espéranto, le chant des oiseaux et la fantaisie de tous les mots. L'Emporio est une sorte de collège populaire, une thébaïde pour anthropologues et chercheurs. Dans une hacienda modèle réduit, des hommes pensent à la Grèce et à l'avenir. Deux îles pour la liberté. Deux endroits condamnés à disparaître, engloutis par un environnement dont ils contestent le pouvoir. Il y a deux femmes aussi, dans Ourania. Chacune est le miroir où le narrateur sonde sa sincérité et sa propre liberté. L'ensemble dessine une carte du ciel. L'enfance n'est pas trahie.

AUGUSTE GNALEHI
augustegnalehi@hotmail.com
Source:lire.fr