Publié le 15/08/2009 à 14:55 par augustegnalehi
EN LIBRAIRIE
LE DERNIER BOUQUIN DE ISAIE BITON KOULIBALY
Publié le 31/07/2009 à 14:30 par augustegnalehi
LES ARTISTES AFRICAINS PRIVES DE VISA
Les douleurs sourdes, lancinantes et leur corollaire, la colère, sont souvent les plus violentes, voire les plus meurtrières. Ainsi en est-il de celles qu’éprouvent actuellement bon nombre de citoyens africains au sud du Sahara face au sort qui leur est réservé dans la plupart des consulats français du continent. Obtenir un visa pour venir en France n’était déjà pas une sinécure, c’est de plus en plus mission impossible ; et aucune catégorie de population n’est épargnée.
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Par Alain Mabanckou, écrivain , journaliste
prix Renaudot, et Christian Eboulé
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Si l’on peut comprendre les nécessités d’une gestion rationnelle des flux migratoires, dans un environnement marqué par de multiples crises, l’on peut néanmoins s’interroger sur la mise en œuvre et les conditions d’application de la politique française d’immigration.
Alors que, traditionnellement, artistes et intellectuels d’Afrique noire bénéficiaient d’une certaine bienveillance dans l’octroi des visas, la donne semble avoir complètement changé. Chaque jour, les refus de visas se multiplient, notamment en période estivale, où les invitations à participer à des festivals et autres manifestations culturelles sont nombreuses. Pis, les procédés employés pour signifier ces refus sont de plus en plus pernicieux ; les rendez-vous proposés unilatéralement par les consulats sont fixés de telle sorte qu’il est impossible d’honorer les invitations.
Invité au festival Africajarc qui se tenait du 23 au 26 juillet à Cajarc dans le Lot, l’écrivain sénégalais Fadel Dia n’a obtenu un rendez-vous que pour le 7 septembre. Les Ivoiriennes Awa et Maaté du groupe les Go de Koteba ou encore l’écrivain mauritanien Mbarek ould Beyrouck ont eux aussi été victimes de la même logique absurde. A la frustration de ne pouvoir voyager s’ajoute l’humiliation. Une double peine qui, dans bien des cas, n’est pas que symbolique. Si les artistes et les intellectuels qui vivent en Afrique, parfois au péril de leur vie, sont réduits au silence à cause d’une gestion aveugle de l’immigration, alors quid du dialogue des cultures et de la diversité culturelle ? Si ces hommes et ces femmes, qui ont volontairement choisi de vivre dans leurs pays, ne peuvent plus circuler librement, alors c’est un peu de notre culture que nous abdiquons. Fadel Dia, septuagénaire, est l’auteur du roman la Raparille, paru aux éditions Présence africaine, à Paris, une maison que fréquentaient entre autres Théodore Monod, Jean-Paul Sartre, Michel Leiris. L’ironie du sort est à son comble puisque, quelques mois avant, la directrice de Présence africaine, Christiane Diop, avait été élevée au rang de chevalier de la Légion d’honneur par le président de la République.
La culture est le lieu par excellence de l’ouverture au monde. Le romancier Dia écrit en français et représente de ce fait le rayonnement de la langue de Molière au même titre que les écrivains invités à Cajarc et qui résident en France. Nos Lettres peuvent-elles se payer le luxe de substituer l’ingratitude à la culture de l’échange, au moment où sonne le glas d’une littérature-monde en français ?
Cette tribune est parue dans la rubrique Rebonds
du quotidien Libération, le 29 juillet 2009
Publié le 24/07/2009 à 16:11 par augustegnalehi
Candidats à vos plumes !
La première édition de la journée du livre et de mer a servi de prétexte au fan-club Isaïe Biton Koulibaly de lancer la troisième édition du Prix Isaïe Biton Koulibaly de la Nouvelle, parrainé par Mme Yobouet, opératrice économique. C’était le dimanche 19 juillet dernier, à l’espace Route de Bassam. Cadre agréable pour goûter aux délices de la brise de mer.
Promouvoir le livre en suscitant le goût de la lecture et de l’écriture, tel est l’objectif du fan-club Isaïe Biton Koulibaly. Voilà, nul doute, la raison principale qui a poussé les fans de Biton à se déplacer massivement au bord de la mer sur la route de Bassam à l’espace Route de Bassam pour goûter au fragrance de brise marine et surtout magnifier le livre ; tout en lançant officiellement la troisième édition du concours doté du Prix Isaïe Biton Koulibaly de la Nouvelle.
En effet, la première édition de la journée du livre et la mer avait un programme si alléchant que les fans ne se sont pas du tout ennuyés. Un débat autour des thèmes que développe l’auteur au fil de ses bouquins, un exposé sur les causes du célibat des femmes animé par Dame Bragory, enseignante détachée au ministère de la Salubrité et de la Ville, une dédicace ; voici quelque temps fort de cette journée du livre et la mer. Après le défilé de mode, le président du fan-club Isaïe Biton Koulibaly, Amédée N’Klo a ouvert de façon solennelle la troisième édition du Prix Isaïe Biton Koulibaly de la Nouvelle.
Selon Amédée N’Klo , enseignant au Lycée de San Pedro, le concours est ouvert aux lecteurs habitants la Côte d’Ivoire et / ou du Bénin sans aucune distinction , excepté les membres du fan-club et les lauréats des deux premières éditions. « Le concours consiste à donner une suite à
l’une des trois nouvelles publiées dans le recueil de nouvelles Au mon du désir de Isaïe Biton Koulibaly : Fabienne, Elle m’avait dit, Le revenant de Sadbury », a indiqué Amédée N’Klo entre deux sourires. Ce concours littéraire consiste à amener les candidats à approfondir le dénouement des nouvelles de Biton, a renchéri Dr Coulibaly Seydou, secrétaire chargé des nouvelles stratégiques et du développement et secrétaire du jury, avant de faire cette recommandation aux éventuels candidats : « les textes ne doivent pas dépasser cinq (5) pages dactylographiées avec les caractéristiques suivantes : police : Times New Roman, taille de police 12, interligne 1,5 ». Pour le secrétaire du jury « chaque candidat peut présenter des textes pour les trois nouvelles ; et devra joindre à chacun des ses textes une fiche d’identification séparée y figurant ses nom et prénoms, date de naissance, lieu de naissance, pays, ville, numéro de téléphone, adresses et une brève note bibliographique. Les pseudonymes sont interdits ».
En ce qui concerne les dépôts des manuscrits, les candidats sont invités à les déposer aux NEI / CEDA, aux librairies de France et Aleph en Côte d’Ivoire et à la librairie Buffalo à Cotonou, Bénin, a précisé Mlle Lala Soumahoro, membre de jury. Et d’ajouter :
« la date limite des dépôts de manuscrits est prévue le vendredi 30 octobre 2009 à minuit. Le cachet de la poste faisant foi pour les textes affranchis. Les résultats seront publiés pendant le premier trimestre de 2010 ».
Au dire du président du jury, les dix meilleurs textes retenus seront édités par NEI/CEDA et publiés dans un recueil de nouvelles. L’ensemble des lauréats recevra 10 % des droits d’auteur de la vente des livres après publication.
Comme on le voit, ce fan-club s’est donné pour mission de participer activement au développement du patrimoine littéraire en Côte d’Ivoire.
A souligner que le premier prix aura, outre des lots, une somme de 200.000 f CFA. Mais la marraine de ce concours, Mme Yobouet, nous a confié qu’elle fera des pieds et des mains, en dehors des récompenses officielles, pour faire plaisir aux différents lauréats de ce concours. Notons que c’est Luisiano N’dohou qui a été lauréat de la deuxième édition. Alors chers candidats de Côte d’Ivoire et du Bénin à vos plumes !
AUGUSTE GNALEHI
augustegnalehi@hotmail.com
Membres du jury
Paul Ahizi, écrivain, président du jury
Coulibaly Seydou, secrétaire du jury
Mme Fatou Touré, chargée de communication (JHU/CCP)
Mlle Lala Soumahoré, étudiante
Luisiano N’dohou, lauréat de la 2e édition
Jean Jacques Benien, critique littéraire
Auguste Gnaléhi, journaliste, critique littéraire
Publié le 24/07/2009 à 15:59 par augustegnalehi
Le Paradis français, Maurice Bandaman
Là-bas c’est l’inconnu, c’est l’enfer
La Case des Arts a reçu Maurice Bandaman, Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1993 avec son roman Le fils de la femme-mâle, à l’occasion du vingt-troisième café littéraire de Point de lecture. Au centre des échanges de ce mercredi 10 juin 2009 : Le Paradis français, un roman de 173 pages, publié par les éditions Nei / Ceda.
Mercredi 10 juin. Il est 16 heures 50 minutes, lorsque Maurice Bandaman fait son entrée dans la Case des Arts de Denise Kacou Koné. Dans l’assistance, composée d’élèves, d’étudiants et de cadres, on note la présence de quelques critiques littéraires, notamment Tirbuce Koffi, le professeur Logbo Gnézé, d’écrivains Wêrêwêrê Liking, Gina Dick, Flore Hazoumé, Jean Pierre Mukendi, Josette Abondio, Faustin Toha , Bernadette Koffi Akissi , Desiré Anghoura, Foua Ernest de Saint Sauveur, président de l’association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI), Jean Luc Djéa, secrétaire général de l’AECI et d’éditeurs, Mme Koudou (Edilis), Venance Kacou (Nei / Ceda) Katié Louka (Educi).
Contrairement au vingt-deuxième Café littéraire où les axes de lecture avaient été bien définis, ici, libre cours a été donné aux débateurs, c’est-à-dire le public, de discutailler, d’épiloguer, d’ergoter...et d’échanger autour de l’œuvre. Pour Sanoussi Ouattara qui résumait l’œuvre, Maurice Bandaman raconte l’aventure européenne de Mira, une jeune étudiante ivoirienne. Mariée via Internet- comme beaucoup de jeunes filles ivoiriennes et africaines le rêvent- à un Italien qui s’était présenté comme un homme d’affaires vivant à Paris ; elle embarque avec l’élu de son cœur via Rome. Mais une fois dans la capitale italienne, Mira se rend compte de l’arnaque. Alors qu’elle pensait sincèrement s’être mariée, c’est plutôt à un proxénète qu’elle a eu affaire : Pablo recrute de belles filles à travers le monde pour alimenter un réseau de prostitution. Contre son gré et sous la menace, Mira est donc livrée à la prostitution par la maffia du sexe. Elle échappe certes à l’enfer du sexe italien à un moment donné, mais Paris où elle arrive finalement et où elle pensait pouvoir réaliser son rêve ne lui offre pas mieux. Désenchantée, l’étudiante en maîtrise d’anglais rêve maintenant de retourner au pays.
Comme on le voit, l’univers décrit par l’auteur est ténébreux et plonge tout lecteur dans une souffrance psychologique, morale et physique ; une véritable descente en enfer. C’est un univers bousculé qui se recompose à la manière d’un puzzle, d’un prisme meurtrier comme les épreuves d’une image photographique. Les personnages se meuvent comme sur un écran brouillé, se confondant à leur propre ombre.
Cette souffrance, à bien des égards, brise le sens de toute espérance. La misère sociale et la détresse humaine se déroulent ici. Du coup le débat se focalise sur des thèmes du rêve et de l’immigration des Africains en Europe et singulièrement en France à la recherche d’un hypothétique bonheur. Les débatteurs interrogent longuement le symbole Mbarka, ce jeune étudiant Tchadien titulaire de plusieurs diplômes mais condamné à errer à travers l’Afrique à cause de la situation sociopolitique dans son pays. Mbarka a espéré fouler le sol français pour enfin réaliser son rêve de liberté et d’humaniste ; malheureusement la traversée des Alpes met fin à son avenir prometteur. Avec le cas Mbarka, le débat pose le problème de la mémoire et de la fuite des talents d’Afrique. Maurice veut nous montrer l’immigration, la fuite des cerveaux, du capital humain si nécessaire à la construction des pays, à travers le personnage de Mbarka. Ce n’est pas seulement le petit personnel, commente Tiburce Koffi. Dans les échanges, Mme Gnahoré, Française d’origine regrette que l’écrivain ait servi aux lecteurs un cocktail de faits divers, un fourre tout qu’il appelle roman. En plus son récit n’a, à aucun moment, montré un seul personnage positif ni en Italie ni en France Cette réflexion fait sursauter Tiburce Koffi sur son siège : Non Mme Gnahoré ! Ce roman, c’est la logique d’un puzzle. Maurice Bandaman procède avec patience à reconstituer une image découpée en fragments de différentes formes. Le Pr. Logbo Gnézé indique de son côté : C’est un roman, il y a une structure, il y a une isotopie.
Katié Louka, Venance Kacou Emilienne Anikpo et Josette Abondio à un degré moindre ont abondé dans le même sens. Pour eux, loin d’être un ensemble stylisé de faits divers, cette œuvre est didactique, pédagogique. L’auteur ne dira pas moins : La motivation en écrivant. Notre rôle, c’est sensibilisé. Là-bas (l’Europe), ce n’est pas nécessairement la bonne vie. Donc j’ai voulu écrire pour sensibiliser nos jeunes qui pensent que l’Europe c’est le bonheur. Ils économisent deux à trois millions pour y aller. L’auteur parle longuement de son expérience européenne à l’occasion des résidences d’écriture, évoque la vie médiatisée de grandes plumes africaines y vivant et l’obsession de la carrière et prend à témoin Tiburce et détaille comment l’argent gagné en Europe est vite happé par les charges sociales. Bandaman indexe le malaise individuel, la solitude et la promiscuité, en conclut sa fierté d’être un simple professeur de lycée en Côte d’Ivoire où il peut vivre sainement, paisiblement. Répondant à Josette Abondio qui voyait malignement dans Le paradis français un procès aux Français, alors qu’il aurait mieux voulu parler de paradis italien, l’auteur explique qu’il a écrit ce roman dans un rôle pédagogique mais ce n’est pas un roman antifrançais. Mme Anikpo Emilienne prend la parole pour enrichir le débat sur la qualité de l’œuvre et le thème : Pour moi le profane, quand je lis un livre et que je ris à l’endroit où il faut rire et que je pleure où suis triste là où il faut, je dis que c’est un bon livre. Il est éducatif, il est d’actualité et je pense que les écrivains devraient le creuser davantage.
Les uns et les autres ont insisté sur le style bien sûr didactique mais châtié de l’écrivain. Et surtout le titre de l’œuvre qu’ils trouvent par moments bien sarcastique. Pour donner du rythme à cette rencontre littéraire, il y a eu de lecture suivie de commentaires de passages qui ont marqué l’auditoire.
Quand l’auteur reprend, il est 18 heures 50 minutes, il peut déclarer : Au-delà de la critique sociopolitique, au-delà de la misère sociale et sociétale des personnages, de l’espace se perçoit une dimension didactique évidente. Ce roman , est une volonté pour moi de montrer aux jeunes Africains qu’ils soient intellectuels ou non qu’il ne sert à rien de mourir dans des embarcations de fortunes ; parce que le bonheur n’est pas ailleurs , le bonheur est chez soi . Et de renchérir : j’interpelle les jeunes filles africaines qui, à longueur de journée, sont scotchées au Net pour avoir un mari à l’autre rive de l’Atlantique, car, là-bas c’est l’inconnu, c’est l’enfer. Bandaman s’étonne aussi de l’accueil fait à cette œuvre : Je suis surpris par les réactions du public. Je dois l’avouer, j’ai eu honte à un moment donné d’écrire ce roman. Mon genre c’est, Le fils de la femme- mâle. Je ne trouvais pas le thème d’un haut vol. mais il fallait que je l’écrive par devoir de mémoire, a expliqué l’auteur.
C’est par une dédicace que ce vingt-troisième Café littéraire de l’Association de point de lecture a pris fin. Il était alors 19 heures 20 minutes.
Auguste Gnaléhi
Augustegnalehi@hotmail.com
Publié le 16/07/2009 à 22:40 par augustegnalehi
CONCERT LIVE.
Yakomin aux cimes des sonorités
Le samedi 13 juin dernier, la salle des mariages de l’Hôtel communal de Cocody-Abidjan- a vibré aux sonorités envoûtantes et magiques de Yakomin, un sextuor. C’était lors d’un concert live devant un public sympathique friand, amateur de rythmes tradi-modernes composé d’Africains, d’Européens et d’Asiatiques. Spectacle féerique, haut en couleur !
Yakomin, ce n’est pas un nouveau jeu venu du Japon, mais un mot Yacouba (communauté linguistique à l’ouest de la Côte d’Ivoire) dont les syllabes signifient littéralement « Elite de demain ».
Né du plaisir de jouer ensemble la musique, ce sextuor formalisé en novembre 2004 n’a pas usurpé son nom, le samedi 13 juin dernier, à l’Hôtel communal de Cocody. Et ce n’est pas Mel Eg Théodore,ministre de la SALUBRITE ET LA VILLE qui dira le contraire, lui qui emporté, transporté, envoûté, transbordé par la musique de ce groupe n’a pas hésité un instant à monter sur la scène pour exécuter un morceau. C’était tout simplement sublime.
La frappe sourde mais douce du djembé (Opoh Dabo Daniel et N’zian Koffi N’zoré), du balafon (Kouissoa Honorat Gilles) rythmée tantôt par une guitare (Mahan Dapleu Casimir) aux sons aigus et doux, tantôt par l’ahoco (N’zian Koffi) et le souffle insistant de la flûte traversière (Kouamé Bouffouo Pierre), de la clarinette (Ouattara Souleymane), c’est cela la musique tradi-moderne made in Yakomin. Fusion d’instruments africains et occidentaux, carrefour où se rencontrent toutes les civilisations, Yakomin a, par moments, transporté, cette nuit-là, toute la salle des mariages de l’Hôtel communal de Cocody dans une sorte d’hystérie collective, d’exaltation et d’exultation. Quel spectacle féerique, haut en couleur ! Ce sextuor a convoqué des sons aigus, doux tantôt jazziques, tantôt purs pour produire un son agréable, rocailleux et complexe. Ballades chaloupées, rythme binaire quelquefois rapide, parfois régulier, mélodies sucrées, harmonies envoûtantes… Voilà un son urbain qui fait la différence comme le témoignent les morceaux tels que Balade senoufo, Afro blues, La marche du désert, Le rêve accompli, Innocence , Kissass et Achovias…
Dépouillée, sincère, très proche de ses sources rurales, cette musique est originale mais, à bien des égards, distante des variantes technologiques des années 80 et 90 qui dérive vers la variété prosaïque.
Gorgé d’accents négro-africains, hispano- andalous voire arabo-berbères, le genre est innovateur et s’exporte bien. La preuve : en 2007 et 2008 ce groupe, à la fête de la musique du District d’Abidjan, a remporté le grand prix de la création artistique. En février Yakomin est lauréat aux premiers jeux des Etats sahélo sahéliens à Niamey au Niger. Il est à souligner que ce sextuor est retenu pour participer au Festival panafricain d’Alger du 5 au 20 juillet prochain et au Festival des Arts Nègres à Dakar au Sénégal en décembre prochain.
L’intermède musical a été assuré par l’Ensemble vocal du conservatoire national de musique. Cet Ensemble vocal a interprété I wassado de Nayanka Bell,
Kouglizia de François Lougah et
Biandè de Reine Pélagie.
Quand Yakomin revient sur la scène, c’est de transporter tout le public dans un univers onirique avec des danseurs et danseuses qui tracent des figures géométriques : des parallélogrammes et des cercles… Cette construction et déconstruction de l’espace montre non seulement la dextérité de ce sextuor, mais nous a fait voyager à travers les rythmes africains et par ricochet ivoiriens. Cette excursion, cette pérégrination musicale a permis à ce public sympathique, amateur de cadence tradi-moderne de revisiter le tempo de la Côte d’Ivoire du nord au sud en passant par l’est et l’ouest.
En somme, ces éléments de ce sextuor, tous enseignants de musique, montrent sans prétention aucune la voie à suivre et à leurs élèves et à tous ceux qui veulent emprunter le chemin tortueux, caillouteux de la musique, la vraie et non de cette cacophonie que l’on nous sert à longueur de journée.
A la fin de ce concert live, toute la salle était debout. Elle n’arrêtait pas d’applaudir, d’ovationner ce sextuor. Yakomin c’est la percussion, ce sont les instruments à vent : c’est l’élite de demain, s’exclamait tout ce petit monde.
Auguste Gnaléhi
augustegnalehi@hotmail.com
Publié le 05/07/2009 à 20:49 par augustegnalehi
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augustegnalehi@hotmail.com
Publié le 02/07/2009 à 13:58 par augustegnalehi
ANALYSE ECONOMIQUE SUR LES DANGERS DE LA NON APPLICATION
En France, précisément à Rouen, dans le cadre d’un test pour l’obtention d’un certificat en journalisme, je suis avec attention, à travers Internet, les développements de l’actualité en Côte d’Ivoire. Il y a un sujet qui retient particulièrement mon attention. C’est celui relatif au débat sur l’application ou non de la convention collective interprofessionnelle des journalistes. L’application, sinon le respect de cette convention devrait être effective à la fin du mois de juin. Malheureusement, c’est un rendez-vous manqué. En ma qualité d’économiste, de spécialiste en ressources humaines surtout, et moins du fait de mon statut de journaliste professionnel, je me sens invité dans ce débat qui fait couler tant d’encre et de salive dans le microcosme de la presse privée ivoirienne.
En économie, il y a ce qu’on appelle l’aspect fiduciaire d’un billet de banque. Cet aspect fiduciaire est un peu le prix, le coût d’un billet sauf que ce prix, cette valeur s’apprécie selon la confiance du consommateur. Ainsi, un dollar coûte-t-il plus cher qu’un franc Cfa, qui lui-même est plus cher qu’un GNF (franc guinéen). Pourtant, tous ces billets sont faits en papier, presque avec les mêmes matières.
Cet aspect fiduciaire du marché monétaire se transpose sur le marché de la consommation des œuvres de presse. Ainsi, une plume, un nom d’auteur est-il plus lu, plus respecté, plus crédible qu’un autre, qui l’est beaucoup plus qu’un autre encore. Et tutti quanti. On pourrait parler de coût de crédibilité, comparable au coût d’opportunité, pour un business à lancer.
La valeur d’un nom sur le marché de la presse écrite est mesurée par le client, ici le lecteur. La valeur est mesurée certes à travers les écrits mais aussi et surtout à travers l’engagement, la fidélité, la constance, le respect des principes édictés et défendus par le journaliste.
La presse écrite privée ivoirienne dans son ensemble a atteint un niveau fiduciaire tel que de nombreux clients prennent pour agent comptant tout (ou presque) ce qui est écrit par certains journaux, certains journalistes. Cette valeur se mesure à l’aune des transhumances politiques dénoncées, des retournements de vestes et des reniements de la parole donnée d’acteurs politiques critiqués, etc.
Si des acteurs politiques bien connus dans notre pays, n’ont plus aucune valeur, c’est bien parce que la presse écrite privée a, chaque fois, dénoncé leurs impostures, leurs inconstances, leurs duplicités.
Aujourd’hui, après que la presse écrite privée eut dénoncé les roublardises, elle se trouve sous les feux de la rampe de ses propres responsabilités et principes, savoir le respect de la parole écrite, des engagements pris, des signatures volontaires.
C’est la problématique du respect et de l’application de la convention collective interprofessionnelle.
C’est à ce niveau d’ailleurs que le lecteur attend les acteurs et les décideurs de la presse écrite privée. D’où le coût de crédibilité. D’où l’aspect fiduciaire des noms des différents signataires du document portant convention collective.
L’enjeu est grand. Puisque la situation est exactement comme celle de la crise ivoirienne. Les différents signataires de la convention collective interprofessionnelle peuvent-ils regarder droit dans les yeux du politique et lui demander de respecter son engagement vis-à-vis du 30 novembre 2009 (date théorique de l’élection présidentielle) en se dérobant devant l’échéance qu’eux-mêmes se sont librement fixés ? Les différents signataires peuvent-ils regarder droit dans les yeux de leurs lecteurs et continuer de dénoncer les politiques qui évoquent des conditions encore non réunies pour aller à l’élection présidentielle, alors qu’eux-mêmes brandissent d’autres conditions pour refuser d’assumer leurs engagements ?
Si donc le journaliste refuse de respecter ses propres principes, son nom d’auteur risque d’être dévalué vis-à-vis du lecteur. La conséquence immédiate sera la sanction du lecteur qui n’achètera plus le support dans lequel il signe.
Au demeurant, sur le plan des ressources humaines, les acteurs du microcosme de la presse écrite privée risquent de ne point être épargnées par les effets négatifs du non respect de la convention collective interprofessionnelle.
La motivation, c’est connu, est le secret du rendement. Il est de ce fait fort à craindre que les uns et les autres, las d’attendre le respect d’une promesse qui commence à devenir un sinueux poisson de mer, se laissent aller à la démotivation. Les conséquences dans ce cas, en terme de qualité et de volume de travail, sont aussi connues.
Sans compter les tensions sociales qui pourraient en découler.
En définitive, on a un journaliste démotivé face à un mirage, une corporation qui devient aigrie et nerveuse avec une nette inclination vers le bras de fer social, un client (le lecteur) frustré et se sentant abusé du fait du non respect de certains principes défendus par le journaliste, un lectorat dubitatif.
Tout est réuni pour un sinistre généralisé et plus étendu de la presse privée, à moyen terme, si ce n’est dans le court terme.
En conclusion, que perd la presse privée à appliquer et à respecter la convention collective interprofessionnelle ? Rien. Sinon la perte d’une relative marge bénéficiaire d’une catégorie d’acteurs du microcosme qui n’est rien face aux gains substantiels qui pourraient être tirés de la confiance redoublée du lecteur.
Par contre, que perd-on à ne pas respecter nos propres engagements ? Ici encore rien. Sinon une explosion sociale fort prévisible d’une autre catégorie d’acteurs et un désintérêt progressif incontestable du lecteur pour les supports de presse, incapables de respecter leurs propres engagements.
Mon opinion est que, certains acteurs ont certes peur de perdre certains privilèges parce qu’ils font une mauvaise lecture économique de la situation. Ils ont plutôt tout à gagner à appliquer la convention collective interprofessionnelle. Et rien à perdre ou presque.
André Silver Konan
Diplômé d’économie
Master Gestion des Ressources Humaines
Journaliste , écrivain
Publié le 27/06/2009 à 17:44 par augustegnalehi
MICHAEL JACKSON ATIRE SA REVERANCE A L'AGE DE 50 ANS
La pop a perdu son roi après 40 ans de souveraineté. En dépit d'une fin quelque peu chaotique, Michael Jackson a jalonné son règne de grandes victoires dont 'Thriller' est sans doute la plus retentissante. Ce n'est pas seulement l'album le plus vendu de tous les temps, c'est aussi un objet visuel et musical de grande qualité. Des clips ambitieux, des titres "tubesques", des chorégraphies aériennes, Quincy Jones en producteur, Paul McCartney en invité et Michael Jackson au top de sa forme.
Un Jackson parmi d'autres
En 1982, à l'aube de l'enregistrement de 'Thriller', Michael Jackson n'est pas encore une star interplanétaire : les Jackson 5 ressemblent plutôt à un phénomène américano-américain, même si le Royaume-Uni succombe aussi à la funk dansante de cette fratrie endiablée. En tout cas, la vague afro n'atteint pas l'Hexagone, occupée à siroter du yé-yé bien de chez nous. Là où Michael vend par exemple des millions d'exemplaires de 'Off The Wall' (1979) aux Etats-Unis, il s'arrête aux milliers de ce côté de l'Océan. S'il n'est pas non plus un illustre inconnu, le jeune homme doit jouer des coudes et de la voix pour se distinguer de deux de ses frères Jackson, Jermaine et Jackie. Le prénom Michael s'invite sur un nombre croissant de lèvres lors des concerts du combo, mais il n'est encore qu'une partie – certes essentielle – d'un collectif. La preuve : à la sortie de 'Thriller', les Jackson 5 tournent toujours et négocient un Victory Tour ambitieux qui sonnera d'ailleurs leur glas (1). En outre, les quatre premiers albums solos de Michael (l'inaugural 'Got To Be There' date de 1971) ne sont pas de retentissants succès. Artistiquement, même les fans du chanteur les trouvent inégaux voire kitsch (tel 'Forever, Michael', 1975). Commercialement, ils ne marchent pas assez pour distinguer Michael de ses frérots. En 1979, tout commence à changer avec la sortie de 'Off The Wall', première collaboration du jeune homme de 21 ans avec des artistes dont nous allons bientôt reparler : Quincy Jones (production), McCartney ('Girlfriend') et Rod Temperton ('Burn This Disco Out' et le titre éponyme). L'album très dansant, entre funk et soul, est une réussite artistique, même si le garçon piste encore les pas de ses influences, entre Kool & the Gang et Stevie Wonder. Mais c'est surtout le premier (très) grand succès de Michael sans les Jackson, l'album le plus vendu par un Afro-Américain à l'époque. Pourtant il repartira (presque) bredouille des Grammy Awards, cérémonie à laquelle il attache une grande importance. Il promet de revenir encore plus haut, plus loin et plus fort pour l'album suivant.
Une oeuvre (très) collective
En août 1982, Jackson entre en studio pour enregistrer son sixième album solo sous la houlette de Quincy Jones, arrangeur de génie pour Miles Davis, Sinatra ou Ray Charles. Ils doivent en réalité produire deux disques : en plus de 'Thriller', 'E.T. Storybook' verra le jour en novembre mais sera immédiatement retiré de la vente à sa sortie. Le label interdit tout ce qui peut faire de l'ombre au descendant de 'Off The Wall' prévu pour la période de Noël. Rien ne doit contrecarrer le futur succès de 'Thriller'. On imagine donc la pression qui repose sur les épaules du jeune chanteur, d'autant que le budget de l'album avoisine les 750.000 dollars... Au printemps, Michael avait déjà enregistré un duo avec Paul McCartney, 'The Girl Is Mine'. Loin d'être la chanson du siècle, le clin d'oeil est quand même amusant : l'ex-roi de la pop en duo avec le futur King of Pop. Mais Jones et Jackson veulent aller plus loin que de simples clins d'oeil. Il s'agit d'avoir sous la main le plus grand nombre de titres pour choisir ensuite une poignée de "tubes" en devenir. Les deux hommes piochent avec mesure dans plusieurs directions : Jones vient du jazz, Jackson de la funk / soul, McCartney du pop-rock et les musiciens de studio ne sont autres que des membres de Toto, groupe de hard FM qui cartonne aux Etats-Unis à l'époque. La chanson la plus symbolique de cet état d'esprit reste 'Beat It' et le plantureux solo du guitariste Van Halen. Jones voulait absolument insérer un morceau rock à la playlist du disque, Michael n'osait pas sortir le titre de ses cartons, et quand il ose, le producteur s'emballe. La majorité des tubes de l'album est d'ailleurs signée Jackson (2) qui confirme ainsi ses talents de compositeur, à l'image de l'imparable 'Billie Jean'. 'Thriller', un travail collectif ? On ne sait pas si bien dire puisque Bambi sera accusé par deux fois de plagiat : à tort par un certain Fred Sanford sur 'The Girl Is Mine', à raison par Manu Dibango dont le 'Soul Makossa' a inspiré 'Wanna Be Startin Somethin', qui ouvre le disque de ses percussions. 'Thriller' sort le 1er décembre et Jackson devient un des rares Noirs à truster télés et radios dans un pays qui, à l'époque, ne s'était pas encore habitué à la couleur, 25 ans avant l'élection de Barack Obama à la présidence.
Un succès (presque) logique
Des dizaines de millions d'exemplaires vendus (3), des Grammy en veux-tu en voilà (record de trophées dans la cérémonie 1984), même la France succombe enfin à Michael. 25 ans plus tard, l'industrie du disque décide de fêter 'Thriller' avec la nostalgie du temps où les vinyles se vendaient comme des petits pains. Mais au lieu de regretter un "âge d'or", il vaut mieux essayer de saisir ce succès. Et la première des raisons est simplissime, elle est musicale : chaque titre de 'Thriller' est un single potentiel, les neuf chansons ont leur raison d'être – sept d'entre elles sortiront en 45 tours. La grande majorité des disques mainstream d'aujourd'hui comportent deux ou trois titres "potables" enrobés de morceaux "potiches" pour former un "album". Evidemment, le public préfère se contenter du single et déconseille le disque en entier à quiconque oserait s'y aventurer. Seconde raison, Jackson est un des premiers à comprendre la puissance de frappe du clip. Loin d'offrir un playback approximatif ou une tripotée de maillots de bains s'agitant dans des lieux luxuriants, il décide de tourner un véritable moyen métrage. Tourné par John Landis, le clip de 'Thriller' donne encore des frissons à tous les enfants qui se souviennent de l'avoir vu à la télé. Enfin, là où toutes les chorégraphies actuelles se ressemblent, traumatisées qu'elles sont par l'enfantine 'Macarena' de Mia Frye, Jackson montre en public en mai 1983 (sur 'Billie Jean') le légendaire Moonwalk, qu'il dit avoir emprunté au Mime Marceau. Avec Michael, l'événement ne se suffisait pas à lui-même, il était travaillé et soutenu par une véritable oeuvre certes pop(ulaire), mais aux nombreuses qualités. Si l'on peut préférer le groove imparable encore pris dans les mailles de la disco de 'Off The Wall', difficile de ne pas succomber au charme de 'Thriller', album qui se tourne davantage vers le futur du genre, avec ses excès positifs ou négatifs.
La commercialisation du Jackson
A la suite de cet album, Michael va devenir une bête de foire, un produit qu'on trimballe comme un monstre étrange. C'est avec ce succès sans commune mesure que Bambi va se refermer sur lui-même, ayant une poupée à son effigie en juillet 1984 ou devenant homme-sandwich de Pepsi. Et comme par un cercle vicieux, c'est sur le tournage d'une pub du soda en question, en juillet 1985, que le chanteur va subir l'accident qui le mènera de chirurgies esthétiques en greffes de peau en lui donnant le visage informe qu'il arbore aujourd'hui. En septembre 1986 le 'National Enquirer' diffuse une photo du chanteur dans un caisson à oxygène. La démarche devait soi-disant lui permettre de rester en vie jusqu'à 150 ans. Info ou intox, cette rumeur annonce le début des on-dit les plus fous sur Bambi, des plus anecdotiques (ses séjours répétés à Disneyland) aux plus sombres (les accusations de pédophilie). En avril 1984, il écrit un texte dans la revue 'Awake' dédiée aux témoins de Jéovah pour renier les zombies du clip de 'Thriller', le même mois il est remercié par le Président Reagan pour avoir prêté 'Beat It' pour une campagne contre l'alcool. La machine Jackson, pleine de paradoxes, est lancée. Si 'Thriller' a donc apporté grandeur et décadence à son géniteur, il reste un album référence. De Justin Timberlake à Mika en passant même par Daft Punk, les grands succès populaires d'aujourd'hui ont été nourris au biberon 'Thriller', album qui comporte certes des défauts ('P.Y.T.' n'est pas une chanson inoubliable), mais qui a rencontré un succès populaire sans précédent.
Mathieu Durand
Evene.fr
(1) Après plusieurs péripéties dues notamment au célèbre promoteur Don King, les Jackson 5 s'arrêtent en décembre 1984.
(2) A noter tout de même que trois titres ('Thriller', 'Baby Be Mine', 'The Lady in My Life') sont signés Rod Temperton, compositeur méconnu mais très compétent. L'ambiance effrayante de 'Thriller' lui doit beaucoup.
(3) Si l'affirmation est indéniable, le chiffre exact est sujet à débat. On parle d'un chiffre entre 60 et 80 millions. Mais étrangement 'Thriller' est entré dans la Guiness Book des Records avec 104 millions d'exemplaires vendus. Aujourd'hui encore personne ne sait où ils sont allés chercher ce chiffre.
Publié le 16/06/2009 à 22:25 par augustegnalehi
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Publié le 14/06/2009 à 13:15 par augustegnalehi
Et à l’aube, tu t’en allais, un roman poétique
En partenariat avec Scrib Magazine et la Case des Arts, Point de lecture a organisé son vingt deuxième Café littéraire. C’était le mercredi 20 mai dernier à la Case des Arts de Denise Koné Kacou à Abidjan- Cocody -Danga. Ce Café littéraire a porté sur le roman de Aïssatou Seck, publié aux éditions Bénévent. Le père de la littérature, Bernard B. Dadié, a honoré de sa présence cette rencontre littéraire.
Les panélistes au nombre de trois (Mme et M. Guébé et Henri N’koumo) ont analysé Et à l’aube, tu t’en allais sous l’angle de l’amour passionnel, oppressant, meurtri et l’écriture. D’entrée de jeu, Denise Koné Kacou a souhaité la bienvenue non seulement à l’auteur(e), mais aussi à ce beau monde, ami des livres. Avant le débat, Koffi Koffi le modérateur a donné la parole à Mme Guébé en vue de résumer l’œuvre.
Pour Mme Guébé, le récit raconte l’histoire de deux tourtereaux : Lâme et le Tigre. Lâme, l’héroïne est atteinte du mal, le mal d’aimer qui l’a dévoré pendant de nombreuses années. Elle fait partager aux lecteurs son mal d’amour, sa passion pour un homme marié et ses tourments d’anorexique. Après ce résumé, il y a eu un échange entre auditoire et les panélistes et auditoire –auteur(e).
En effet, pour le premier axe de lecture- amour passionnel, meurtri- Flore Azoumé, écrivain(e) a trouvé que cette façon de traiter l’amour nouveau. C’est tellement nouveau que pour elle, Aïssatou a écrit à l’occidentale son histoire d’amour. Cette réflexion a suscité d’autres réactions. Pour Mme Guébé, il n’y a pas de différence fondamentale entre aimer à l’occidentale et aimer à l’africaine. Toutes les femmes aiment de la même façon même si cette façon est individuelle, singulière. Et d’ailleurs, cette œuvre montre la cruauté de l’amour, de l’être aimé qu’on ne puisse pas garder pour soi. Précisant sa pensée, Flore Hazoumé dira que ce roman nous indique comment aimer l’être aimé. Mais la responsabilité de celle qui aime. Abondant dans le même sens, le Pr. Katié Louka ,directeur d'Educi a souligné que ce récit interpelle toute femme amoureuse. Selon lui, la femme ou l’épouse doit exprimer à l’homme aimé son amour et vice-versa. Quant à Guébé, il parlera de l’amour passionnel, de l’amour meurtri qui telle une femme dévore tout sur son passage. Cet amour-là est irrationnel, déraisonné. Henri N’koumo s’est appesanti sur les à côtés du livre, sur cette maladie d’amour qui touche aussi les Africains contrairement aux idées reçues. En revanche, N’koumo soutiendra que cette œuvre même si elle est loin d’être autobiographique s’inspire de faits réels de la vie de l’auteur(e). Koffi Koffi, le modérateur, quand il prend la parole c’est pour nous introduire dans le second axe : l’écriture.
Le Pr. Logbo Gnézé émerveillé par le style de Aïssatou Seck a dit que cette œuvre est une prose poétique. « Et à l’aube, tu t’en allais est un roman poétique, lyrique, beau. Vous voyez cette beauté rime avec cette belle histoire d’amour. L’amour, cette flamme qui consume tout être ». Pour Logbo, c’est cette façon de savoir bien manipuler la langue qui donne du plaisir aux lecteurs de mieux délecter ce nectar. Logbo s’est interrogé si l’auteur(e) n’est pas à sa troisième ou quatrième œuvre tellement ce roman est bien écrit. Cette question, le Pr. Katié Louka, Guébé, Flore Hazoumé, Sylvestre Konin et bien d’autres se le sont posés.
Aïssatou Seck a donné des réponses à leurs préoccupations. « J’ai toujours écrit. J’ai une mémoire visuelle. Donc il me faut écrire pour retenir. L’écriture est moi un passe-temps ». Avant de renchérir : « j’ai mis cinq ans pour écrire cet ouvrage ». Comme on le voit, elle a mis cinq ans pour polir sa prose poétique. Cinq ans pour enjoliver le texte. Cinq ans pour parfaire, soigner, fignoler le récit. Aïssatou, au regard de ce qui précède, est une polisseuse. Mieux un polissoir. Quant à la question de l’amour, Seck soutient qu’elle est universelle. D’ailleurs l’objectif de ce roman, c’est de montrer de manière subtile et poétique que ni l’anorexie, ni l’amour n’est l’apanage des petites adolescentes européennes.
A la fin des échanges, Seck a dit sa satisfaction de voir que sa première œuvre est bien accueillie tant par des spécialistes que par de simples lecteurs : le grand public.
C’est par une séance de signature que la cérémonie a pris fin. Il faut souligner qu’à cette rencontre littéraire, on notait outre la présence de Bernard B. Dadié, Mme Guirandou, Mme Fidèle Boua directrice générale de Vallesse Editions, Mme Dréhi,directrice générale des Editions Livre Sud (Edilis), Georges Retord et Foua Ernest de Saint Sauveur, président de l’Association des écrivains ivoiriens(AECI).
AUGUSTE GNALEHI
augustegnalehi@hotmail.com