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augustegnalehi
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Critique: -livres -muisique Sortie de livre Entretiens Vie des auteurs Critique d'art,
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02.01.2008
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31.12.2013

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SOUS LA PLUME./ FOOT-FRANCE

Publié le 06/05/2011 à 16:46 par augustegnalehi
HARO SUR LES GRANDS, COSTAUDS, PUISSANTS



Que cela soit dit. Si la France avait gagné la Coupe du monde en Afrique du Sud, ou réalisé ne serait-ce qu’un parcours honorable, le problème des quotas, révélé par Médiapart, n’aurait jamais été soulevé.
Mais voilà, les tricolores ont lamentablement sombré, déclenchant une hystérie dont cette triste et regrettable affaire est – souhaitons le – le dernier soubresaut.
Que n’a-t-on pas dit en effet pour expliquer le désastre sud-africain ? Journalistes, politiques, observateurs, ont consciemment ou non, séparé cette équipe en deux.

D’un côté, les footballeurs des cités, Noirs, musulmans de naissance ou convertis. De l’autre, les joueurs d’une France bon teint, représentés par Lloris, Gourcuff, Toulalan.
Le pompon revenant à Roselyne Bachelot qui résumait les choses à sa manière : « Je ne peux que constater comme vous le désastre avec une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés ».
Caïds immatures d’un côté, gamins apeurés de l’autre. Suivez le regard de la ministre. Nicolas Anelka fut le lampiste idéal. Mais la suite a prouvé que Blacks, Blancs, Beurs avaient participé, comme un seul homme, à la mutinerie de Knysna.
Comme un effet de balancier, la vérité est venue de l’autre côté des Pyrénées avec une Espagne triomphante. Une Selección composée de Castillans, de Catalans, bons teints eux aussi, qui ont démontré, après l’Italie en 2006, qu’il était désormais possible de remporter un Mondial, sans Noirs, Arabes, ou sang-mêlé.
D’où la fameuse phrase qu’aurait prononé Laurent Blanc : « Les Espagnols, ils disent : Nous, on n’a pas de problème. Des Blacks, on n’en a pas ».
L’Italie, aussi médiocre sur le terrain que les Bleus, n’avait-elle pas donné l’exemple en refusant d’intégrer Mario Balotelli, malgré ses bonnes prestations en club ?
Ce dernier aurait cependant pu jouer avec le Ghana s’il avait opté pour son pays d’origine, mais il a préféré décliner l’offre car il souhaite, malgré tout, endosser le maillot de la Squadra Azura.

Faut-il le redire ? Si l’équipe de France, avec ces grands « Blacks », avait brillé en Afrique du Sud, la question des quotas n’aurait jamais été évoquée. Comme si les sportifs noirs étaient condamnés à gagner pour justifier leur appartenance à ce pays. C’est bien connu, quand Noah l’emportait, il était français, quand il perdait, il redevenait camerounais.
Yannick Noah, parlons-en. Un vrai binational celui-là. A-t-il opté pour le Cameroun lorsqu’il avait à choisir ? Non. Son fils Joachim, né d’une mère suédoise, a également opté pour l’équipe de France de basket, alors qu’il porte les couleurs des Chicago Bulls. De ce côté-ci de l’Atlantique, on n’a pas trouvé à redire.
Comme les Noah, les footballeurs binationaux, formés ici, ont souvent fait le choix du cœur, celui de l’équipe de France. Les meilleurs choisissent toujours en effet d’évoluer en bleu, à l’image de Zidane, Benzema, Nasri, M’Vila, ou Diarra.

Détail paradoxal, ce que la France du football reproche aux autres nations, elle n’hésite pas à le pratiquer avec les joueurs venus d’ailleurs.
Tout récemment, les dirigeants français se sont livrés à un bras de fer avec la fédération argentine pour enrôler Gonzalo Higuain, sous le prétexte que ce jeune et talentueux footballeur était né en France, même s’il en est parti très tôt.
Autre joueur de la filière argentine, David Trézéguet a fait les beaux jours des Bleus, malgré son doux accent argentin. Enzo Zidane, fils de Zinedine, est lui aussi convoité par les dirigeants français qui ne se soucient pas qu’il ait été formé au Real Madrid.
Toute cette affaire révèle en réalité un travers de la société française. Il est symptomatique en effet de voir qu’on est systématiquement accusé de porter atteinte à la République dès qu’on évoque des quotas pour favoriser la diversité dans certains métiers, alors qu’on franchit allègrement le pas dans un milieu où on estime que les minorités sont surreprésentées.
On ose même des statistiques puisque les dirigeants du football français ne se privent pas d’évoquer un chiffre de 30% de joueurs binationaux dans les pôles de formation.

Que dire enfin des propos sur les joueurs noirs, tenus par les cadres du football français, qui ne voient en eux que des « grands, costauds, puissants », juste bons pour leur physique, mais incapables in fine d’organiser le jeu comme leurs coéquipiers blancs.
Cela ramène à une anecdote qui remonte à la Coupe du monde de 1950. Le Brésil avait perdu la finale à domicile à cause de son gardien noir, Moacir Barbosa, qui, gêné par le soleil, avait encaissé un but fatal à la Seleção.
À cause de cette erreur, comme il s’en produit des dizaines sur tous les stades de la planète, on avait considéré, à tort, jusqu’à la sélection de Dida, dans les années 90, qu’un Noir n’avait pas le sang-froid nécessaire pour garder les buts brésiliens.

La France était, à l’inverse, aux avant-postes, puisque dès 1931, Raoul Diagne, Sénégalais de naissance, défendait les buts tricolores. C’était le début de l’aventure Blacks, Blancs, Beurs, qui devait déboucher, soixante-sept ans plus tard, sur la victoire de 1998.

Une victoire, symbole d’une fraternité sans cesse à construire dans ce pays, cette fraternité qu’il importe aujourd’hui de sauver dans le football français.




Mathieu Méranville
Serge Bilé
Journalistes et écrivains





SOUS LA PLUME./ APPEL A LA PAIX

Publié le 05/01/2011 à 15:50 par augustegnalehi

APPEL A LA PAIX EN COTE D'IVOIRE

CHERS AMIS,

Recevez mes vœux les meilleurs pour la nouvelle année.

Je propose que les écrivains et hommes de culture de notre pays et d'ailleurs se retrouvent au GRTO, à une date et une heure à préciser, pour lancer un appel à la sauvegarde de la paix.

Au regard des divergences possibles de points de vue, le contenu de cet appel pourrait
prendre en compte les points suivants qui, me semble-t-il, seront consensuels:

1/ Demander le non recours à toute intervention armée;
2/ Demander un nouveau comptage des voix par des personnes neutres;
3/ Demander un meilleur dialogue entre MM. Gbagbo et Ouattara au profit de la paix en Côte d'Ivoire.

J'attends vos réactions.

Bien à vous.

HENRY N'KOUMO
Journaliste, critique d'art
critque littéraire

nkoumo7@yahoo.fr







SOUS LA PLUME./ Interview du réalisateur tchadien

Publié le 15/10/2010 à 18:01 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ Interview du réalisateur tchadien


« Un homme qui crie »
au nom du père, du fils et d’une guerre absurde




Culpabilité et remords d’un père vieillissant qui a livré son fils à l’armée. Avec un homme qui crie, Mahamet Saleh Haroun nous offre un film fort et sensible sur le Tchad, la guerre et son absurdité. Il a reçu le Prix du jury de la 63e édition du Festival de Cannes.

Quel avenir peut avoir un pays où les pères sacrifient leurs fils sur l’autel des vanités ? Dans le Tchad d’aujourd’hui, englué dans une interminable guerre, Adam, le personnage principal d’Un homme qui crie, ancien champion de natation et maître nageur de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena, commet l’irréparable. Lorsque son employeur décide de le remplacer par son fils unique Abdel, il choisit de livrer ce dernier à l’armée loyaliste qui le lui réclamait pour soutenir l’effort de guerre contre les rebelles. Mahamet Saleh Haroun, le réalisateur du film, explore les méandres de la culpabilité d’un homme qui a préféré préserver son précaire statut social plutôt que la vie de sa progéniture. Cependant, il ne porte jamais un regard accusateur sur ce père rongé par le remord. Sur un rythme lent, qui traduit bien la tension qui pèse sur le pays et les épaules d’Adam, il amène le spectateur à découvrir la réalité complexe du Tchad à travers un destin singulier et poignant. Dans son quatrième long métrage, Mahamet Saleh Haroun a trouvé ce subtil équilibre entre le fond et la forme qui fait le grand cinéma. Il nous a accordé un entretien.

Pourquoi, dans votre film, avez-vous voulu explorer le thème du remords ?

Je pense que dans toute tragédie, comme celle de cette guerre trop longue au Tchad, tous ceux qui l’ont traversée finissent par commettre quelque chose d’irréparable. Le remord naît de ces petites compromissions, des silences que l’on ne peut pas réparer.

Parmi vos personnages, il n’y a ni méchants ni gentils…

Je laisse ça à Hollywood, pour qui il y a des bons qui finissent toujours par triompher des méchants. Le cinéma hollywoodien est devenu l’idéologie du pays lui-même. Mais, pour moi, il n’y a pas de bons ni de méchants, je laisse ce jugement à Dieu, si tenté que Dieu existe. J’inscris mes personnages dans une complexité humaine qui permet de ne plus les juger. Je refuse d’être le shérif qui met les gens en scène pour que les spectateurs les jugent, c’est trop simpliste.

Je suppose qu’enfant vous étiez du côté des Indiens qui se faisaient massacrer dans les westerns…

Absolument.

Dans Abouna, Daratt, et aujourd’hui Un homme qui crie, vous développez une réflexion sur la figure du père, et plus précisément sur le lien père-fils. Pourquoi ce sujet vous intéresse-t-il tant ?

Parce que la guerre, au Tchad, et pas seulement, est essentiellement faite par des hommes. Et au bout de quatre décennies, la mémoire de la violence est transmise de père en fils. Il me semble que, chez les pères en Afrique, il y a un côté prédateur. Parce que tout chemin est tracé par le père. Il y a un droit d’aînesse qui fait qu’un fils est obligé de dire oui à son père. Beaucoup de fils ont vu leur destin modifié voire même bousillé par leurs pères, lesquels ont fait à leur place le choix du mariage, des études, etc. Il est difficile, pour les fils, d’avoir un épanouissement personnel. Ils sont victimes d’une sorte d’assassinat… Logiquement, en Afrique, tout adulte a une mission de protection vis-à-vis des plus jeunes, même dans les villes. Cette solidarité, il me semble qu’on l’a laissée tomber, parce que l’Afrique a engendré les enfants des rues et les enfants-soldats. Donc je me pose des questions sur les adultes et leur mission de protection.

L’acteur Youssouf Djaoro joue le rôle du père dans Un homme qui crie. C’est la troisième fois qu’il passe devant votre caméra. Entre lui et vous, c’est une véritable histoire d’amour !

Oui, on peut le dire. C’est un comédien instinctif, intelligent, on se comprend sans se parler. C’est un peu mon alter ego.

Avez-vous connu un Tchad heureux ?

Oui, le Tchad de mon enfance. J’étais un bon élève, je découvrais l’écriture. A l’âge de neuf ans, J’ai fait connaissance avec la toile. C’étaient des moments de joie. Mais il y avait déjà cette rébellion dans l’extrême nord du pays. Mes parents écoutaient clandestinement les rebelles. La violence était déjà là, par les ondes. Comme dans mon film, elle rôdait. Mais à partir de 1979, la guerre nous a rattrapés. Elle est arrivée dans la capitale, et ça a été la fin de tout. Voir des morts dans les rues, les cinémas fermer, être victime de blessures – j’ai moi-même été victime d’une balle perdue –, c’est très dur. On perd sa dignité, on est pris en charge par l’ONU dans des camps. Quand il pleut, on voit l’eau monter dans les camps. Mon cinéma est lié à cette douleur née de la perte du paradis de l’enfance. Peut-être qu’un jour je raconterai ces moments de bonheur.

Votre cinéma est à mille lieues des lucratifs blockbusters américains qui déversent 200 plans à la seconde sur les écrans. En vous démarquant autant de ces formats, ne craignez-vous pas de passer à côté du succès commercial ?

Est-ce que le succès commercial a un sens ? Pour moi, non. J’essaie de raconter des choses profondes et de laisser des traces dans la tête des spectateurs. Il y a des films qui sont tellement creux qu’ils appartiennent à un monde évanescent. Je veux raconter des histoires qui n’ont pas été dites, quitte à être à contre courant. Et ce qui est formidable, c’est que ça marche. Aux avant-premières d’Un homme qui crie, il y avait un public heureux d’avoir une proposition différente. Dans certains films, on ne recherche pas du sens, mais à ce que le spectateur ne s’ennuie pas, donc on est dans le spectacle permanent.

Quels réalisateurs sont vos modèles ?

Chaplin, pour le cinéma muet et l’art du burlesque. Bresson, pour l’épure, le dépouillement. Ozu, pour le jeu sur l’espace-temps qui est une donnée fondamentale dans le cinéma. Kiarostami pour la poésie. Jarmusch pour l’étique, et Wenders pour l’errance.

Où en est le cinéma au Tchad et en Afrique ?

En Afrique, c’est la catastrophe, puisque la plupart des salles ont fermé. Il n’y a pas de financement des films africains sur le plan international. Mais au Tchad, il y a une salle qui a été rénovée et va être inaugurée en octobre avec Un homme qui crie. Le gouvernement a mis 1,5 M d’euros pour rénover cette salle. Avec les films que je fais, les prix que j’ai eus, on a pu créer le Fond pour la création cinématographique. De plus, il y a deux mois, on m’a demandé de travailler sur un projet de centre de formation audiovisuelle pour le Tchad. J’en suis très heureux, parce que les autorités ont vu l’évolution de mon travail. Les récompenses que j’ai reçues ont fait la fierté de tous les Tchadiens, ce qui a encouragé le gouvernement. D’autre part, maintenant le Tchad exploite le pétrole et en tire beaucoup d’argent. Ceci dit, je ne m’enflamme pas. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Donc, j’attends de voir. Mais le fait d’avoir formulé ces propositions, c’est déjà un pas.

Est-ce qu’après les succès que vous avez connus, l’argent est plus facile à trouver ?

Pour ce qui est des commissions, les choses ne changent pas, et heureusement. Sinon, on aurait un cinéma d’aristocrates, des réalisateurs jugés sur ce qu’ils ont fait et non sur des projets. Les commissions restent honnêtes, démocratiques, et c’est tant mieux. Par contre, avec les producteurs, c’est plus facile maintenant. J’ai plus d’opportunités parce que j’ai démontré des choses. Mais l’histoire du cinéma est là pour prouver que rien n’est jamais acquis

Quel sera votre prochain film ?

African fiasco, qui doit être tourné entre Paris et Dakar. C’est un film sur les déchets toxiques qui ont été déversés dans le port d’Abidjan en 2006.

Un homme qui crie, un film réalisé par Mahamat Saleh Haroun, avec Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo M’Bo
Durée : 01h32min.

SOURCE: Afrik.com





SOUS LA PLUME./33è CAFE LITTERAIRE

Publié le 16/09/2010 à 14:17 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./33è CAFE LITTERAIRE

Le crépuscule de l’homme.

Flore Hazoumé, du viatique au passeur d’émotion et de sensation


Le dernier café littéraire de l’année littéraire 2010 a eu pour invitée Flore Hazoumé. Le crépuscule de l’homme, son dernier roman (200 pages) paru chez Ceda en 2002, a réuni un beau public, amoureux de lecture et de livre. C’était le mercredi 7 juillet dernier, au Centre culturel français Abidjan- Plateau.

Christian Oquet, premier responsable du Service de coopération et d’Action culturelle de l’ambassade de France et par ailleurs directeur du Centre culturel français, a souhaité la bienvenue à ses hôtes. « Je suis très heureux de notre partenariat pour la promotion de la lecture et du livre », a-t-il indiqué avant de renchérir : « Après les événements malheureux, le Centre culturel français a ouvert progressivement ses portes. Alors n’hésitez pas à venir. Le Centre culturel étant un bouillonnement de rencontres et d’échanges, n’hésitez pas à vous y retrouver. Le Centre culturel est votre maison, c’est notre maison à tous… »

A la suite de monsieur Oquet, Koffi Koffi, l’un des panélistes comme de coutume a expliqué le principe et le mode d’emploi du café littéraire. Quant à Henri N’koumo, il apprendra aux cafétifwè que l’immense écrivain Paul Hazoumé fut le grand-père de Flore. Comme on le voit, bon sang ne saurait mentir. Et Henri N’koumo de poursuivre : « C’est Flore qui en novembre 2008 telle une viatique a donné un coup de pousse aux cafés littéraires et à la revue Point de lecture. Rappelons qu’elle est aussi sculpteur, peintre. Elle s’est aussi lancée dans la céramique. Depuis 2007, elle a créé Scrib Magazine, un magazine culturel. 2009, elle a mis les pieds dans le cinéma et réalise des documentaires. Née d’une mère du Congo Brazzaville, elle a vécu un court moment dans ce pays avant de suivre son père sur le chemin de l’exil en France. A vingt ans, elle choisit de poursuivre ses études universitaires en Côte d’Ivoire ».

Après cette brève présentation de l’écrivaine, Paul Arnaud saisit l’occasion pour donner ses sentiments et ressentiments relativement à l’œuvre au public. « Ce livre me rend triste. Je ne dis pas que je suis sorti cafardeux de l’œuvre après lecture. Non ! Ce livre me rend triste ». Et de s’interroger : « Pourquoi tuer l’humanité ? Ce roman m’a marqué et intriqué, car il va au-delà de l’humanité. » Josette Abondio abonde dans le même sens que Paul Arnaud. « Je pense que l’auteur (e) nous montre que nous ne sommes pas des humains. Les animaux sont plus humains que nous les hommes. D’ailleurs que la terre doit se débarrasser des parasites, des profiteurs et des méchants. Car si nous ne faisons pas attention c’est le déclin de notre civilisation. » Méchants ? La terre est pleine de mécréants, des hommes méchants, des hommes qui sèment la terreur et l’horreur. La terre est devenue un champ d’expérimentation de barbarie. Comment peut-on expliquer la folie meurtrière qui s’est emparé des Rwandais (1994), des Sierra - léonais, des Libériens et des Ivoiriens (2002) ? Comment peut-on expliquer cet écart de conduite, cette aliénation mentale, cette démence ?

Pour Emilienne Anipko le roman de Flore a des mots-clés qui sont entre autres, déconstruction, logiques du chaos, nouvelle humanité. Ces mots-clés, dit-elle, m’ont permis de pénétrer l’œuvre. Selon cette cafétifwè, l’auteur (e) propose à ses lecteurs un monde nouveau où la guerre et les autres calamités humaines n’existeront plus. Un monde où les uns et les autres peuvent gérer leur indifférence sans qu’il y ait guerre, génocide. Un monde où le vivre ensemble ne serait pas un vain mot. Un monde idéal.

DE L’INVRAISEMBLANCE …

Pourquoi ce titre Le crépuscule de l’homme qui ressemble au titre de l’œuvre du Voltaïque (Burkinabé) N’zi Boni Le crépuscule des temps modernes ? A cette question de Henri N’koumo, Flore Hazoumé a répondu que c’est nul doute une coïncidence. Et que son œuvre fait allusion plutôt au manque de civilisation de l’homme, à l’état sauvage de l’homme, au déclin, à la fin de la civilisation humaine. « J’entends dire que mon livre est horrible. Mais la guerre n’est –elle pas horrible ? Le fait de tuer son semblable n’est-il pas horrible ? Mon livre est le reflet de notre humanité qui va à la dérive », a dit Flore Hazoumé entre deux sourires.

Pour mieux pénétrer le texte de Flore, Tiburce Koffi s’est efforcé à le résumer. « Ce roman est l’histoire de deux peuples qui partagent un même territoire, une même langue, mais que l’un est éleveur et l’autre agriculteur. La volonté de l’un des peuples d’asseoir son hégémonie va entraîner une guerre sans merci entre les deux peuples. » A l’analyse, la trame de ce roman rime avec l’histoire récente du Rwanda (le génocide du Rwanda). Cette plongée dans l’horreur humaine va interpeller Tiburce Koffi, Prix Ivoire de la littérature africaine d’expression francophone : « C’est un beau livre qui nous questionne, qui questionne notre intelligence, notre humanité. Flore ne peut écrire autre chose ; je suis content pour elle ». Ce n’est nul doute dans ce sens que Bedi Holi dira que ce livre loin d’être un pamphlet, un ramassis de récit reflète notre façon d’être dans toute sa beauté et sa laideur…

Quand Flore prend la parole c’est pour dire qu’elle est heureuse d’être l’invitée de ce 33e café littéraire qui clôture l’année littéraire 2010. « Je salue la présence de M. Christian Oquet, premier responsable du Service de Coopération et d’Action culturelle et par directeur du Centre culturel français, la présence de tout ce beau public. N’koumo a dit dans la foulée que j’ai financé les premiers cafés littéraires de Point de lecture et de faire ainsi la promotion des autres écrivains. C’est vrai. Mais moi aussi j’ai été soutenue. Pourquoi ne pas soutenir les autres quand je le peux ? C’est juste un retour de l’encenseur », a-t-elle dit avant d’ajouter : « J’ai écrit ce roman pour tirer la sonnette d’alarme, pour faire prendre conscience à mes lecteurs, au monde entier que l’humanité, notre humanité va à la dérive. L’homme perd toute son humanité. Voyez-vous ! Il y a des guerres de par le monde. » A ce propos, Laurette, qui a perçu la portée de l’oeuvre fait cette observation : « Ce texte est extraordinaire a plus d’un titre. Ce texte est un avertissement. Une sorte de mise en garde. Et cela me fait penser à un sociologue belge qui avait prédit les événements douloureux de 19 septembre 2002 à travers un documentaire. Il a souligné dans son film que la Côte d’Ivoire est devenue une poudrière identitaire et si l’on n’y prend garde on aura le pire. Au lieu de prendre au sérieux cet avertissement, l’on a organisé un débat télévisé pour réfuter les thèses du sociologue. Si nous avions lu le roman de Flore Hazoumé, je pense que cette crise armée n’aurait pas lieu… » A peine Laurette a-t-elle mis fin à ses propos que Bédi Holi bondit sur son siège pour battre en brèche la thèse de cette cafétifwè.

Koffi Koffi non seulement pour détendre l’atmosphère mais aussi pour montrer la cruauté de l’homme, le caractère horrible de l’homme invite le public à lire avec lui la page 16. Cette lecture fera dire à Oblé, que Flore n’a pas voulu dire ce qu’elle pensait au plus profond d’elle : « Vous avez tourné vos lecteurs en dérision », a-t-il souligné.

Au cours de cette tribune, la parole s’arrache. Et Tiburce Koffi après avoir fait des pieds et des mains prend la parole (nous pesons les mots) en vue de répondre à Paul Arnaud en ces termes : « Si le livre de Flore t’est rendu triste c’est qu’elle a atteint son objectif, celui d’émouvoir son lectorat. »

UN TEXTE AUX ALLURES APOCALYPTIQUES

Ce qui est intéressant, dans cette œuvre, le fantasme, l’invraisemblance et le merveilleux se mêlent et se conjuguent. Mieux la destinée humaine prend des allures apocalyptiques. En ce qui concerne l’écriture de cette œuvre, Christian Oquet dira que ce n’est pas nouveau. Bon nombre d’auteurs ont procédé de la sorte. Koffi Koffi va encore inviter les cafétifwè à lire avec lui la page 123. Patrick Loba, comédien et animateur culturel, ému par cette lecture abonde dans le même sens que Christian Oquet : « Ce texte est classique même si il a des allures apocalyptiques. Il rentre dans les canaux d’une œuvre cinématographique… » Pour Angilbert Ablo, écrivain, l’œuvre de Flore Hazoumé est une œuvre majeure. Elle nous permet de prendre conscience de notre état sauvage. C’est à cet instant précis que Oblé revient à la charge pour dire que ce livre a une portée philosophique. Et que l’auteur (e) serait une adepte de la philosophie de Nietzsche.

En effet, ce mercredi-là, Tiburce Koffi a été plus agitateur que Paul Arnaud. D’ailleurs c’est encore lui qui dira ne pas comprendre l’attitude de Flore Hazoumé. « Comment une dame si gaie, si joyeuse peut-elle écrire un texte si horrible, si dramatique ? », s’est-il interrogé. En revanche, Désiré Anghoura, écrivain, s’est extasié devant le roman de Flore, en s’exclamant en ces termes : « Ce beau texte ne nous questionne pas seulement, il nous fait revisiter nos actes destructeurs que nous posons à longueur de journée. Ce texte est un acte initiatique… » Quand Flore reprend la parole c’est pour dire qu’elle se met à écrire lorsqu’elle a tout évacué. « J’écris lorsque je suis en joie pour mieux posséder la trame de mon œuvre ». C’est à ce moment-là que l’Abbé Ange bondit sur son siège pour arracher la parole. De prime abord, il s’est dit heureux de découvrir le café littéraire et par ricocher l’invitée du jour. En suite, il s’est confessé qu’il n’a pas lu toutes les œuvres de Flore, mais à voir les différents titres de ses livres il conclut que l’auteur(e) est mélancolique, triste. L’auteur (e) se sent mal dans sa peau. Ce commentaire a fait sortir Patricia Ajavon, Josette Abondjo et Tiburce Koffi de leur gong. Mais l’Abbé Ange ne désamorce pas. Pour lui, il cherche à comprendre comment Flore Hazoumé, une dame si gaie, selon l’expression de Tiburce peut écrire un livre horrible. Un livre où l’humanité se meurt, un livre où un gorille femelle allaite un bébé humain. Henri N’koumo, Paul Arnaud et quelques intervenants n’ont pu convaincre ce prêtre. Alors question : lit-on un texte littéraire en allant à la rencontre de son auteur ou des personnages, des situations, un univers ? Bonne rentrée littéraire 2010-2011 à tous les cafétifwè.

Auguste Gnalehi
augustegnalehi@hotmail.com




FLORE HAZOUME

SOUS LA PLUME./ EN LIBRAIRIE

Publié le 23/08/2010 à 20:17 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ EN LIBRAIRIE

COMMENT VAINCRE LE STRESS

Salia Ouattara, infirmier diplômé d’Etat, spécialisé en circulation extracorporelle en chirurgie cardiaque, aujourd’hui à la retraite, a décidé de faire partager ses expériences sur le stress à travers cette publication : Comment vaincre le stress. Cet ouvrage paru chez Sésame Editions pose la problématique de l’équilibre de l’homme dans la société. Une société en perpétuelle mutation. Une société dont l’air et l’environnement sont pollués. En effet, pour l’auteur la respiration de tout homme et notamment de tout individu stressé témoigne de son état d’âme. Le stressé perd toute notion du temps et de l’espace. Parce que cette notion est compressée dans sa représentation mentale. Pour gérer cette situation, il faudrait que le stressé réapprenne à s’approprier son environnement, son souffle : sa respiration. C’est la gestion de ce souffle respiratoire à travers le mouvement du rocking-chair qui fonde la technique de SALIA OUATTARA. Le rocking-chair est un fauteuil à bascule qui oscille d’avant en arrière. Ce fauteuil par son mouvement ressemble à une balançoire. Trois éléments : un paysage, un rocking-chair et un être vivant assis dessus. Le paysage, autour du rocking-chair, représente le monde, le réel. Ce réel est constamment modifié par le mouvement et la position de ce fauteuil à bascule puisque celui qui observe le réel bouge lui aussi. Le point de vue est en perpétuelle redéfinition.
A la réflexion, nous ne sommes malheureusement que des enfants, incapables de briser l’inertie qui nous entoure afin de dénaturer le monde ; ce monde stressé.
C’est pourquoi certains préfèrent être poussés, avec une drogue par exemple, plutôt que d’avoir à adopter une posture ascétique difficile à supporter dans le monde moderne. Grâce à un adjuvant, l’étrangeté est accessible. Cet adjuvant n’est autre que notre volonté de guérir : c’est-à-dire plus nous développons la confiance avec l’aide de la mécanique du rocking-chair, moins nous doutons, moins nous stressons. C’est par cette méthode, dit-il l’auteur, que nous pouvons vaincre le stress, notre stress.


AUGUSTE GNALEHI
augustegnalehi@hotmail.com



SOUS LA PLUME./ EN LIBRAIRIE

Publié le 09/08/2010 à 19:09 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ EN LIBRAIRIE
GUEBO SORT UN LIVRE

SOUS LA PLUME./FRANCE-AFRIQUE LE MARCHE JUTEUX

Publié le 08/07/2010 à 18:15 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./FRANCE-AFRIQUE LE MARCHE JUTEUX
La France règne en maître sur le marché
des manuels scolaires en Afrique francophone

par Brigitte PERUCCA

Les ancêtres des élèves africains ne sont plus les Gaulois depuis belle lurette mais la France conserve la haute main sur l'édition des manuels scolaires de la partie francophone du continent noir. En vertu d'un partage linguistique hérité de la colonisation, Hachette International (filiale du groupe Lagardère par ailleurs actionnaire du groupe Le Monde et du Monde Intéractif) y règne en maître, occupe 85% des parts de marché de l'édition scolaire en Afrique subsaharienne francophone via les deux marques Edicef (Editions Classiques d'Expression Française) et Hatier International.

Bon connaisseur des manuels en cours dans les écoles africaines, le directeur international d'Hachette International, Jean-Michel OLLÉ, observe que l'histoire enseignée s'inscrit largement dans les "sous-régions" (Afrique de l'Ouest, de l'Est, etc.) donnant peu de place aux histoires nationales. En revanche, chaque livre scolaire se doit de refléter une réalité la plus locale possible (à travers les photos du pays, les prénoms qui y sont le plus usités, etc.). Chaque pays ou presque ayant opté pour un découpage différent au collège (en 3, 4 ou 5 ans), l'heure de la mise en commun entre les pays n'est pas pour demain.

Réaliser un bon manuel scolaire relève en partie de la gageure. D'abord à cause de la difficulté à trouver des auteurs. "Pour être un bon auteur de livres scolaires, il faut avoir de la fantaisie, de l'imagination et donc disposer d'une certaine liberté, ce qui est loin d'être toujours le cas en Afrique", explique Jean-Michel OLLÉ.

L'absence de démocratie au bout du compte, très souvent assortie d'une main mise dirigiste et bureaucratique sur la pédagogie et/ou les programmes, le manque de formation et le faible niveau des enseignants créent un environnement particulièrement peu propice à la créativité.

UNE DÉPENDANCE VIS-À-VIS DES BAILLEURS DE FONDS

Les contenus mis à part, l'édition des manuels scolaires échappent pour une très grande part aux pays africains qui, dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, sont soumis au bon vouloir et au rythme imposé par les bailleurs de fonds.

Pauvres, les pays africains n'ont pas les moyens de commander des manuels. Hormis de rares pays, comme le Cameroun et la Côte d'Ivoire où l'achat des manuels repose sur les familles, l'édition des livres scolaires dépendent quasi totalement de la Banque mondiale le plus souvent, de la Banque africaine de développement parfois, ou des aides bilatérales de temps à autre.

Au mieux, les élèves africains disposent d'un manuel "pour trois ou cinq élèves", estime Patrick Dubs, directeur général d'Hachette International, "les renouvellements étant peu courants". Peu de pays possèdent un outil industriel suffisamment performant et 80% des livres sont imprimés hors du continent.

Bien qu'occupant une position archi-dominante, Hachette subit une concurrence que l'éditeur juge déloyale. "Les appels d'offre - une douzaine par an - se font de plus en plus rares", explique M. DUBS qui se plaint, de surcroît, du fait que la Banque mondiale suscite des candidatures parmi les imprimeurs locaux. Souhaitant voir se développer un marché "national" du manuel scolaire, ses experts incitent en effet l'industrie locale du livre à se lancer… Sans égard pour la qualité des contenus, déplore l'éditeur. Mais "plus horrible" encore s'avère "le piratage" d'éditeurs locaux. "Je préférerais avoir de vrais concurrents", pointe M. DUBS.

Les AFRICAINS VEULENT TRANSMETTRE LEUR HISTOIRE

Décoloniser l'histoire : tel était le sens et l'ambition des auteurs de l'Histoire générale de l'Afrique, un vaste projet lancé en 1964 par l'Unesco au lendemain des indépendances, "pour remédier à l'ignorance généralisée sur le passé de ce continent et rompre avec les préjugés raciaux". Ce grand œuvre, dont le fil conducteur était de "considérer l'Afrique comme un tout", a été orchestré, entre autres, par l'historien sénégalais, Cheikh ANTA DIOP, ou l'ethnologue malien, Amadou HAMPÂTÉ BA, a mis plus de trente ans à se concrétiser.

Toutes les questions délicates, dont certaines sont encore débattues aujourd'hui, comme l'origine africaine de la civilisation égyptienne ou la traite négrière, ont été posées pour parvenir à un relatif consensus entre les africanistes.

Le chantier, auquel plus de 350 historiens (dont 80 % d'Africains) ont participé, a abouti à la publication, de 1980 à 1999, de huit volumes, allant de la Méthodologie et préhistoire africaine à L'Afrique depuis 1935. Traduits en sept ou huit langues, certains d'entre eux ont été publiés en version abrégée, souvent traduits en kiswahili, la plus courante des langues africaines mais aussi en hawsa et en peul, pour les mettre à la portée des enseignants africains.

Sur les étagères

Sans succès. Le panafricanisme militant ayant cédé la place aux nationalismes de choc, ce travail de titan est resté dans les mémoires et sur les étagères des ministères. Et rien ou presque n'a été fait pour transcrire ces travaux dans les programmes scolaires des pays. C'est à cette tâche monumentale que veut s'atteler l'Unesco : concevoir une "utilisation pédagogique" de l'Histoire générale de l'Afrique.

Le coup d'envoi de l'initiative a été donné en mars 2009, après que l'Unesco s'est assuré du soutien politique de l'Union africaine et de celui, financier, de la Libye, qui s'est engagée à consacrer 1,66 million d'euros à l'opération.

Les travaux pratiques ont commencé, jeudi 10 juin, à Tripoli (Libye), avec une première conférence qui réunira, pendant une semaine, historiens, pédagogues, représentants des ministères de l'éducation, sous l'égide d'un comité scientifique d'une dizaine de membres dont les professeurs ELIKIA M'BOKOLO (République démocratique du Congo) et SHAMIL JEPPIE (Afrique du Sud).

Objectif : élaborer, d'ici à 2012, des programmes pour le primaire et le secondaire, qui intègrent cette histoire panafricaine si peu enseignée dans les établissements.

En amont de la conférence, un questionnaire a été envoyé aux pays pour faire "l'état des lieux" de l'enseignement de l'histoire. Un premier exploit : 44 sur 53 pays de l'Union africaine ont répondu.

Un seul indique avoir utilisé l'Histoire générale de l'Afrique dans ses programmes : l'Afrique du Sud qui, après la suppression de l'apartheid, a éprouvé le besoin de reconsidérer cet enseignement stratégique à des fins de réconciliation nationale


Par Brigitte PERUCCA





SOUS LA PLUME./ Les anneaux du Serpent de Touré Ab

Publié le 03/07/2010 à 18:13 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ Les anneaux du Serpent de Touré Ab





Le monde fantastique et merveilleux d’un parapsychologue.

Bienvenue dans le monde fantastique et merveilleux d’un parapsychologue : des êtres paranormaux, esprits, génies, elfes et djinns se sont donné rendez-vous chez lui. Au-delà de cette vie parallèle, étrange, cette oeuvre est un cheminement, un itinéraire vers la réalisation de soi…

La couverture du livre : un fond rouge. L’auteur, Touré Aboubakar Senior. Le titre est par-dessus tout un programme narratif, mais aussi une invite à l’initiation : Les Anneaux du Serpent ; le sous-titre Roman fantastique. Au bas de la couverture, un cercle lunaire divisé en, deux par des anneaux d’une couleur rouge qui vont affecter cette forme circulaire composée d’un côté d’une couleur noire et de l’autre d’une couleur blanche Quel oxymoron ! La maison d’édition. Cercle Editions. Tout un symbole !

Les Anneaux du Serpent est un récit en creux : le temps et l’espace se confondent et installent le lecteur dans un univers féerique. Tel un monde onirique, lumières, nuances du cœur, présence de l’histoire et de la mort défilent.

Quatre voix s’y croisent, que rien ne semble devoir réunir au premier abord. Celle de Demba Koné, le narrateur en quête d’un savoir. Solitaire avec ses livres “qui traitent de philosophie, d’ésotérisme et de mysticisme”, Demba Koné assis à Square Bressoles voit apparaître un homme dans sa vie : Morifindjan Djabaté.

La deuxième voix naturellement est celle de Morifindjan Djabaté. Cet homme se présente comme un marabout d’une très longue lignée traditionnelle et cela depuis le Mandé mystique et mythique.

La troisième voix est celle d’Awa N’Ajjer une Touarègue, la mère de Wea Sili N’Ajjer, l’épouse de Moumouni. Moumouni est le chauffeur du camion qui fait la liaison entre Bamako et Abidjan. Il va s’investir dans le négoce de l’or.

Et puis, il y a la voix de Koumaré. Il est un marabout, “de ceux dont on dit qu’ils connaissent les secrets du serpent. Et qui forment une confrérie très ancienne, instruits dans les trames de la vie des êtres…”

Ces voix vont tisser une relation avec d’autres voix. Tout ceci formera un réseau de voix où des être paranormaux, elfes et Djinns esprits et génies se donneront rendez-vous. Au - delà de ces dimensions parallèle, ce livre est un cheminement, un itinéraire vers la réalisation de soi. Il est un chemin qui mènerait à la découverte de l’Afrique des mystères.

Un livre de l’initiation

Un certain nombre d’indices montrent au lecteur averti que cette oeuvre dépasse cette symbolique religieuse pour tracer le cercle dans lequel l’homme africain doit emprunter pour se réaliser. Ce livre a 144 pages. Il est écrit en 12 jours et composé de 12 chapitres. Morifindjan Djabaté est le 144e marabout.

Faisons un peu de la numérologie.

12 jours = 1 + 3 =3
12 chapitres = 1 + 2 = 3
144e marabout = 1 + 4 + 4 = 9
144 pages = 1 + 4 + 4 = 9


Décryptons ensemble les nombres 3 et 9.
Le nombre 3, c’est l’expression de l’homme. Le signe de la trinité et du triangle. Le 3 est la naissance. Le 3 est associé à la corne de l’abondance, c’est la riche récolte, la chance, la fertilité. Le trois est mariage, versatilité, expansion, réalisation. Il est le nombre de l’expression ou de la sociabilité. Il est également le feu.

Quant au nombre 9, il exprime l’aboutissement. Cette ouvre est l’Ermite, la personnification du savoir. Le 9, dont l’élément est le feu, est la connaissance de l’amour humain ou universel. L’homme après les chemins sinueux possède la naissance complète de son cycle. Mais attention, ce nombre peut être favorable ou défavorable ; ce qui a été semé portera ses fruits.

L’idéologie du texte

Tous ces réseaux d’hommes paranormaux, de djinns et le langage des nombres structurent, si l’on peut dire, le livre. Bien sûr, il y a une clef commune pour décrypter, décoder le récit que tisse d’une façon subtile Touré Aboubakar Senior : l’initiation. Mieux la connaissance de soi, la réalisation de soi.

Par de petites touches, comme s’il effleurait son récit, Touré Aboubakar Senior raconte l’Afrique des mystères, dévoile les secrets de l’Afrique de nos Ancêtres. Son combat c’est de valoriser l’élévation de la conscience de l’homme et singulièrement de la femme africaine.

Parapsychologue et homme de communication, ce livre, à bien des égards, est le prolongement de ses magazines culturels dont “Mystic folies” et “Mystères”. Histoire d’amour, Histoire de deuil, Histoire de la vie, Histoire de l’or : c’est à ce concert crescendo, à ce voyage à travers l’espace et le temps que nous invite le narrateur Demba Koné

Auguste Gnalehi
augustegnalehi@hotmail.com




SOUS LA PLUME./ DEDICACE

Publié le 02/07/2010 à 18:09 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ DEDICACE

Regina Yaou signe Histoires si étranges.



La salle des pas perdus du Conseil économique et Social Abidjan- Plateau a abrité, le mercredi 9 juin dernier, la cérémonie de dédicace de Histoires si étranges de Regina Yaou, un recueil de récits de 193 pages. Cette œuvre est coéditée par Vallesse Editions de Mme Fidèle Diomandé Bouah et les Editions Eburnie de Mme Marie- Agathe Amoikon Fauquembergue.

De prime abord c’est Melle Zouzou Clarisse Tatiana Madou qui a présenté l’œuvre. On retiendra de cette présentation que l’auteur a une vingtaine d’œuvres et qu’elle a d’autres projets d’écriture. Quant à Histoires si étranges, Regina Yaou signe un recueil de 37 récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants : une femme surgit un soir du néant pour offrir un bébé à une autre qui n’enfante pas ; une mère qui retrouve sa fille décédée, sont autant des histoires qui invitent au rêve et à l’évasion. Ces récits, à bien des égards, participent à la pleine vie de mystères de l’Afrique.

Avant la prise de parole de Melle Zouzou, Mme Marie- Agathe Amoikon Fauquembergue, directeur général des Editions Eburnie a, au nom des éditeurs, rendu un vibrant hommage à Mme Dréhi directeur général des Editions Livres du sud (Edilis), marraine de cette cérémonie. Mme Marie- Agathe Amoikon dira de Regina Yaou qu’elle est l’auteur(e) féminin le plus prolifique, le plus fécond… « Histoires si étranges nous invitent à la rencontre d’un monde parallèle que nous côtoyons sans le savoir, que nous aimons parfois imaginer », a indiqué Mme Amoikon.
Mme Dréhi a dit toute sa joie d’être ainsi honorée par ses jeunes sœurs et consoeurs de Vallesse Editions et les Editions Eburnie.

Au cours des échanges, l’auteur a tenu à souligner que la majorité des histoires de cette œuvre est vraie. C’est dans cette foulée que Mme Fidèle Diomandé a expliqué l’objectif de cette coédition : cette façon de procéder minimise les coûts d’édition. « D’ailleurs, rapportera-t-elle, je dis un grand merci à Mme Amoikon qui a accepté sans hésitation notre proposition »

Auguste Gnalehi
augustegnalehi@hotmail.com


SOUS LA PLUME./RENCONTRE AVEC DESIRE ANGHOURA(écrivain)

Publié le 24/06/2010 à 20:35 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./RENCONTRE AVEC DESIRE ANGHOURA(écrivain)
Ne pas s’exposer à tous les vents au nom d’un Bonheur hypothétique


Désiré Anghoura a publié en 2004 "Son Excellence César Nambékan" (éd. CEDA), un roman qui questionne, avec un humour serti de douleur majeure, la vie des dictateurs africains. Il vient de publier chez Cercle Editions un nouveau roman, "Les sous-sols du paradis ". Dans cette œuvre, il revisite, à grands coups de pinceau, le thème de l’immigration et de la vie mal foutue des jeunes africains en Europe. « Point de Lecture » l’a rencontré. Interview.

Désiré Anghoura, vous êtes présent dans le champ littéraire ivoirien
depuis un moment avec deux romans. Peut-on savoir pourquoi et
comment vous êtes entré en littérature ?


En règle générale, ceux qui s’inscrivent dans le registre de la fiction comme le roman, sont habités par la passion, celle de dire la vie, de l’inventer, de créer des univers à chaque aventure. Je suis de ces amoureux de la création et de la re-création, car un roman ne sera jamais la vie elle-même mais il va toujours y ressembler pour donner au lecteur un univers qui va au-delà du réel et qui est porteur à la fois de poésie, de merveilleux et de beauté. Le roman–n’zassa que je pratique répond parfaitement à cette passion de la création et de la re-création pour faire remarquer que la vie n’est pas toujours ce que nous croyons voir et j’ai en moi, depuis longtemps, l’envie de dire à ma manière toutes ces illusions. Cela dure depuis 1977 alors que j’étais en classe de première littéraire. Il est évident que la permanente proximité des livres dans une telle formation de base n’a fait qu’aiguiser ma passion d’écrire et d’inventer la vie. Seuls deux romans sont publiés à ce jour, mais d’autres attendent.

Votre roman, ‘‘Les sous-sols du paradis’’, porte un titre bien sombre.
Pouvez-vous nous dire de quoi il est questions dans cette œuvre ?


Les sous-sols du paradis raconte l’histoire bien sombre de ces Africains en quête d’un mieux être en Occident, mais qui finissent par perdre toutes leurs illusions parce que les conditions du grand bonheur ne sont malheureusement pas toujours réunies. Séry Bi Kouagni, Jean-Marie Attoh, Menguy dit Soukous (ndlr: Il s'agit de ses personnages principaux) sont des spécimens de ces rêves qui finissent parfois de façon tragique.
Dans Les sous-sols du paradis, il y a comme une fusion entre votre vision de l’immigration et l’histoire individuelle de vos héros qui vivent ce que vous appelez la ‘‘sous-France’’. Ces derniers connaissent l’échec, la prison, la folie, la déconstruction intérieure.

Est-ce un besoin de pédagogie au profit des jeunesses africaines qu’on sait tentée
par l’immigration qui vous pousse à peindre de façon si déchirante les
destins individuels de vos héros ?


A la vérité, la prétention d’une quelconque pédagogie ne m’a jamais habité à l’origine. Il y a tout simplement cette envie de dire des choses avec mes mots, d’exprimer mon écœurement face à un phénomène, celui de l’émigration, qui va s’aggravant et sur lequel nous semblons fermer les yeux alors que les charters transportant des êtres humains menottés, des immigrés morts lors des traversées et même étouffés dans des bateaux sont une réalité que les média nous présentent constamment. Avec ou sans méthode pédagogique, il convient que la jeunesse africaine sache et comprenne que même si le voyage forme, il est bon de ne pas s’exposer à tous les vents au nom d’un bonheur hypothétique. Creusons là où nous nous trouvons, il y a toujours une source pour étancher notre soif. L’Afrique n’est pas pauvre ; elle a seulement mal à sa gouvernance depuis nos indépendances.

Vous avez vous-même vécu en Occident. Y a-t-il une part
de votre biographie dans ce roman?


La question m’est souvent posée et je réponds que, pour l’instant, je ne fais pas de l’autobiographie en raison même du plaisir que j’éprouve à créer et à re-créer. Je ne sais pas si ma propre vie me procurerait le même plaisir de re-création, surtout dans le roman -n’zassa qui, nécessairement, fait appel à un certain nombre d’ingrédients. Créer, voilà ce qui me passionne. Rapporter à la manière du journaliste me donne moins de jouissance. Cependant les émotions transmises à travers les scènes et les personnages sortent du plus profond de moi et c’est peut-être ce qui constitue la part de moi-même. Au fond, on ne peut pas être créateur sans avoir une bonne dose de sensibilité capable d’animer et de rendre plausibles les univers que l’on invente.

Dans vos deux romans, l’hymne à la renaissance de l’Afrique
revient comme un leitmotiv. Faut-il y voir, en filigrane, l’échec
criant des politiques de développement de l’Afrique ?


Je disais tantôt que l’Afrique a mal à sa gouvernance. Elle peut et doit nécessairement renaître si nos dirigeants commencent par s’oublier, par faire fi de leur ego afin d’avoir une vision prospective, base des vrais choix stratégiques qui caractérisent les leaders d’autres continents. Ailleurs le présent travaille pour plusieurs futurs tandis chez nous, le présent ne s’occupe que du présent en laissant le futur à son triste sort. Notre potentiel est pourtant énorme et nous devons susciter notre vraie renaissance telle cette république des Roseaux verts dans ‘‘ Son Excellence César Nambékan’’. Quelles que soient les bourrasques, le roseau plie mais ne rompt pas. Sans être un prophète, je dis que l’Afrique va connaître sa réelle renaissance avec ce 21e siècle. Nous sommes comme le roseau !



Propos recueillis par Henri N'koumo