Publié le 09/03/2009 à 12:00 par augustegnalehi
TEZA DE L'ETHIOPIEN HAILE GERIMA, ETALON D'OR DE YENNENGA 2009
Les rideaux sont tombés le samedi 7 mars dernier , au Stade du 4 Août sur la 21ème édition du Fespaco qui fêtait à cette occasion son 40ème anniversaire. la plus haute récompense l'Etalon d'ordu Yennenga a étédécernée au film Teza de l'Ethiopien Hailé Gerima.
Le plus prestigieux des festivals panafricains du cinéma et de la télévision de Ouagadougou au Burkina Faso, vient de proclamer son palmarès. La plus haute récompense l'Etalon d'or du Yennenga a été décernée au film Teza de l'Ethiopien Hailé Gerima qui revient sur les années de dictature qu'a connues son pays. Cette année, le Fespaco a remis 128 récompenses au total pour cette 21e édition. Le festival qui fêtait son 40e anniversaire a présenté un nombre record de films 374 qui avaient été sélectionnés parmi les 664 oeuvres qui lui avaient été envoyées. Voilà qui témoigne du dynamisme du cinéma africain.
Le palmarès ,selon certains critiques, est à l’image de cette 21ème édition : désordonné, incohérent du point de vue du 7ème art. Quoique très panafricain l'on a parfois le sentiment que les considérations géopolitiques et protocolaires priment sur les qualités purement cinématographiques.
Si l’étalon d’or de Yennenga remis à Teza, la fresque historique de Hailé Gerima sur l’Ethiopie et l’étalon de bronze accordé à l’Algérien Lyes Salem pour Mascarades étaient attendus, d’autres choix laissent songeurs.
Les films sud-africains Nothing but the truth de John Kani et Jerusalema Ralph Ziman se retrouvent tous deux au palmarès, confirmant la vitalité de l’Afrique du Sud, pôle d’attraction du 7ème art sur le continent.
Les œuvres des réalisateurs maghrébins se taillent la part du lion, en remportant une dizaine de prix sur les 30 décernés. Les films algériens se distinguent particulièrement. De quoi réjouir l’importante délégation algérienne venue présenter la 2ème édition du festival panafricain qui se tiendra à Alger en juillet prochain.
Les deux films burkinabè n’ont bien sûr pas été oubliés. Le fauteuil de Missa Hébié reçoit le prix RFI du public et celui de la 1ère oeuvre et Cœur de lion de Boubakar Diallo est distingué par l’Union européenne.
Le palmarès de l’Afrique du Nord
L’Afrique du nord comme nous le prédisions a raflé beaucoup de trophées avec notamment, Les Jardins de Samira du Marocain Sana Mousiane qui a obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine.
Dans la catégorie court les Maghrébins ont presque tout pris, remportant deux des trois prix mis en compétition, notamment le Poulain d’Argent et le Poulain d’Or avec deux autres films algériens.
Dans la catégorie long-métrage il y a eu, non seulement, le Prix de la Meilleure musique avec le film du marocain Kamal Kamal pour Adieu Meres, mais il y a aussi surtout l’étalon de Bronze décerné à Mascarades un autre film algérien de Lyes Salem.
Enfin signalons le Prix du meilleur son décerné au film de l’Égyptien Mohamed Hassib, Les Démons du Caire.
Et pour compléter ce tableau des trophées nord-africains signalons que dans la catégorie Documentaire, l’Egypte a remporté le 2ème prix avec le film Behind The Rainbow de Jihan El-Tahiri, et le 1er prix documentaire est revenu a Leila Kilani pour le film Nos Lieux Interdits.
Le succès sud africain se confirme
Nous le disions aussi déjà dans nos précédentes éditions et publications ici même sur ce site de BBC Afrique, l’Afrique du sud depuis son arrivée sur la scène du Fespaco il y a déjà six ans, confirme tout le bien que l’on pense d’elle.
La production cinématographique sud-africaine a confirmé de nouveau tout le bien que l’on pensait d’elle.
Ce fut le cas avec le film Jerusalema de David Helfand qui a remporté trois prix: le Prix de la Meilleure Image, le Prix du Meilleur Montage, et le prix de la Meilleure Interprétation Masculine.
Et l’Etalon d’argent est revenu au Sud-africain John Kani avec son film Nothing But the Truth.
Enfin signalons a propos toujours de l’Afrique du sud, que dans la catégorie TV-Video le Prix spécial du Jury a été attribué à Khalo Matabane pour son film When We were Black.
L’Axe Burkina - Afrique du sud - Afrique du Nord.
En dehors de l’Etalon d’or du Fespaco attribué au film Teza de Haïlé Gérima les grands vainqueurs de cette édition sont donc l’Afrique du sud, l’Afrique du nord (Maroc & Algérie surtout) et le Burkina Faso.
La force de ces pays réside en leur production cinématographique abondante, variée, et surtout au professionnalisme de leurs œuvres.
Les Marocains, au fil des ans ont développé une politique de soutien volontaire à leur industrie du film.
Les Sud-africains disposent d’infrastructures de production conséquente. Le Burkina dispose d’un savoir-faire, et d’une expérience incommensurable, mais surtout d’une politique déterminée de soutien du gouvernement à l’endroit des cinéastes.
Les Perdants du Fespaco 2009
Les grands perdants auront été dans une certaine mesure: Le Mali, le Nigéria et le Sénégal.
Ces trois pays ont un savoir-faire dans le domaine du cinéma qui les place naturellement dans les pays de référence en matière de production cinématographique.
Le Mali avec Souleymane Cissé et Cheikh Oumar Sissoko tous deux présents au Fespaco en tant qu’invité est le pays le plus titré de l’histoire du Fespaco avec plusieurs grands prix de l’étalon à son actif.
Le Nigeria avec son Nollywood, est une puissance dans le domaine du cinéma africain, mais les producteurs nigérians commencent seulement à s’intéresser au Fespaco.
Après avoir remporté le grand prix du Fespaco il y a deux ans, on s’attendait à les retrouver au palmarès cette année, mais ce ne fut pas le cas.
Enfin le Sénégal, figure de proue du cinéma africain avec notamment Sembène Ousmane, Djibril Mambety Diop tous deux disparus aujourd’hui, reste tout de même un vivier fertile de production de films de qualité sur le continent.
Au palmarès final, seul Mansour Sora Wade a remporté le Prix de la Meilleure Affiche avec son film Les feux de Mansaré ».
Teza est à la fois un cri, une leçon d’histoire et un poème visuel au puissant souffle épique
Hailé Gerima nous entraîne dans l’histoire de l’Ethiopie contemporaine, rappelant quels furent les espoirs de sa génération, portés par l’idéal révolutionnaire, puis broyés par les dérives autoritaires et brutales de la dictature Mengistu.
Il le fait à travers les yeux d’un intellectuel, Anberber, témoin impuissant, victime et à la fois en partie responsable des soubresauts de l’histoire de son pays. Jeune homme, Anberber suit des études scientifiques en exil en Allemagne. Dans les années 70, la chute du Négus Hailé Sélassié lui permet de retourner en Ethiopie aux côtés de son ami Tesfaye. Anberber et Tesfaye sacrifient leur vie privée, leurs amours et leurs enfants, pour un avenir qui s’annonçait radieux et qui se transforme en bain de sang.
Hailé Gerima n’épargne ni sa génération, qui n’a pas pu ou pas su éviter les violences, ni l’Occident coupable de violences racistes. Le seul espoir du film repose sur une nouvelle génération, ces enfants à qui Anberber finira par faire la classe. Hailé Gerima, qui n’avait pas fait le déplacement à Ouagadougou, avait envoyé sa sœur et co-productrice Salome Gerima qui a déclaré chercher des financements pour montrer le film gratuitement dans les universités éthiopiennes.
Palmarès de la 21e édition du Fespaco
Catégorie Long métrage :
- Etalon d'or de Yennenga : Teza de Hailé Gerima (Ethiopie)
- Etalon d'argent de Yennenga : Nothing but the truth de John Kani (Afrique du Sud).
- Etalon de bronze de Yennenga : Mascarades de Lyes Salem (Algérie).
- Prix du jury, prix Oumarou Ganda : Le fauteuil de Missa Hébié (Burkina Faso).
- Prix RFI du public : Le fauteuil de Missa Hébié (Burkina Faso)
- Prix de l'Union européenne : Coeur de lion de Boubacar Diallo (Burkina Faso).
- Mention spéciale du jury : Fantan Fanga de Adama Drabo et Ladji Diakité (Mali).
- Meilleure interprétation féminine ou meilleure actrice : Mousiane Sana dans Les jardins de Samira de Lahlou Latif (Algérie).
- Meilleure interprétation masculine: Rapulana Seiphmo dans Jérusalema de Rufth Ziman (Afrique du Sud).
- Meilleur scénario : L'absence de Mama Kéïta (Guinée).
- Meilleure image : Nick Hofmeyr dans Jerusalema de Rufth Ziman (Afrique du Sud).
- Meilleur son : Mohamed Hassib dans Les démons du Caire de Ahmed Atef (Maroc).
- Meilleure musique : Kamal Kamal dans Adieu mères de Ismaïl Mohamed (Maroc).
- Meilleur décor : Abdelkarim Akallach dans Adieu mères de Ismaïl Mohamed (Maroc).
- Meilleur montage : David Helfand dans Jerusalema de Rufth Ziman (Afrique du sud).
- Meilleure affiche de film : Les feux de Mansaré de Mansour Sora Wade (Sénégal).
Catégorie Court métrage :
- Poulain d'or : Sektou (Ils se sont tus...) de Benaissa Khaled (Algérie).
- Poulain d'argent : C'est dimanche de Guesmi Samir (Algérie).
- Poulain de bronze : Waramutseho (Bonjour) de Bernard Auguste Kouemo Yanghu (Cameroun).
Mention spéciale du jury :
- Le poisson noyé (Imout el hout) de Malik Amara (Tunisie).
- Chant funèbre de Mohamed Mouftakir (Egypte).
Diaspora :
- Prix Paul Robeson : Jacques Roumain, la passion d'un pays de Antonin Arnold (Haïti).
- Mention spéciale du jury : A winter tale de Frances Anne.
Solomon (Trinidad et Tobago).
Catégorie documentaire :
- Nos lieux interdits de Kilani Leila (Maroc).
- Behind the rainbow (le pouvoir détruit-il le rêve?) de Jihan El-Tahri (Egypte).
- Une affaire de nègres (Black business) de Lewat Osvalde (Cameroun)
TV/Vidéo :
- Une femme pas comme les autres de Abdoulaye Dado (Burkina Faso).
- Paris à tout prix de Joséphine Ndangou (Cameroun)
Séries/sitcom :
- L'as du lycée de Missa Hébié (Burkina Faso)
- Prix spécial du jury : When we were black de Khalo Matabane (Afrique du sud).
AUGUSTE GNALEHI
Sources Rfi et BBC
Publié le 25/02/2009 à 12:00 par augustegnalehi
RACISME ET PROSTITUTION AU VATICAN. Tel dévrait être le titre du dernier livre de Sege Bilé !
Le titre
, ET SI DIEU N'AIMAIT PAS LES NOIRS?, selon quelques critiques , pêche un peu par son ton provocateur. Car au fond, il n'agit point de Dieu et son amour pour les Noirs, mais de ceux qui se sont érigés en détenteurs de la parole divine. Il s'agit plus des institutions et des dérives de certains hommes tapis dans l'arrière cour du Vatican
N'empêche, à lire les propos de Serge Bilé et Audifac Ignace, on ne peut que proposer à chacun de lire ce livre qui met au grand jour une certaine hypocrisie, dans une religion où des actions sont menées tous azimuts pour convertir des Africains . Mais aussi où, lorsqu'il s'agit de concrétiser les idées de fraternité et amour prônées, nombreux sont ceux qui manquent à l'appel.
Alors question: faut-il chercher nécessairement Dieu auprès d'une religion qui vous accorde la portion congrue, ou qui vous amène à vous autodiscréditer dans ce que vous avez de plus profond, votre culture ?
Nous vous proposons de lire ce compte-rendu de lecture du canard Enchaîné
AUGUSTE GNALEHI
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Patte blanche au Vatican
"Et si Dieu n'aimait pas les Noirs?"
Par Serge Bilé et Audifac Ignace (Pascal Galaudé Editeurs)
Quinze euros la messe, cinquante la passe. La vie est dure pour les religieux et religieuses venus d'Afrique poursuivre des études de théologie à Rome ou y servir la papauté. Nombre d'entre eux, envoyés au Vatican par leur évêque afin d'étudier, attendent en vain la bourse promise. Pour survivre, ils doivent multiplier les messes, payées entre 15 et 50 euros la séance, au détriment de leurs études. Sans diplôme après la durée normale de leurs recherches, ils se voient retirés leur titre de séjour par le Vatican, et se retrouvent sans papiers dans Rome. Certains sont clochards. D'autres survivent en donnant des messes privées aux impotents des familles aisées.
Pour les religieuses c'est pire. Racolées en Afrique par des congrégations vieillissantes, elles débarquent à Fiumicino pour faire la boniche dans les maisons de retraite et les établissements gérés par la très sainte Eglise. Leur seul salaire se limitant au gîte et au couvert (la bourse promise au départ n'était, également, que fictive), nombre d'entre elles louent leurs charmes pour survivre ou envoyer de l'argent au village. Elles seraient, à en croire les auteurs, plusieurs dizaines à proposer la botte, avec pour principaux clients en Italie les "padri" de l'Eglise.
Ce sort réservé aux ecclésiastiques de la "diversité" résume assez bien les haut-le-cœur que les Noirs inspirent parfois aux dignitaires de l'Eglise. Quand le cardinal béninois Gantin est arrivé à Rome, en 1971, il ne s'est trouvé personne pour venir l'accueillir à l'aéroport, ce qui révolta Paul VI en personne. Chaque nuit, ce proche collaborateur du pape recevait des coups de fil anonymes le traitant de "saleté africaine". Sept ans plus tard, il était cité parmi les "papabili". Mais sa candidature fit long feu. La fumée blanche s'éleva pour l'éphémère Jean-Paul Ier. Il n'aurait pourtant pas été le premier black à s'asseoir sur le trône d'évêque de Rome. Trois Africains ou noirs l'ont précédé dans les premiers siècles de la chrétienté, mais l'iconographie religieuse les représente en Blancs. Blanchi également sur les tableaux officiels, saint Maurice, le patron noir du Valais.
C'est que les nègres ont mauvaise réputation : aux yeux des Monsignori, ils copulent comme des lapins. Pie XII, qui, pourtant, publia quelques écrits antiracistes demanda même aux troupes alliés qui s'apprêtaient à libérer Rome qu'elles n'introduisent pas un seul militaire "de couleur" dans la Ville éternelle afin d'éviter les viols. L'état-major refusa sèchement. Et lorsque, quelques décennies plus tard, des tentatives d'assassinat furent perpétrées contre des religieux noirs, y compris le plus proche collaborateur de Jean-Paul II - un évêque zaïrois -, laissé pour mort dans la résidence d'été de Castel Gandolfo, les enquêtes policières furent promptement étouffées. Mais au moins les religieux noirs ont une consolation : certains de leurs sacrés collègues détestent encore plus les Juifs.
Alain Guédé
Le Canard Enchaîné
n° 4608 du 18 février 2009, page 6.
Publié le 12/02/2009 à 12:00 par augustegnalehi
Reckya Madougou raconte son
combat pour la parole au Bénin
Les tripatouillages de Constitutions ont été nombreux ces dernières années en Afrique. Entre 2003 et 2005, le Bénin, aujourd’hui cité comme un exemple de démocratie sur le continent, a échappé à ce type de manœuvres grâce à de fortes mobilisations citoyennes organisées par plusieurs associations. Reckya Madougou, aujourd’hui ministre de la Microfinance, de l’Emploi des jeunes et des Femmes, a été à l’origine et à la tête de ce mouvement qui s’est opposé à la modification de la Loi fondamentale du Bénin. Elle retrace cette lutte dans Mon combat pour la parole, un livre qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan.
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samedi 7 février 2009, par Stéphane Ballong in afrik.com --------------------------------------------------------------------------------
« Touche pas à ma constitution ! » C’est cette célèbre campagne contre la révision de la Constitution du Bénin - une révision qui devait permettre à l’ancien président Mathieu Kérékou de briguer un troisième mandat -, qui a révélé Reckya Madougou au grand public. Elle était alors présidente de l’association Elan. Cette lutte lui a valu de recevoir du gouvernement américain le prix « Woman of courage award ». Aujourd’hui ministre béninois de la Microfinance, de l’Emploi des jeunes et des femmes, cette diplômée de 3ème cycle en Affaires Internationales, vient de sortir Mon combat pour la parole : un ouvrage qui se donne pour ambition « d’amener à l’élaboration d’une théorie pour appuyer la mobilisation citoyenne ». Reckya Madougou y décrypte d’abord le système Kérékou, du nom de l’ancien président du Bénin, et y explique ensuite les recettes d’une mobilisation citoyenne réussie. L’auteure affirme qu’elle souhaite, à travers ce livre, inciter les populations des pays en proie à des modifications inopportune et opportuniste de leur Constitution à s’inspirer de l’exemple béninois. Interview.
Comment est né Mon combat pour la parole ?
Entre 2003 et 2005, la société civile béninoise s’est organisée pour constituer un bouclier contre le projet de révision inopportune et opportuniste de la Constitution du pays. Dans leur démarche, les organisations la composant ont utilisé des méthodes et des techniques qui ont porté leurs fruits. Ces méthodes et techniques ont pris diverses formes à chaque étape de la lutte. Par exemple : dans ce que j’ai appelé "Les atermoiements de l’Etat", le pouvoir en place au Bénin à l’époque, , lorsqu’il ne pouvait plus modifier la loi fondamentale, a cherché d’autres solutions. L’une d’entre elles a été de dire que le gouvernement n’avait pas suffisamment de moyens pour organiser l’élection. Pour montrer au régime en place que le peuple voulait de cette élection, nous avons décidé de mobiliser les ressources et avons alors créé le fonds d’appui citoyen à la Commission électorale nationale autonome (Cena). Ce geste a été un message très fort pour montrer que le peuple était décidé à organiser les élections. Après que nous ayons fait tout cela sur le terrain, les organismes internationaux ont vu les effets que nos méthodes ont donné sur le terrain. Certaines d’entre elles, dont l’Organisationsation internationale de la Francophonie, nous ont demandé de consigner par écrit tout cela. Et comme c’est mon association, Elan, qui a été le leader du mouvement, elle nous a proposé de laisser des traces. Car, dit-elle, notre lutte n’était pas improvisée, elle a été bien organisée, réfléchie et bien structurée. Il faut que cela profite à d’autre pays, notamment ceux qui sont en proie à des projets de révision de leur loi fondamentale.
Votre livre ne se limite pas aux témoignages, il a également une dimension pédagogique…
Tout à fait, ce livre s’est refusé à raconter uniquement des expériences. Nous avons voulu aller dans des approches méthodiques et pédagogiques, c’est-à-dire que nous ne nous contentons pas de raconter des histoires. Nous expliquons, nous décryptons, et nous montrons comment nous avons procédé. Vous y trouvez ainsi les techniques de monitoring politique, c’est-à-dire comment la société civile peut faire du contrôle citoyen, de l’action politique, de l’action publique, et les instruments et outils qui peuvent être utilisés. Nous citons dans le livre, deux grands types de monitoring politique : il y a d’une part la veille des citoyens, une structure pyramidale mais qui commence par la base. Il s’agit de montrer comment depuis la base on peut remonter, les craintes, les quolibets des populations vers le haut, c’est-à-dire vers les décideurs. Et la deuxième approche qui est l’inverse de la première : montre comment les élites depuis le haut peuvent organiser la base. Comment peuvent-ils la former, l’éduquer. Parce que, pour que la base puisse faire remonter ses attentes au sommet encore faudrait-il qu’elle soit éduquée. Nous avons développé ces deux approches parce que, quand on parle de monitoring politique, les gens ont l’impression qu’on leur parle chinois. Mais en fait, c’est une méthode, c’est une démarche qui a ses principes, ses techniques, ses outils et instruments.
Pendant votre lutte, vous dites avoir été approchée par les proches de Mathieu Kérékou pour collaborer au tripatouillage de la Constitution de votre pays. Comment cela s’est-il passé concrètement ?
Comme cela se passe habituellement dans nos pays. Vous portez une idée, une idée qui va à l’encontre des intérêts d’une caste de gouvernants, on vous approche et on vous propose de l’argent, des biens matériels, et on se dit qu’avec la faiblesse humaine par rapport aux biens matériels vous abandonnerez vos idées. Malheureusement pour ce gouvernement, ils avaient en face d’eux des jeunes qui croyaient réellement en ce qu’ils faisaient, et qui n’étaient mue que par un idéal, celui d’empêcher le tripatouillage de la Constitution. Quand j’ai été approchée, j’avais simplement répondu que le mouvement que je dirigeais ne pouvait abandonner son idéale pour des questions bassement matérielles. J’ai d’abord reçu une offre de 50 millions de francs CFA. Pour rigoler, je leur ai dit que nous étions cinq dans le bureau ce qui faisait 10 millions d’euros par tête, et que cela ne valait pas le coup. Ils l’ont pris au premier degré et m’ont demandé si je voulais qu’ils augmentent la mise. De ce type de corruption, on en est arrivé à un autre. Un poste ministériel m’a ainsi été proposé dans le gouvernement. J’ai également refusé cette offre.
Quel regard portez-vous sur ce qui se passe au Niger où manifestement le régime tente de contourner la Constitution pour demeurer au pouvoir ?
C’est totalement scandaleux que les pays africains en soient encore à des étapes de révisions opportunistes. Les Constitutions, comme dit Koffi Annan, ne sont pas faites pour servir les intérêts à court terme des dirigeants, mais pour protéger les avantages à long terme des populations. Il faut que nous quittions dans nos Etats africains cette dynamique des révisions opportunistes des Constitutions. Même si nos Constitutions doivent être modifiées, parce qu’elles peuvent ne pas être parfaites, cela doit être fait de façon pertinente et surtout de façon concertée. C’est ce à quoi nous travaillons au Bénin.
Est ce que le fait d’être rentrée dans le gouvernement du président Yayi Boni, n’a pas affaibli pas votre pouvoir de contestation ?
Au lendemain de l’élection présidentielle de mars 2006, pour avoir été très active à la tête de mon association Elan, je faisais partie des personnes qui, à coup sûr, étaient pressentie au gouvernement. Mais j’ai refusé d’entrer au gouvernement parce que j’ai pensé que ma lutte ne devait pas être associée à un besoin d’intérêt personnel. La question est revenue une deuxième fois lors du premier remaniement du gouvernement par le président Yayi Boni, mais je n’étais toujours pas prête. Finalement, à la troisième offre je suis rentrée au gouvernement. Mais j’avoue que la décision a été très difficile à prendre. Certains amis de la société civile m’y ont encouragé en me disant qu’il fallait aussi montrer que nous ne sommes pas là que pour critiquer mais que nous pouvons aussi participer à l’œuvre d’édification nationale. Et je peux vous assurer que mon pouvoir de prise de parole n’est pas encore en danger. Voyez-vous, si j’ai pu écrire Mon combat pour la parole, c’est je ne me retrouvais pas dans un espace où la prise de parole était confisquée.
Pour revenir à votre fonction de ministre, on peut lire ici et là que le secteur de la microfinance dont vous êtes en charge est en crise profonde. Que répondez-vous à cela ?
Point du tout ! Je peux vous dire que cela est absolument faux.
C’est pourtant ce que disent messieurs René Azokli et Wakil Adjibi…
Justement, ce sont deux personnes qui ont eu des problèmes personnels. Il ne s’agit pas de problèmes sectoriels. Monsieur Azokli, par exemple, a dirigé une institution de microfinance que le ministère des finances a contrôlé et à qui on reproche un certain nombre de chose. Je n’en dis pas plus parce que l’affaire est pendante devant la justice. Forcément, ces gens ne peuvent avoir qu’un regard négatif. Il y a d’ailleurs eu récemment une enquête informelle de Planète Finance, une grande organisation crédible spécialisée dans la microfinance, qui également a eu vent de ces fausses informations. Mais ils sont venus au Bénin et ont parcouru le pays de long en large. Leur conclusion a été claire. Ils ont fait une différence entre le secteur de la microfinance qui se porte bien, et l’affaire concernant le sieur Azokli qui est bien particulier.
Reckya Madougou, Mon combat pour la parole. Ed. L’Harmattan, 230p, 2009.
Publié le 20/01/2009 à 12:00 par augustegnalehi
BRESIL./ OBAMA ELU PRESIDENT DES 1926
L'auteur brésilien Monteiro Lobato a imaginé l'accession au pouvoir d'un président noir.
Son roman de science-fiction, oublié depuis quarante ans, est actuellement édité dans
de nombreuses langues.
"Le président noir, le choc des races", titre original de l'édition de 1926
L'élection de Barak Obama, premier président noir des Etats-Unis, a fait flamber les ventes d'un roman brésilien de science-fiction écrit en 1926. O Presidente Negro [Le président noir], de José Bento Monteiro Lobato, raconte l'histoire de Jim Roy, un homme politique brillant et charismatique, premier président noir des Etats-Unis, élu en 2228. L'œuvre, oubliée pendant quarante ans, a été réimprimée en mars par la plus grande maison d'édition brésilienne, Organizações Globo, alors que les primaires démocrates battaient leur plein. Dans le livre, Roy affronte une féministe blanche appelée Evelyn Astor.
Aujourd'hui, cette œuvre – qui expose par ailleurs des problématiques racistes – a acquis une renommée internationale. Le mois dernier, elle a été publiée en Italie ; et elle va prochainement être traduite en anglais et en espagnol. Le président brésilien Lula da Silva a déclaré en juin dernier que Monteiro Lobato était un visionnaire.
Le livre, écrit à l'origine en vieux portugais, a été réédité à 15 000 exemplaires en mars dernier, après un travail de modernisation de la langue. La publicité dans les journaux mentionne que toute ressemblance avec des faits réels est purement fortuite.
Sept mille exemplaires d'O Presidente Negro ont déjà été vendus. Au Brésil, on glose beaucoup sur l'idéologie raciste du livre et ses prédictions sur l'essor de la Chine et d'un système comme Internet. "Nous savions que nous étions assis sur une mine d'or", a déclaré Lucia Machado, PDG de Globo Books. "Les ventes représentent le double de ce qui est considéré comme un succès littéraire au Brésil" ajoute-t-elle.
Monteiro Lobato est célèbre au Brésil pour ses contes pour enfants, notamment Reinações de Narizinho. "Le président noir" a été critiqué pour sa mise en scène de l'eugénisme, cette idéologie qui vise à améliorer la race humaine grâce à la génétique telle que l'ont pratiquée les nazis. L'histoire se passe en effet dans une ère où règne la pureté raciale et où les Noirs subissent blanchiment et stérilisation. Le récit se termine tragiquement, avec la mort de Roy au matin de sa prise de pouvoir.
"Si les gens sont scandalisés, c'est à juste titre", explique Alexandra Montague, docteur en littérature brésilienne à la Brown University de Rhode Island et traductrice en anglais de l'ouvrage de Monteiro Lobato. "Dans sa correspondance, on voit bien qu'il éprouvait des sympathies pour certaines des thèses les plus extrémistes du roman", constate-t-elle. Dans le livre, les propos de Jane, la séduisante fille d'un scientifique brésilien qui anticipe la ségrégation aux Etats-Unis, sont sans équivoque. "Notre solution fut médiocre", dit Jane à propos du mélange entre Européens et esclaves africains au Brésil. "La fusion des deux races a entraîné leur perte. Le Noir a perdu ses admirables qualités physiques et l'homme blanc y a perdu en force de caractère." Des propos qui dérangent aujourd'hui dans un pays comme le Brésil, où la moitié de la population se considère noire ou métisse.
Monteiro Lobato est mort en 1948, à 66 ans. Sa petite-fille, Joyce Campos, 79 ans, a tenu à rappeler que l'auteur avait flirté avec l'eugénisme comme bon nombre de Brésiliens progressistes de l'époque. Elle souligne que ses opinions ne doivent pas éclipser l'écrivain, le réformateur de la santé publique et le promoteur de la nationalisation de l'industrie pétrolière brésilienne, une réforme qui lui avait d'ailleurs valu à l'époque un séjour en prison. "'Le président noir' avait pour vocation de susciter le débat", conclut-elle au cours d'un entretien téléphonique depuis São Paulo. Monteiro Lobato avait 44 ans quand le livre a été publié en 1926. Quelques années plus tard, il visitait les Etats-Unis pour la première fois.
Joshua Goodman
Clarín
Publié le 17/01/2009 à 12:00 par augustegnalehi
50 ANS DE MADONNA, PRINCE ET MICHAEL JACKSON
Il est le roi de la pop, elle en est la reine, et le dernier - qui n'a rien d'un héritier - en est le prince. Michael Jackson, Madonna et Prince : trois stars planétaires célèbrent en 2008 leurs 50 ans. Aucun n'a réellement envie de tirer le bilan. Hyperactivité, rémanence et bistouri, tout est bon pour durer. Mais les superstars sont-elle immortelles ?
Il faut ajouter un quatrième anniversaire à cette année 2008. Le top 100 du Billboard américain, qui publie chaque semaine le hit-parade des singles selon les chiffres de vente et les diffusions en radio, fête lui aussi son cinquantième anniversaire. L'occasion de dévoiler quelques classements historiques. Notamment le All-Time Top Artists, qui distingue les artistes selon différents critères (nombre de singles, numéros 1, disques dans le top 10...). Derrière les Beatles, Madonna arrive en seconde position, Michael Jackson en 8e, et Prince en 16e. Tous les trois ont été introduits au Rock and roll Hall of Fame, le panthéon du rock américain. Michael Jackson y est même entré deux fois : en solo et avec son groupe les Jackson Five. Leurs carrières, quoi qu'en pense la critique, sont émaillées de records. Pourtant, rien de plus difficile que de se maintenir en haut de l'affiche.
Starifications
Une donnée fondamentale lie Michael Jackson à Prince et Madonna. Tous trois sont des artistes de la génération MTV. La chaîne musicale et ses célèbres cérémonies de remise de prix ont popularisé le clip vidéo au point d'en faire un élément essentiel de la création. Là où le concert était le seul moyen pour le public de découvrir les artistes à l'oeuvre, le clip introduit un nouveau type de rapport à la musique. Il ne s'agit plus que d'écouter, il faut aussi voir. Loin de ne constituer qu'un outil de communication marketing, la vidéo multiplie les voix d'expressions et place l'artiste en acteur, en interprète physique de son oeuvre. Et c'est bien parce qu'ils ont su intégrer cette petite révolution que ces trois stars américaines sont devenues les plus populaires de leur génération. Le jeu ne leur fait pas peur. Mieux, ils sont danseurs, apprentis comédiens, conscients que leur image va servir leur musique. Michael Jackson fait ses premiers pas sur le devant de la scène avec ses frères en 1964. Prince sort un premier album studio, 'For You', en 1978. La petite dernière, Madonna, apparaît en 1982 avec le single 'Everybody'. Ils ne cessent alors de se réinventer, de jongler avec les modes, et de se frotter à la morale pour mieux ériger leurs légendes. Avec près de 60 millions de copies écoulées, 'Thriller' de Michael Jackson est aujourd'hui l'album le plus vendu au monde. Sorti en 1984, 'Purple Rain' de Prince se vend à quelque 20 millions d'exemplaires et l'album 'True Blue' de Madonna (1986), sur lequel figure 'La Isla bonita', s'est écoulé à plus de 25 millions d'exemplaires. Tous les trois ont enchaîné les disques, amassé les millions et les récompenses. Des icônes de la musique qui ont atteint le demi-siècle avec des hauts et des bas, mais qui comptent bien poursuivre sur la voie royale qu'ils se sont tracée. Envers et contre la crise du disque, chacun y va de sa stratégie.
La frénésie
A la chute vertigineuse des ventes d'albums, Madonna répond par le pragmatisme. En 2005 elle propose 'Hung Up' au téléchargement payant, limitant ainsi le piratage, et assurant au titre des chiffres records. 'Confessions on a Dance Floor', l'album dont est extrait le single, connaît lui aussi une excellente carrière. S'ensuit une tournée mondiale qui, avec plus de 190 millions de dollars, s'avère la plus lucrative de l'histoire pour une artiste féminine. La Ciccone (son vrai nom) l'a bien compris, l'avenir des artistes est sur scène. Après huit ans sans se produire en live, elle enchaîne les concerts depuis 2001. Mieux, en 2007 elle signe un contrat historique de 120 millions de dollars avec la société Live Nation pour l'organisation de ses tournées et la production de ses disques. Un choix qui va vite s'avérer judicieux. Son nouvel opus, 'Hard Candy', sorti en avril 2008 et descendu par la critique, s'est péniblement vendu à 3 millions d'exemplaires après six mois d'exploitation. Le Sticky and Sweet Tour, qui compte une cinquantaine de dates, devrait compenser les scores médiocres de l'album. Pour rester dans le coup Madonna collabore avec des valeurs montantes de l'industrie du disque comme Justin Timberlake et Pharrell Williams. Artiste de la réinvention, elle semble pourtant avoir trouvé avec son nouveau look gangster chic les limites du jeunisme acharné. Son show millimétré est lui aussi critiqué pour son manque de spontanéité. Pourtant, proportionnellement aux ventes de disques en 2008, 'Hard Candy' s'en sort plutôt bien. Et la star est sur tous les fronts. Après une carrière d'actrice médiocre, Madonna revient au cinéma par la réalisation ('Obscénité et vertu') et la production d'un documentaire à caractère humanitaire : 'I Am Because We Are'. A peine a-t-elle le temps d'adopter un enfant que la voilà gesticulant dans un nouveau body. Pas le temps de s'arrêter, Madonna court après le temps, au risque de se prendre les pieds dans sa corde à sauter. Lire la suite de Rester dans la lumière »
L'audace
Si l'on reproche à Madonna d'avoir vendu son âme au diable matérialiste, Prince, lui, fait figure de rebelle dans l'industrie du disque. A juste titre. En 1993, il est l'une des premières grosses stars à refuser définitivement de subir la loi des réseaux traditionnels de distribution. Prince se déclare asservi par le système. Il le paie sévèrement. Réfugié derrière un pseudonyme résumé sous l'intitulé Love Symbol, il sort des albums au succès plus "confidentiel". En 2000, lorsqu'il récupère l'usage de son nom, l'artiste a perdu de sa notoriété. Pourtant si les ventes de ses albums ne peuvent rivaliser avec le succès de 'Purple Rain' ou de 'Diamonds and Pearls', Prince bénéficie toujours d'un grand soutien de la critique et d'un public de fidèles. Pour preuve, la tournée 'Musicology', qui suit la sortie de l'album éponyme en 2004, devient la plus lucrative de l'année. Et pour mieux s'assurer la reconnaissance de ses fans - pour mieux prendre le contre-pied de l'édition musicale - le chanteur fait distribuer le disque aux spectateurs. Nouvelle conception de la diffusion : l'album et le ticket de concert dans un "package". Trois ans plus tard, l'artiste frappe encore plus fort. Au Royaume-Uni, l'album 'Planet Earth' est offert en bonus d'une édition du Mail of Sunday exceptionnellement tirée à 3 millions d'exemplaires. Difficile de dire si ces coups marketing tiennent plus d'un réel engagement que d'une volonté de se démarquer. Reste que dès le début de sa carrière, Prince a souhaité garder le contrôle total de ses productions. Précurseur de la distribution par Internet, artiste complet, il poursuit sa carrière dans une abondance de compositions. Sorti de l'arène médiatique, il prône la simplification des échanges entre les artistes et le public. Une méthode qui intéresse de plus en plus de musiciens.
La survivance
Si certaines impulsions données récemment à leurs carrières par Madonna ou Prince laissent présager de leur avenir, Michael Jackson semble lui tourner en rond avec un nombre record de projets annoncés puis écartés. Depuis 2001 et la sortie de 'Invincible', le chanteur préfère se reproduire. Après que Sony a décidé de rééditer les uns derrière les autres ses plus célèbres singles au premier semestre 2006, après les sorties pêle-mêle de 'Number Ones' en 2003, 'The Ultimate Collection' en 2004, 'The Essential Michael Jackson' en 2005, 'Thriller 25' vient célébrer les 25 ans de l'album du même nom dans une version collector enrichie d'inédits et de duos avec Will-I-Am ou Akon. Et pour fêter les 50 ans de la star, 'King of Pop' - encore un best of - sort le 29 août 2008. Beaucoup de recyclage. Les déboires de l'artiste avec la justice et ses démêlés avec sa maison de disques qui aurait mal assuré la promotion de son dernier album inédit y sont pour beaucoup. Reste que l'échec d''Invincible' se chiffre à 8 millions d'exemplaires écoulés (rien que ça), et que l'album détient le record du disque le plus vendu par un artiste étranger en France sur une semaine, devant 'Confessions on a Dance Floor' de Madonna, sorti en 2005. On parle de 2009 pour un nouvel opus. La carrière du chanteur s'enlisant dans la commémoration depuis quelques années, rien n'est moins sûr. Mais Michael Jackson maîtrise l'art d'exister sans se fatiguer. Le consommateur, lui, pourrait bien finir par se lasser.
Il n'y a pas de recette miracle pour traverser les âges et survivre aux modes. L'un revisite son répertoire, l'autre s'acoquine avec la jeune génération pour coller au plus près des dernières tendances, le troisième a renoncé depuis belle lurette aux exigences de l'économie de marché. Chacun y a perdu un peu de son aura, tout en ayant son étoile bien accrochée au firmament de la musique. On ne leur souhaite pas forcément - à nous non plus d'ailleurs - 50 nouvelles années de règne musical. La jeune génération a de l'énergie à revendre et l'époque n'est plus aux mythes durables. Les succès sont éphémères. Et les records de vente risquent de plafonner. Reste que pour survivre, il faudra accepter de mouiller sa chemise et de prendre quelques risques. Notamment celui de revoir ses ambitions à la baisse.
Thomas Flamerion pour Evene.fr - Octobre 2008
Publié le 06/01/2009 à 12:00 par augustegnalehi
LEBEL ET CECILE UN AN DEJA...
Jour de communion et jour de joie que ce jour 13 décembre 2008 pour le couple Ilboudo et pour la rédaction de Ouaga.info. Et pour cause. Alexandre Lebel Ilboudo, Rédacteur en Chef de votre portail d'informations, et Cécile Diéni ont célébré le onzième anniversaire de leur rencontre et le premier de leur mariage. Ils se sont souvenus de ce jour du 13 décembre 2007 où devant parents, amis , collègues et confrères, ils se sont dit oui à la mairie et Oui devant Dieu à l'Église. Ils ont réitéré le samedi 13 decembre 2008 leur engagement et demandé à tous de les aider par des prières et des conseils.
En cette heureuse circonstance, l'administration et le personnel de Ouaga.info
leur ont souhaité joyeux anniversaire et ont recommandé au couple aux multiples grâces de sanctification et de prospérité de Dieu le Tout-Puissant.
La Rédaction de ouaga.info
Publié le 31/12/2008 à 12:00 par augustegnalehi
Publié le 16/12/2008 à 12:00 par augustegnalehi
LE DEUIL DES EMERAUDES DE ASSAMALA AMOI AU CENTRE D'UN DEBAT
En collaboration avec la Librairie Soleika, l’association Point de lecture de notre confrère KOFFI KOFFI, critique littéraire, organise son dix-huitième Café littéraire autour du roman de Assamala Amoi intitulé
Le Deuil des émeraudes , roman de 299 pages édité en 2005 chez La Bruyère Editions, à Paris. Il convient de rappeler que Assamala Amoi vit depuis quelques années en France.
Cette rencontre littéraire aura lieu le lundi 22 décembre 2008 à partir de 17h 00, à la Librairie Soleika, aux Deux Plateaux, Rue des jardins, Immeuble Radio Femme Solidarité. En effet cette librairie qui accueille ce dix-huitième Café littéraire, le dernier de l’année 2008, appartient à Josette Abondio, écrivain(e) et ancienne présidente de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire (AECI). C’est une librairie ésotérique. Ce dix-huitième café littéraire sera placé sous le parrainage et la présence effective de Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.
En somme, les cafés littéraires sont un espace libre et ouvert d’échanges en vue de la promotion du livre et de la lecture. Ils sont ouverts au public, sans aucune distinction. Bien plus, ils se veulent un cénacle, un espace de célébration et de promotion de la culture, et singulièrement de la littérature.
Outre,
Le deuil des émeraudes Assamala Amoi a écrit
Appelez-moi Bijou, roman, Abidjan, CEDA ;
Impasse, nouvelles, Abidjan, CEDA.
AUGUSTE GNALEHI
augustegnalehi@hotmail.com
Publié le 13/12/2008 à 12:00 par augustegnalehi
TRACY CHAPMAN
"NOS SOCIETES SACRIFIENT UNE PARTIE DE LA JEUNESSE"
Propos recueillis par Rémy Pellissier pour Evene.fr - Décembre 2008
Après l'incroyable succès qui a marqué ses débuts, la chanteuse a poursuivi sa route sans se poser de questions. Elle continue inlassablement de chanter les malaises de la société et l'amour, de sa voix incomparable. Elle sort aujourd'hui l'album 'Our Bright Future' et entame une tournée solo dans toute la France.
Lors de cette rencontre, la star se montre très pondérée, pesant chaque mot pour expliquer sa pensée de la manière la plus juste. Artiste engagée, elle soutient de nombreuses causes, s'est affichée en faveur de Barack Obama et n'hésite pas à utiliser sa musique et sa popularité pour défendre une certaine idée de l'humanisme. Vingt ans après son tube planétaire, Tracy Chapman parle encore de révolution…
Vous avez connu un énorme succès avec votre premier disque et le titre 'Talking 'bout a Revolution'. Cela a-t-il été difficile de continuer après un tel début de carrière ?
Pas vraiment. Evidemment, j'ai ressenti une certaine pression après ce tube. Mais l'une des conséquences de ce genre de chose est que cela motive tout le monde autour de soi pour continuer. Il y avait une émulation, et j'ai pu construire ma carrière sur des bases solides. Si le premier disque n'avait pas marché, Dieu seul sait ce qui serait arrivé. Je me serais sûrement posé la question de faire quelque chose qui allait avoir du succès, qui pourrait me faire vivre. Alors que là, j'ai joué la musique que je voulais faire, et le public a aimé. Je n'avais qu'à continuer…
Aujourd'hui, la tournée que vous débutez en Europe va se dérouler en solo, ce que vous n'avez pas fait depuis vingt ans. Pourquoi ce choix ?
Cela part d'une envie de revenir à des salles plus petites. J'y avais déjà pensé après mon deuxième album, mais je n'étais pas prête. Récemment, certains de mes fans m'ont demandé si je comptais rejouer seule sur scène un jour. Je me suis donc décidée, et je suis sûre que cela va être très agréable. Avec un groupe, il faut être sûr que tous les musiciens savent quelle chanson jouer à quel moment. On ne peut pas improviser. En solo, je peux changer plein de choses comme j'en ai envie. Si quelqu'un dans le public demande une chanson en particulier, je peux la faire tout de suite. Si je veux changer de tempo, m'arrêter, je peux le faire. Ca ressemble aux concerts dans les clubs, comme à mes débuts. J'ai vraiment hâte de commencer cette tournée pour défendre mon album car les versions scéniques des chansons risquent d'être très différentes…
Effectivement, on peut entendre sur votre dernier disque un son très travaillé. Comment avez-vous procédé pour l'enregistrement ?
On a en effet beaucoup veillé à cet aspect. Les gens écoutent de plus en plus des chansons compressées, en mp3 par exemple. Avec ce procédé, on détruit la palette musicale, la richesse du résultat. Or, beaucoup d'ingénieurs du son prennent cela en compte et ne se fatiguent plus pour avoir un beau rendu dans de bonnes conditions d'écoute. Nous, au contraire, on a vraiment travaillé "à l'ancienne" pour obtenir une sonorité optimale. Libre ensuite au public de compresser mes chansons. Mais il est important pour moi que les auditeurs qui le désirent puissent avoir accès à une très belle qualité musicale. Lire la suite de Musique citoyenne »
Au-delà de la musique, les paroles revêtent chez vous une grande importance. Ce dernier opus s'appelle 'Our Bright Future' ("Notre brillant avenir"). Ce titre semble très ironique…
Effectivement ! (rires) Le nom de cet album vient de l'une des chansons qui le composent. Elle parle de guerre et de la façon dont on demande à des gens de risquer leur vie pour des causes qu'on peut largement mettre en doute. Nos sociétés sacrifient une partie de la jeunesse pour des sortes de jeux monstrueux. Ce texte me vient de l'exemple précis de mon pays, les Etats-Unis, qui est entré dans une guerre inutile en Irak, qui semble ne jamais vouloir s'arrêter. Elle ne sert qu'aux multinationales du pétrole. Partir en guerre pour des intérêts économiques, ce n'est vraiment pas le futur que j'imagine pour nos enfants. Il faut absolument trouver des solutions pour arrêter ce gâchis. Paradoxalement, ce titre relève donc de l'ironie tout en tentant de montrer la voie pour que notre avenir soit effectivement plus brillant. Et dans ce disque, tout tourne autour de cette idée, au travers de plusieurs thèmes : pauvreté, écologie, guerre…
Justement, cela fait vingt ans que vous chantez en essayant de faire évoluer les choses. N'êtes-vous pas découragée de voir que rien ne bouge, ou même que nos sociétés ne vont pas dans le bon sens ?
Non, je suis toujours globalement motivée. Il n'est pas réaliste d'attendre une progression linéaire vers le bonheur de l'humanité. Il y a des étapes à franchir. On fait des progrès puis on recule, comme en ce moment par exemple. Mais le fait qu'un Afro-Américain soit devenu président des Etats-Unis me redonne de l'espoir. On n'aurait pas pu envisager cela il y a quelques années. C'est donc un progrès, même si la situation du monde n'est pas réjouissante. Il y a vraiment beaucoup de travail pour améliorer la vie des gens dans de nombreux domaines. Mais ce n'est pas une raison pour arrêter de lutter. Il faut faire quelque chose, avoir la volonté de changer la société. Et j'espère que Barack Obama sera à la hauteur…
Le supportez-vous publiquement ?
Oui ! Je n'ai jamais voté pour les Républicains, je n'allais pas commencer aujourd'hui... (rires) Et j'ai vraiment essayé d'encourager les gens à voter, à prendre en main leur futur. Beaucoup avaient abandonné une part du pouvoir qu'ils avaient de changer les choses et je trouve ça très dommageable… Par le passé, je n'avais jamais parlé de mon engagement politique publiquement, c'est la première fois. Mais il faut dire que la situation était exceptionnelle, autant par l'urgence de cesser la politique détestable de Bush que par l'espoir que représente Barack Obama.
Plus généralement, faites-vous partie des "artiste engagés" ?
Pas vraiment. Tout le monde a un rôle à jouer dans le processus de changement de la société. Il faut faire ce que l'on peut avec ce que l'on a. Comme je suis musicienne, j'utilise ce biais pour agir. Mais je ferais pareil si j'étais professeur, charpentier, infirmière, ou quoi que ce soit d'autre. Il s'agit simplement de soutenir des associations ou des gens en lesquels je crois, qui font un travail intéressant et important. J'essaie simplement d'être utile, je n'hésite jamais à aider des gens qui s'engagent de façon plus concrète. Ensemble, on tente de collecter de l'argent ou simplement d'éveiller les consciences. Mais je ne pense pas qu'il faille mettre une étiquette sur les chanteurs qui essaient de faire changer les choses. C'est juste une question de citoyenneté, d'humanité. On appartient tous au même monde. Auparavant, les gens étaient plus isolés, ils ne savaient pas tout. Mais aujourd'hui, on n'a plus d'excuses, avec la mondialisation, les médias et toutes les technologies de la communication. Tout ce qui se passe quelque part a une influence ailleurs. C'est donc de la responsabilité de tout le monde d'agir dans le bon sens.
Propos recueillis par Rémy Pellissier pour Evene.fr - Décembre 2008
Publié le 02/12/2008 à 12:00 par augustegnalehi
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augustegnalehi@hotmail.com
QUELQUES CONSEILS AUX ECRIVAINS EN HERBE
par Bernard Werber
1. - LE DESIR
Ecrire? Au commencement est le désir. Se demander pourquoi on a envie d'écrire. Si c'est pour faire une psychanalyse par écrit (et donc économiser 25 ans et 100 000 euros) mieux vaut renoncer. Si c'est pour gagner de l'argent ou avoir de la gloire, ou passer à la télévision ou épater sa maman, renoncer. La seule motivation honorable me semble être: parce que l'acte d'écrire, de fabriquer un monde, de faire vivre des personnages est déjà une nécessité et un plaisir en soi (on peut aussi admettre comme motivation: épater une fille dont on est amoureux).
2. - LES HANDICAPS
Le principal problème de l'écriture, c'est que c'est un acte solitaire absolu. On est seul avec sa feuille et soi même. Si on a rien à dire aux autres ni à se dire à soi même, l'écriture ne va que vous faire mesurer ce vide intérieur. Désolé. Il n'y a pas d'acte qui ne soit pas avec des contreparties. Si vous devenez écrivain professionnel «sérieux » préparez vous à passer au moins 5 heures par jour enfermé seul devant un ordinateur, une machine à écrire ou un calepin. Vous en sentez-vous capable?
3. - UN ARTISANAT
On dit que pour réussir il faut trois choses: le talent, le travail et la chance. Mais que deux suffisent. Talent plus travail, on n'a pas besoin de chance. Talent plus chance, on n'a pas besoin de travail. Travail plus chance, on a pas besoin de talent. Vu qu'on ne peut pas agir sur la chance, mieux vaut donc le talent et le travail.
Comment savoir si on a le talent...? En général les gens qui ont le talent d'écrire ont déjà pris l'habitude de raconter des histoires à leur entourage. Ils prennent plaisir à relater des événements vécus ou lus, et naturellement on a envie de les écouter. Ce n'est pas obligatoire mais c'est un premier signe. Souvent les gens qui racontent bien les blagues finissent par comprendre les mécanismes d'avancée d'une intrigue et d'une chute. La blague est l'haïku du roman. D'ailleurs tout bon roman doit pouvoir se résumer à une blague.
4. LIRE
On doit lire le genre de livres qu'on a envie d'écrire. Ne serait-ce que pour savoir ce que les autres auteurs, confrontés aux mêmes problèmes, ont fait. On doit aussi lire les livres des genres qu'on n'aime pas forcément ne serait ce que pour savoir ce qu'on ne veut pas faire.
5. SE TROUVER UN MAITRE D'ECRITURE
Se trouver un maître ne veut pas dire copier, ni plagier. Cela veut dire être dans l'esprit, la liberté, la manière de développer les histoires de tel ou tel. Il n'y a pas de contradictions avec la loi un peu plus bas sur l'originalité. Lire peut vous permettre de décomposer les structures comme si on démontait un moteur de voiture Mazeratti pour voir comment c'est fait. Cela ne vous empêche pas de construire autrement une Lamborgini.
6. ACCEPTER LE STATUT D'ARTISANAT
Ecrire est un artisanat. Il faut avoir le goût à ça, puis l'entretenir régulièrement. Pas de bon écrivain sans rythme de travail régulier. Même si c'est une fois par semaine. Ensuite on est tout le temps à l'école. Chaque livre va nous enseigner un petit truc nouveau dans la manière de faire les dialogues, le découpage, de poser vite un personnage, de créer un effet de suspense. C'est ça l'artisanat. Surtout ne vous laissez pas impressionner par les passages des écrivains à la télévision ou les interviews de ces écrivains... Ce ne sont que des attitudes. Le vrai artisanat ne peut pas être montré là-bas. Et n'oubliez pas que ce n'est pas parce qu'un auteur passe bien à la télé ou est beau ou souriant que c'est un bon artisan. C'est juste un bon type qui passe à la télé dans le rôle d'écrivain. En général plus ils sont sérieux, plus ils impressionnent. La seule manière de savoir ce que vaut un écrivain est de le lire. La seule manière de savoir ou vous en êtes dans votre artisanat est de demander à vos lecteurs ce qu'ils pensent de vos livres.
7. L'INSPIRATION
En fait, bien souvent, l'inspiration vient d'une résilience. On souffre dans sa vie donc on a besoin d'en parler par écrit pour prendre le monde à témoin. Par exemple quelqu'un vous a fait du mal; vous ne vous vengez pas par des actes, vous vous vengez par écrit en fabriquant une poupée à son effigie et en y plantant des aiguilles d'intrigue. A la fin le héros casse la figure à la poupée à l'effigie de votre adversaire. On dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire. Je le crois. Si on est complètement heureux satisfait de tout ce qu'on a déjà pourquoi se lancer dans l'aventure hasardeuse de l'écriture ? A la limite je conçois qu'une fois qu'on est écrivain professionnel l'écriture devienne en soi une sorte de quête du graal, du livre parfait, mais là encore c'est une frustration à régler. Donc une souffrance. Oui dans l'écriture il y a forcément une vengeance contre quelque chose ou quelqu'un. Ou en tout cas un défi à relever.
8. - L'ORIGINALITE
Un livre ou une histoire doit apporter quelque chose de nouveau. Si ce que vous faites est dans la prolongation de tel ou tel ou ressemble à tel ou tel ce n'est pas la peine de le faire. Tel ou tel l'a déjà fait. Il faut être le plus original possible dans la forme et dans le fond. L'histoire ne doit ressembler à rien de connu. Le style doit être neuf. Si on dérange des imprimeries et si on abat des arbres pour avoir de la pâte à papier, c'est qu'il faut avoir quelque chose à apporter en plus avec son manuscrit.
9. LA FIN
Si le lecteur découvre qui est l'assassin ou comment va se terminer le livre dès le début ou le milieu, vous n'avez pas rempli votre contrat envers lui. Du coup, pour être sûr d'avoir une fin surprenante, il vaut mieux commencer par écrire la fin puis le cheminement qui empêchera de la trouver.
10. - SURPRENDRE
Il faut surprendre à la conclusion, mais il faut toujours avoir une envie de surprendre à chaque page. Il faut que le lecteur se dise à chaque fois «ah ça… je ne m'y attendais pas». Les romains inscrivaient à l'entrée des théâtres "Stupete Gentes" qu'on pourrait traduire «Peuple préparez vous à être surpris ». Surprendre son lecteur est une politesse.
11. NE PAS VOULOIR FAIRE JOLI
Beaucoup de romanciers surtout en France, font du joli pour le joli. Ils enfilent les phrases tarabiscotées avec des mots de vocabulaire qu'il faut chercher dans le dictionnaire comme on enfile des perles pour faire un collier. Cela fait juste un tas de jolis phrases. Pas un livre. Ils feraient mieux d'être poètes. Au moins c'est plus clair. Toute scène doit avoir une raison d'être autre que décorative. Le public n'a pas (n'a plus?) la patience de lire des descriptions de paysages de plusieurs pages ou il ne se passe rien, ni des dialogues sans informations qui n'en finissent pas. La forme ne peut pas être une finalité, la forme soutien le fond. Il faut d'abord avoir une bonne histoire ensuite à l'intérieur on peut aménager des zones décoratives, mais sans abuser de la patience du lecteur.
12. RECOMMENCER
Ne pas avoir peur de tout recommencer. En général le premier jet est imparfait. On a donc deux choix, soit le rafistoler comme une barque dont on répare les trous dans la coque avec des bouts de bois, soit en fabriquer une autre. Ne pas hésiter à choisir la deuxième solution. Même si l'informatique et le traitement de texte autorisent toujours des rafistolages. C'est un peu comme le "master mind". C'est parfois lorsqu'on a tout faux qu'on déduit le mieux comment faire juste. J'ai refait 120 fois "les fourmis" et franchement les premières versions n'étaient pas terribles.
13. LES LECTEURS TESTS
Trouver des gens qui vous lisent et qui n'ont pas peur de vous dire la vérité. La plupart des gens auxquels vous donnerez votre manuscrit à lire se sentiront obligés de vous dire que c'est la 7ème merveille du monde. Cela ne coûte pas cher et ça n'engage pas ; Par contre dire à un auteur, "Ton début est trop long, et ta fin n'est pas vraissemblale" signifie souvent une fâcherie avec l'auteur. Pourtant ce sont ceux qui auront le courage de vous dire cela qui seront vos vrais aides. Et c'est à eux qu'il faudra donner en priorité vos manuscrits à lire pour avoir un avis. Vous pouvez aussi écouter les félicitations pour les scènes réussies. Mais ne soyez pas dupe. Mettez votre ego de coté. Fuyez les flatteurs qui ne sont pas capables d'expliquer pourquoi cela leur a plu.
14. RACONTER A VOIX HAUTE
Ne pas hésiter à raconter oralement votre histoire. Tant pis si vous prenez le risque de vous faire piquer l'idée. En le racontant oralement, vous sentez tout de suite si cela intéresse et vous vous obligez à être synthétique et efficace. Voir en direct ses lecteurs réagir à une histoire est très instructif.
15. LES PERSONNAGES
Soigner les caractères des personnages principaux en faisant une fiche avec leur description physique, leur tics, leurs vêtements, leur passé, leur blessures, leurs ambitions. Prenez pour fabriquer un personnage des caractéristiques à vous ou a des amis proches. Bref, des êtres que vous connaissez un peu en profondeur. Il faut les rendre attachants et crédibles. Il faut que les gens puissent se dire "Ah oui, ce genre de personne cela me rappelle un tel". Qu'ils se reconnaissent en eux, c'est encore mieux.
16. L'ADVERSITE
Il faut que votre héros ait un problème à régler. Plus le problème est gros plus l'interêt du lecteur est fort. L'idéal est de donner des handicaps au héros de manière a ce qu'on se dise il n'y arrivera jamais. Exemple: l'enquêteur est aveugle et le tueur est non seulement le roi de la maffia mais en plus il a des talents de télépathie et c'est quelqu'un qui a beaucoup de chance. Plus le héros est maladroit plus le méchant est fort plus on est intéressé. Le système est: l'auteur met son héros dans des problèmes que le lecteur jugera insurmontables et l'auteur sauve à chaque fois in extremis son héros d'une manière que le lecteur n'avait pas prévu.
17. ALTERNER LES FORMES
Les lecteurs ont souvent des journées fatigantes, ils lisent pour se détendre, donc il faut penser à ne pas les ennuyer. Pour cela, alterner les scènes d'actions et de dialogues. Mettre le maximum de coup de théâtre inattendues. Ne pas oublier que la lecture est un plaisir et que l'objectif n'est pas que le lecteur se dise que l'auteur est doué; il doit se dire "mais qu'est-ce qui va arriver à la scène suivante"?
18. TRANSMETTRE DU SAVOIR
La fonction des livres est aussi d'apprendre des choses. La forme est un élément, mais si après avoir lu un livre un lecteur sait quelque chose qui lui permettra de nourrir les conversations ou les dîner, c'est quand même un intérêt de la lecture.
19. ALLER VOIR SUR PLACE
Un: s'informer. Deux: réfléchir. Trois: écrire. S'informer est indispensable. On ne parlera bien d'un lieu que si on y est allé pour faire des repérages. On ne parlera bien d'un métier que si on a discuté avec une personne qui la pratique. Évidemment on peut imaginer, mais le plus on se frottera au réel, le plus on découvrira de choses et on pourra raconter d'anecdotes vrais. Et le lecteur sent tout de suite ce qui est pur délire d'auteur et ce qui est une observation réelle.
20. AVOIR UNE VOLONTE D'ETRE COMPRIS PAR TOUS
Souvent les critiques parisiens taxent les auteurs qui touchent tous les publics "d'auteurs populaires". Avec une connotation péjorative dans le mot populaire, sous entendu que si cela plaît au grand public c'est que ce n'est pas de la grande littérature. Victor Hugo se vantait d'être un auteur populaire, de même que Alexandre Dumas, Jules Verne et Flaubert. Mozart faisait de la musique populaire et s'en flattait. Tous les auteurs "non populaire" qui vivaient à la même époque ont été oubliés, qu'ils soient grand poètes, grands académiciens, grands écrivains de cours ou de salon. L'histoire les a balayés avec leurs jolies tournures de phrases et leur effets de manches. De même que tous les auteurs maudits qui revendiquaient comme un titre le fait de n'être compris que par un public restreint on en effet été effacés. Logique. Il est beaucoup plus difficile de plaire au large public qu'à un groupe de soit disant arbitres des élégances. Faire simple et clair réclame beaucoup plus de travail que de faire grandiloquent, incompréhensible, et rempli de sous entendus que l'auteur est le seul à connaître.
21. SE PLAIRE A SOI-MEME
Pour plaire au lecteur il faut se mettre à sa place. Ecrire des livres qu'on aurait envie de lire si ce n'étaient pas les nôtres. Ne jamais se dire "j'écris cela, ça ne me plaît pas, mais ça leur plaira". On est soi-même la première personne qui doit s'amuser à lire le livre. Répétons-le: S'il n'y a pas de plaisir d'écriture, il ne peut pas y avoir de plaisir de lecture ensuite.
22. L'INITIATION DES PERSONNAGES
Une bonne histoire est aussi une initiation. Au début le héros dormait sur ses lauriers ou sa fainéantise. Une situation de crise va l'obliger à s'apercevoir qu'il est beaucoup plus que ce qu'il croit. Mettre les personnages en situation de danger pour les obliger à révéler leurs talents cachés. Et le lecteur en vivant dans la peau du personnage va faire la même expérience de transformation. Un bon livre est un livre qui transforme son lecteur en le faisant se prendre pour le héros.
23. FAIRE DES PLANS
Quand vous avez un bon premier jet brut, essayez de trouver une manière de le découper de l'organiser pour qu'il soit rangeable dans des chapitres. En général on organise le livre en trois actes: Début. Milieu. Fin.
Début. Le début est en général le lieu de la scène d'exposition. On découvre ou ça se passe. Quand ça se passe. Qui agit. Et le plus rapidement possible quelle est la problématique. L'idéal est de réduire au maximum le décollage du début, il faut que l'exposition soit la plus rapide possible pour que le lecteur n'attende pas avant d'être dans l'histoire.
Le milieu. Le milieu est souvent le ventre mou du livre. On prolonge la problématique, on en invente des secondaires, on gère la progression dramatique.
La fin c'est soit le coup de théâtre surprise, soit la grande explication de l'histoire cachée, soit l'apothéose.
24. LES PORTES OUVERTES .LES PORTES FERMEES
Dans les scènes du début on ouvre des portes. Ce sont des problématiques: "qui a tué?", "vont-ils s'aimer?", et "qui est cette dame en noir qui surgit de temps en temps?". A la fin il faudra penser à toutes les refermer. "C'est le fils du paysan qui a tué", "ils vont s'aimer mais cela ne sera pas facile", et "la dame en noir c'est en fait le fils caché de la concierge déguisé en femme depuis son voyage au Brésil ou il a connu l'enfer et qui recherche l'identité de son vrai père" Bien vérifier qu'il n'y ait pas de portes ouvertes béantes (soudain on ne parle plus de la dame en noir) ni de portes fermées qui n'ont pas été ouvertes (soudain un personnage révèle qui il est, mais on n'en parlait pas au début).
25. L'ENVOI AUX EDITEURS
Investir dans la photocopieuse et envoyer son manuscrit à un maximum d'éditeurs. De préférence ceux qui ont des livres qui ressemblent dans leur genre au votre. Pas la peine d'envoyer de la science-fiction à un éditeur de poésie.
26.LES LETTRES DE REFUS
Les éditeurs reçoivent une centaine de manuscrits par jour. Donc ils ont du mal à distinguer le bon grain de l'ivraie. Ils utilisent pour cela des lecteurs, soit des professeurs de français à la retraite, soit des étudiants, soit des amis qui aiment lire qui leur font ensuite des fiches. Ces gens sont souvent payés pour ce travail mais font aussi parfois cela par passion personnelle. Si les éditeurs vous répondent tous que cela ne leur plaît pas, ce n'est pas définitif. Essayez de savoir pourquoi en les appelant et refaites un manuscrit en tenant compte de leur remarques. Ou s'il n'y a pas de remarque, refaites quand même un manuscrit en tenant compte de l'avis de vos lecteurs négatifs ou de votre propre évolution. Puis renvoyer, il y a quand même une part de chance en renvoyant au même éditeur vous pouvez finir par tomber sur quelqu'un qui vous comprenne et vous défende dans les comités de lecture (personnellement j'ai renvoyé mon manuscrit pendant 6 ans à tous les éditeurs et j'ai reçu trois lettres de refus de mon éditeur actuel). Le découragement fait partie du mode de sélection.
27.NE PAS FAIRE D'EDITION A COMPTE D'AUTEUR
Si personne n'est prêt à payer pour votre manuscrit c'est peut être parce qu'il n'est pas bon. Cette hypothèse ne doit jamais être oubliée. Tout le monde n'a pas forcément de talent. Et ce n'est pas grave. A la limite tentez la musique. Par contre les éditeurs qui proposent de vous de payer pour être édités ne distribuent que peu ou pas votre livre. Vous allez juste vous retrouver avec un tas de bouquins dans votre chambre à distribuer à vos amis. Autant faire vous même vos tirages avec votre ordinateur