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augustegnalehi
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Critique: -livres -muisique Sortie de livre Entretiens Vie des auteurs Critique d'art,
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02.01.2008
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31.12.2013

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Publié le 29/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
danse
une phase de danse

SOUS LA PLUME./ CINEMA

Publié le 22/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ CINEMA

L'OBAMANIA ENVAHIT HOLLYWOOD


L'élection de ce nouveau président très charismatique stimule les scénaristes, qui préparent déjà films et séries télévisées.

Le calme est revenu à Beverly Hills. Au lendemain de la victoire d'Obama, le Tout-Hollywood, dont George Clooney et Michael J. Fox, passait en boucle sur les télévisions américaines pour se féliciter de la victoire du candidat démocrate.

Depuis, les stars ont repris le chemin des studios. Alors que le président nouvellement élu constitue son équipe, la possible nomination au poste de conseiller pour les médias d'un proche du magnat de ­Hollywood, Barry Diller (l'ex-PDG de Vivendi Universal), a été accueillie avec joie vendredi, à Los Angeles. Les PDG des studios comme les acteurs sont tellement contents de clore l'ère Bush et de revenir à l'âge d'or des années 1990, où ils rencontraient fréquemment les Clinton, qu'ils ne réclament aucune décision politique particulière au nouvel hôte de la Maison-Blanche.

Même les trois syndicats de producteurs, acteurs, scénaristes qui avaient fait une grève très dure l'an dernier, retardant le tournage de la série Desperate House­wives, sont muets.


Mélange de Martin Luther King et de Kennedy

À l'inverse, il est logique qu'Obama, décrit par ­Stevie Wonder comme un «mélange de Martin Luther King et de John F. Kennedy», soit la nouvelle grande source d'inspiration des scénaristes de Hollywood. Déjà, en 2004, la série télé 24 heures s'était inspirée du sénateur Obama pour le personnage de David ­Palmer, premier président noir des États-Unis. Inconnu en France mais tout-puissant à Los Angeles grâce à ses comédies destinées au public américain telles que Meet the Browns (avec Angela Bassett), le producteur noir Tyler Perry a demandé à ses équipes de plancher sur l'histoire d'amour de Barack et de Michelle Obama. «Avec Angela Bassett et Denzel Washington dans les rôles principaux, cela fera un excellent film», estime ce millionnaire, qui a eu l'idée du film après avoir dîné avec le couple Obama, en mars dernier. Baptisé, For the Love of You, le film devrait entrer en production d'ici à Noël.

À New York, dans le gratte-ciel de Time Warner près de Central Park, les scénaristes du groupe HBO cherchent eux aussi la bonne idée. Des scripts sur l'actualité comme la crise financière sont attendus. Mais dans l'immédiat, le nouveau président inspire surtout les auteurs du grand show satirique de Bill Maher, diffusé chaque vendredi soir sur la chaîne de télévision. Les autres scénaristes du groupe, ceux qui écrivent les célèbres séries de HBO (Sex and the City, Six Feet Under), se concentrent sur la guerre en Irak. Début décembre, les téléspectateurs américains découvriront deux séries très attendues : l'une est consacrée à Saddam Hussein, L'Homme qui a bâti un empire sur le sang d'une nation. La seconde, Generation Kill, raconte la vie des soldats américains en Irak. Obama qui vient d'annoncer le retrait des troupes d'Irak devrait logiquement figurer dans la prochaine saison de cette série.

Mais c'est finalement chez Disney qu'on devrait voir au plus vite Barack Obama à l'écran. Ou plutôt ses filles, Malia et Sasha, respectivement âgées de 10 et 7 ans. Pendant la campagne, le futur président avait expliqué à quel point elles étaient fans de Hannah Montana, l'héroïne de Disney, rock star la nuit et sage élève le jour. En avril prochain, Hannah Montana sortira au cinéma (Hannah Montana, le film sera à l'affiche en France le 17 juin 2009). «Quelque chose pourrait se passer à ce moment-là», indique-t-on chez Disney, sans vouloir en dire plus. Cela signifie-t-il que les filles d'Obama vont faire une apparition dans la série télé ? Après la photo de John John Kennedy sous le Bureau ovale, ce serait une grande première. Mais comme Obama vient d'expliquer qu'il veut préserver ses filles des médias, le suspense reste entier.

SOURCE: Le figaro.fr


GONCOURT./PORTRAIT DE LA PRESIDENTE DE L'ACADEMIE

Publié le 19/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
GONCOURT./PORTRAIT DE LA PRESIDENTE DE L'ACADEMIE
EDMONDE CHARLES-ROUX, UNE VOIX QUI COMPTE

Vingt cinq ans maintenant qu’Edmonde Charles-Roux prend chaque année la direction, à l’automne venu, de chez Drouant, le restaurant parisien qui héberge, abrite, accueille l’Académie Goncourt et ses dix membres. L’auteure d’Oublier Palerme (Prix Goncourt 1966) y est entrée en 1983, et en 2002 elle en est devenue la présidente. Lourde responsabilité quand on connait le retentissement, orbi et urbi, du Prix Goncourt dont l’attribution constitue le point d’orgue de la saison littéraire française. C’est à elle que l’on doit d’ailleurs une refonte du règlement destinée à revigorer ce Prix qui, pour être le plus prestigieux, n’en paraissait pas moins un peu poussiéreux voire poussif. Et si, à 88 ans, elle ne se dit pas présidente à vie, elle avoue son inaltérable « amour des livres ». Portrait d’une passionnée.

Edmonde Charles-Roux est-elle ce qu’on appelle une grande dame ? Quoi qu’il en soit, en haut de l’escalier étroit qui mène à son appartement parisien de la rue des Saint-Pères, c’est un majordome en livrée qui nous accueille sur le pas de la porte, nous introduisant, sans un mot, à la maîtresse de maison. On redoutait de rencontrer une personne un peu hautaine, un peu distante, un peu rêche, on découvre une femme joviale, souriante, drôle et vive, une longue poignée de mains chaleureuse vous menant dans le salon où durant près de quatre vingt-dix minutes, Edmonde Charles-Roux répondra sans tortiller ni soupirer à nos questions.

C’est vrai qu’en ce mercredi 5 novembre, elle s’est réveillée particulièrement heureuse : « Un bonheur absolu », dit-elle évoquant l’élection du sénateur Barack Obama à la Maison Blanche. De nouveau, celle qui « adore les Américains » s’autorise à « rêver ». Un événement qui permet en tout cas de mesurer le chemin parcouru notamment depuis 1966, année où Edmonde Charles-Roux qui dirige alors la rédaction française du magazine Vogue depuis seize ans est remerciée pour avoir publié, en couverture, la photographie du mannequin noir, Angela Davies. Depuis quelques années, elle écrivait un roman, « les samedis et les dimanches ». Virée du jour au lendemain, sans travail, elle décide alors de sortir ce manuscrit de ses tiroirs et l’envoie aussitôt aux éditeurs. Gallimard et Grasset le veulent, elle choisira le second, « le plus petit parce que j’étais quand même sonnée. J’avais perdu mon boulot alors je me suis dit, ‘allons plutôt vers une famille’, tous mes amis de Vogue étaient là, chez Grasset ». La presse est dithyrambique, Oublier Palerme est chaleureusement salué par son ami Aragon « qui a fait la réputation du livre ». Et sa carrière, ajoutera-t-elle un peu plus tard, dans la conversation. Mais le conte de fée ne s'arrête pas là. Alors qu’elle s’apprête à s’envoler pour la Sicile, on frappe à sa porte : une télévision qui vient lui annoncer que « le Goncourt, c’est vous ». Elle a 46 ans.

« Je ne supporte pas le pouvoir »

1966, une année inoubliable à plus d'un titre : entrée fracassante dans le cercle des écrivains si chers à sa famille - des diplomates lettrés -, rencontre avec celui qui allait devenir en 1973 son mari, Gaston Defferre - l’homme au chapeau et maire de la cité phocéenne, qui tient absolument à recevoir la lauréate, une Marseillaise -, et premier contact avec le Goncourt qui occuperait une part importante de sa vie. Depuis un quart de siècle, elle est en effet de tous les débats qui décident de l’attribution du Prix, et depuis six ans, sa voix compte double, le privilège du président de l’Académie. Mais ne lui parlez pas de « pouvoir ». Edmonde Charles-Roux est fâchée avec l’autorité : « Je ne supporte pas le pouvoir. […], ce n’est pas comme ça qu’on est heureux ni qu’on fait un travail artistique. L’artistique, c’est l’infini, la liberté complète ». Bref, surtout « pas de maître d’école à la table du Goncourt ». Et de confesser dans un éclat de rire : « Il y a un ordre du jour méticuleux que l’on ne suit absolument pas ».

Si elle ne comprend pas d’où lui vient cette allergie au pouvoir, « dont toute [sa] vie a peut-être souffert », elle explique sans doute pour beaucoup ses amitiés, compagnonnages, coups de cœur de tous bords qui l’amèneront à côtoyer, dans un même élan, le couple Aragon, Jean Genet, Paul Morand, Luchino Visconti, Roberto Rossellini, les peintres André Derain et Balthus, à prendre fait et cause, elle la fille de diplomate, pour le quotidien L’Humanité, « qui a fait beaucoup pour la langue française dans l’ex-URSS », à rédiger les biographies de Coco Chanel - dont l’attitude, disons bienveillante, à l’égard de l’occupant lors de la Seconde guerre mondiale a bien failli la détourner de son projet, « ça m’a coûté », reconnait-elle -, et d’Isabelle Eberhardt, jeune femme assoiffée d’absolu qui mourra noyée en Algérie - « Il y a du Rimbaud en elle » -, à parler de l'horreur des immigrés qui en arrivent à se défénestrer et à habiter dans un des quartiers les plus huppés de la capitale, à rester pendant près de cinq ans l’irrégulière, la maitresse d’un Defferre marié et à porter son éternel chignon un peu austère, enfin à tutoyer les imparfaits du subjonctif et à fricoter avec des expressions moins châtiées.

De ces contradictions, Edmonde Charles-Roux ne s’embarrassent pas, justifiant ses actes par un refus chevillé au corps « d’en rester aux apparences ». Cette ouverture d’esprit remonte probablement à son éducation, « une enfance de prince » à Prague et à Rome, au gré des affectations de son diplomate de père, avec « précepteurs, lectures à haute voix, analyse des textes et déjeuners auxquels nous les enfants étions conviés quels que soient les invités. Si c’était un cardinal, eh bien c’était un cardinal et notre père nous faisait passer des messages pour nous obliger à parler avec notre voisin ». Outre qu’Edmonde Charles-Roux parle aujourd’hui 4 langues, elle a également conservé de tous ces échanges, de toutes ces rencontres cosmopolites « une insatiable curiosité, un appétit d’apprendre intarissable ». Et une certaine idée, plutôt haute et digne, de l’homme. Et de la République.

« Je les emmerde, je ferai ma vie sans ces gens-là »

En 1939, avec la déclaration de la Guerre, elle doit renoncer à partir à Milan pour entamer une formation de cantatrice (« Le regret de ma vie »). Elle décide qu’elle sera infirmière : « Compte tenu des circonstances, il était possible de faire des études en accéléré, 3 mois contre les 2 années habituelles. Avec une amie, on est sorti premières et on a donc choisi d’aller à Verdun ». Verdun, dans l’est de la France, où elle a bien failli mourir écrasée sous une grange. « Pour une fille de 20 ans, c’est une expérience traumatisante. Se retrouver dans une salle de 40 lits avec des hommes qui appellent leur mère, qui pleurent, c’était terrible », se souvient-elle. Quand Pétain nomme Laval à la tête du gouvernement français, son père rend son tablier et entre dans la résistance. La benjamine aussi (« Ma sœur venait de se marier avec un Italien ») qui, à la fin du conflit, sera décorée de la Croix de guerre. Mais son courage n’a pas l’heur de plaire au milieu d’où elle vient : « On ne m’invitait plus aux bals de débutantes. J’étais considérée par la haute société française comme une fille à soldats. […]. Et ça, je ne l’ai pas avalé. Et à un moment, j’ai dit, ‘je les emmerde et je ferai ma vie sans ces gens-là, je n’ai pas de temps à perdre’ ».

Et de fait, ce déclassement sera en quelque sorte sa chance. Plus d’obligation ni de famille ni de rang : la guerre, pour terrible qu’elle fut, lui aura permis de s’émanciper. En tant que femme et en tant qu’individu car, reprend-t-elle, « cela m’a renforcé dans la certitude qu’il fallait s’intéresser aux gens dans la mesure où ils sont différents de vous ». Pour autant, elle ne se considère pas comme une provocatrice, plutôt comme une personne qui a eu « beaucoup de chance ». Mais qui a dû aussi « se bagarrer un peu. Il m’est arrivé quand j’étais plus jeune d’être très violente ». Et c’est vrai qu’à l’écouter, on perçoit mieux toute la portée de ce qu’elle nous disait au tout début de l’entretien concernant son engagement au sein de l’Académie Goncourt, avec ce ton déterminé voire définitif qu'elle arborre volontiers : « Si on n’est pas passionné, ce n’est pas la peine de faire les choses ».

« Pas le temps d’être nostalgique »

Soucieuse de son indépendance, elle n’aura pas d’enfant : « Aux âges où on a un enfant, je menais une vie invraisemblable ». Elle préfère d’ailleurs reprendre le cours ahurissant de sa vie pleine et entière plutôt que d’évoquer le sujet (« Ça ça ne m’a jamais travaillé », dit-elle en riant) concédant tout juste que « ça rend une vieillesse beaucoup plus difficile, on est plus seul mais étant donné que de toute manière, on est complètement seul, l’être un peu plus ou un peu moins…Tant pis, on est seul ». Pour l’heure, ce sont les « petites batailles » contre les atteintes de l’âge qui la préoccupent : « On ne va pas se raconter d’histoire, la vieillesse est atroce pour presque tout le monde ». Ce qui n’empêche pas les projets à l'instar de ce nouveau livre, « un vrai casse-tête », dont elle espère venir à bout d’ici trois ans.

Faudrait-il encore que le Goncourt la laisse un peu en paix. Il y a peu, elle était dans l’Oural où il a séjourné plus de deux semaines. A 88 ans comme à 46 ans, même régime : l’écriture, c’est le samedi et le dimanche. « Depuis que je travaille, je n’ai jamais eu de week-end ! », lance-t-elle en femme active qu’elle est restée : « Pas le temps d’être nostalgique et puis, ça ne mène pas bien loin ».

Est-ce cela donc une grande dame ? Autant le demander directement à Edmonde Charles-Roux qui, à l’énoncé de la question, éclate de rire : « N’est-ce pas le fait d’avoir pris de l’âge, c’est ce qui m’inquiète parce que tout jeune, auquel on parle d’une femme qui a dépassé 80 ans, lui donne du ‘grande dame’ comme du sel sur une escalope ». Toujours cette parole caustique aussitôt tempérée par une forme de doute non moins consubstantielle à sa personne quand, en guise de conclusion, elle dit craindre que « l’homme ou la femme qui me verrait ainsi ne soit mortellement déçu car je suis quand même quelqu’un d’un peu violent et en tout cas de têtu, et ce ne sont pas là les caractéristiques d’une grande dame ».

Nous ne reverrons pas le majordome en livrée jaune canari. Edmonde Charles-Roux nous raccompagne sur le palier, s’accoude à la rambarde, comme à un balcon, et se lamente à l’idée que bientôt son ami du Jury Goncourt Jorge Semprun (de trois ans son cadet) ne pourra plus emprunter cet escalier pentu qui conduit à son perchoir, sous les toits. « Elle est la plus jeune de nous tous », avaient lancé les neuf autres membres, l’an passé, à l’heure de redonner un peu de peps au grand prix français. Ce n’était peut-être pas qu’une simple coquetterie.

Tous les ouvrages d'Edmonde Charles-Roux sont publiés chez Grasset. Parrmi lesquels,

Oublier Palerme, prix Goncourt 1966
Elle, Adrienne, 1971
L'Irrégulière ou mon itinéraire Chanel, 1974
Stèle pour un bâtard, 1980
Une enfance sicilienne, 1981
Un désir d'Orient, tome I de la biographie d'Isabelle Eberhardt, 1989
Nomade j'étais, tome II, 1995
L'homme de Marseille, 2003
Isabelle du désert, volume regroupant Un désir d'Orient et Nomade, j'étais, 2003


[i]
SOURCE:RFI[/i]

SOUS LA PLUME./ HOMMAGE

Publié le 16/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ HOMMAGE

Amon d’Aby : L’un des pères des belles lettres ivoiriennes


Amon Koutouan (François Joseph Amon d’Aby) né vers 1913 est mort le mercredi 10 janvier 2007. L’homme n’a vécu officiellement que 94 ans sur la terre. Mais de son vivant, il clamait qu’il était plus âgé que Félix Houphouet-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire, lui, né vers 1905.

Conscience critique de la société ivoirienne, Amon d’Aby a laissé à la postérité des œuvres d’une immense richesse. Amon Koutouan tout comme Bernard Dadié est un grand pionnier de la littérature ivoirienne contemporaine.

Il a fondé, avec Germain Coffi Gadeau, ‘’Le Théâtre indigène de Côte d’Ivoire’’. Né officiellement vers 1913, Amon d’Aby, après son cycle primaire, entre à l’Ecole primaire supérieure de Bingerville (EPS), qui était à sa douzième année d’existence, en 1932. Au nombre des élèves, cinq noms vont contribuer à l’émergence, à l’affirmation et au développement de la littérature moderne en Côte d’Ivoire. Il s’agit de Coffi Gadeau (1929 – 1930), Dadié (1930-1931), Amolin Animan, Aka Bilé et Amon Koutouan (1931 – 1932). On le voit, ce sont eux qui ont ouvert les vannes.

En 1934, François – Joseph Amon d’Aby arrive à William Ponty. Mais en première année de la section administrative. Il y suivra une formation d’archiviste, couronnée, en 1937 par le diplôme d’Ecole. Il fera un stage aux services des archives et bibliothèque du gouverneur général à Dakar. En 1938, de retour en Côte d’Ivoire, il prend la direction des archives jusqu’en 1959. Entre-temps, il écrit La Côte d’Ivoire dans la cité africaine (1951), Kwao Adjoba (théâtre), drame social en cinq tableaux (1956). En 1959, il part pour la France poursuivre ses études à l’Institut des hautes études d’outre-mer. En juillet 1961, il est le premier ivoirien à accéder au poste d’inspecteur des affaires administratives.

L’écriture d’Amon d’Aby.

Selon le pr Gnaoulé Oupoh (cf La littérature ivoirienne, Karthala, Ceda) à l’instar de Gadeau, Dadié et bien d’autres, Amon d’Aby n’est pas parvenu à corriger les défauts majeurs de son écriture dramatique qu’il a traînée depuis William Ponty. Ils ont pour noms : absence totale d’une approche psychologique des caractères au niveau des personnages, pauvreté des intrigues. En revanche, on observe que ses œuvres sont écrites dans un style, de plus en plus, dépouillé de lourdeur, Amon d’Aby prend véritablement soin au fil de ses écrits de se montrer le plus sobre possible. Cela dit, le contexte social dans lequel évoluent les personnages n’est presque jamais clairement présenté. Une conscience critique de la société ivoirienne

Pour le Pr Sidibé Valy, Amon d’Aby est une conscience critique de la société ivoirienne contemporaine. La preuve ! Ces ouvrages sur les coutumes Agni, à titre d’exemple Croyances et religion en pays Agni et Kwao Adjoba vont amener le législateur à prendre des décisions pour uniformiser le système d’héritage. Désormais les enfants sont tenus d’hériter du père et non le neveu. « Amon d’Aby en élaborant une pièce tenait compte des facteurs socio-culturels », dixit M. Valy et de renchérir : « Amon d’Aby est une grande figure historique. Parce qu’ayant vécu à la fois la colonisation, le post-colonialisme, l’indépendance et la post-indépendance ». Comme on le constate, la vie d’Amon d’Aby est un cheminement, un itinéraire.

Sa vie, à n’en point douter, doit être un instrument primordial dans le décryptage de ses ouvrages tantôt ethnosociologiques, tantôt littéraires. Pour services rendus à la nation, il est élevé au rang de commandeur de l’ordre national de Côte d’Ivoire. La France, l’ancienne puissance coloniale, l’a fait officier de l’ordre du mérite de la République.

Ses pairs regroupés dans l’association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI) avaient organisé un dîner-gala en hommage aux pionniers. C’était le 11 avril 2000 sous la houlette de Maurice Bandaman, alors président de l’Aeci. Hélas ! Malade, Amon d’Aby n’a pu être au rendez-vous. Après une vie pleine, Amon Koutouan, pardon Nanan, a rejoint ses ancêtres à Ebolô.

Il repose en paix à Aby, son village natal à 26 km d’Aboisso.

Bibliographie:

- La Côte d’Ivoire dans la cité africaine, Paris Larose, 1951
- Kwao Adjoba (théâtre)
- Croyances religieuses et coutumes juridiques des Agni de Côte d’Ivoire Paris Larose, 1960
- Vie administrative en Loire Atlantique (France)
- Mémoire de stage en 3 tomes, 516 pages Paris IHEOM
- Le regard mortel (conte) Dakar – Abidjan Nea 1977
- Le singe noir et la tortue (conte) Nea 1977
- Proverbes populaires de Côte d’Ivoire Ceda, 1984
- Le problème des chefferies traditionnelles en Côte d’Ivoire, Nea, 1988
- Le théâtre en Côte d’Ivoire des origines à 1960 Ceda 1988
- La Mare aux Crocodiles (conte) Nea, 1994
- Le murmure du Roi (conte) Nea 1984
- Notice historique et ethnographique du village d’Aby, Nei 1995
- Les aventures du Coq, Ceda 2003
- Le guide de l’inspecteur des services administratifs.


Auguste Gnaléhi


SOUS LA PLUME./ SERGE BILE DENONCE...

Publié le 14/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ SERGE BILE DENONCE...
SERGE BILE, journaliste, écrivain, documentariste, auteur compositeur

« IL FAUT VULGARISER LE SAVOIR AFRICAIN »

Venu au chevet de son père malade, Serge Bilé journaliste, résidant en Martinique, auteur de plusieurs best-sellers, s’est entretenu avec nous autour de la question noire, thème qu’il affectionne tant et qu’il essaie de traiter au fil de ses œuvres tant littéraires cinématographiques que musicales.

Né en Côte d’Ivoire, fils de journaliste et journaliste lui-même à RFO, Serge Bilé a quitté son pays natal à l’âge de 13 ans. C’était en 1973. Passionné par tout ce qui touche à la question noire, Serge a plusieurs cordes à son arc : documentariste, écrivain et auteur, compositeur et interprète.

En 1994, Serge Bilé en vacances en Côte d’Ivoire donne son opinion relativement à l’emprisonnement des militants des partis de l’opposition. Il sera, pendant deux semaines, interné à la Maca (Maison d’arrêt correctionnel d’Abidjan).

De retour en France, il va réorienter sa carrière en allant s’installer en Guyane. Là-bas, il découvre une communauté (les Boni) qui ressemble étrangement à une autre communauté linguistique (les Agni) de Tiassalé, d’Abengourou, d’Aboisso en Côte d’Ivoire. D’où la création en 1995 de l’association Akwaba qui a permis aux écrivains, cinéastes, peintres, chanteurs, conteurs, acteurs et bien d’autres Martiniquais de se produire à Abidjan et à leurs homologues d’en faire autant à Fort-de-France. Ces échanges culturels ont duré pendant quatre ans. « Ce pont jeté entre l’Afrique et la Martinique a très bien fonctionné sur le plan culturel. Mais dans ce genre de projet, il faut une décision politique. Il faudrait que nos Etats s’approprient le projet car ça coûte cher. Pendant quatre ans je l’ai financé sur fonds propre. Aujourd’hui je suis épuisé … », a-t-il indiqué avant de renchérir : « En son temps de bonnes volontés m’ont aidé à payer quelques factures. »

DE LA QUESTION NOIRE

Le thème de la question noire n’est pas pour lui une obsession. « Je voudrais à travers ce thème dévoiler un pan de l’Histoire. La déportation des Noirs dans les camps de concentration et d’extermination de l’Allemagne hitlérienne. Je voudrais montrer outre la traite négrière, l’esclavage que les Noirs à l’instar des Juifs ont été massacrés par les nazis, ont aussi vécu l’holocauste. D’où mon premier ouvrage « Noirs dans les camps nazis » édité en 2005 », s’est-il défendu. Ce livre, il faut le souligner, a été l’objet de controverse au point où la justice française a condamné France Télévision pour avoir faussé le déroulement du concours.

Après ce livre, fruit de ses enquêtes, Serge Bilé va s’interroger sur la légende du sexe surdimensionné du Noir. Il va chercher l’idéologie qui sous-tend une telle imagerie. « Cette légende, dira-t-il, remonte au temps de Noé. » Et de renchérir : « L’un des fils de Noé- Cham- l’a découvert nu et s’est moqué de lui. Selon certaines traductions Cham aurait couché avec son père. A l’issue de cet acte odieux Cham sera condamné par son père, Noé. Ce qui transparaît ici c’est la bestialité de Cham qui selon certaines traductions serait l’ancêtre de l’homme noir. Mieux selon Genèse 10 ce sont les descendants de Cham (Hamites) qui auraient peuplé l’Afrique, le continent noir. » Et Serge Bilé de faire cette déduction : « Si l’ancêtre du Noir a forniqué, a sodomisé son père c’est parce qu’il est non seulement un animal mais parce qu’il a un sexe surdimensionné. Voici comment se fabriquent les clichés et imageries. D’où le titre de mon second livre : « La légende du sexe surdimensionné des Noirs » pour mettre à nu cette légende qui rend l’homme noir une bestiole. » Edité en 2005, cet ouvrage, contrairement à ce que le titre pourrait laisser supposer, traite du racisme et de l’emprise des idées reçues sur les Noirs. Il déconstruit toute idéologie ramenant le Noir à une personne ignorante, inepte, à une bête de somme.

En réponse nul doute au discours, du président français Nicolas Zarkozi, prononcé à Dakar au Sénégal accusant le Noir d’être absent dans l’histoire de l’humanité, Serge Bilé publie en 2008 « Quand les Noirs avaient des esclaves Blancs ». Cet essai met en lumière la période fastueuse de l’histoire africaine, celle du Moyen Age où le Soudan occidental connut une formidable apogée. Cet ouvrage, comme on le constate, déconstruit l’idéologie selon laquelle est un acteur passif de l’histoire. En revanche, il rétablit la vérité. La vérité que Nicolas Zarkozi refuse d’admettre.

Sur le plan cinématographique, Serge Bilé a produit et réalisé des documentaires relatifs à la question du Noir. En portent témoignage « Les Boni de Guyane » primé au festival du film de Montréal, « Noirs dans les camps nazis » et plus récemment « Maurice le saint Noir »

Homme de culture, Serge Bilé est aussi auteur, compositeur interprète. « Nouveau monde », l’une de ses productions discographiques est distinguée par la SACEM et enregistrée au profit de l’Unicef par une pléiade de célébrités dont Manu Dibango. Il a écrit aussi Madiba, une comédie musicale qui met en lumière un pan de l’histoire de Nelson Mandela. « Cette comédie musicale, soutient-il, relate les dernières années d’emprisonnement de Mandela ».

DE L’ELECTION DE OBAMA

Au cours de cet entretien, Serge Bilé s’est dit heureux et fier qu’un Noir soit devenu le président de la grande puissance mondiale, les Etats-Unis d’Amérique. Car selon lui Obama devient ainsi un modèle de courage, d’abnégation, un symbole. Il a souligné que cette élection est le résultat des luttes menées par des pionniers tels que Martin Luther King et bien d’autres. En revanche, il a fait cette observation suivante : « Quoi qu’on dise Obama est Américain donc il défendra les intérêts américains, les intérêts du peuple américain. Nous ne devons pas nous faire des illusions. Cependant cette élection déconstruit toute idéologie rendant bestiole le Noir. »

Auteur de plusieurs best-sellers l’écriture de Serge Bilé traduit à bien des égards une sorte d’hantise ,d’idée fixe de la vérité historique de tout ce qui heurte, titille, effleure la question noire. Passeur de mots, de savoir, il soutient que le savoir africain doit sortir des arcanes secrets, obscurs pour être vulgarisé. C’est dans cette optique que son prochain ouvrage traitera de la relation entre le Vatican et le Noir.

En attentat cette sortie prochaine de ce livre, ET SI DIEU N'AIMAIT PAS LES NOIRS ? son site Internet « paroles d’esclavage » donne la parole aux « anciens » afin qu’ils disent l’esclavage tel que leurs parents et arrière-grands-parents l’ont directement vécu et eux-mêmes raconté à leurs enfants et petits-enfants.

AUGUSTE GNALEHI
augustegnalehi@hotmail.com


LITTERATURE ./ PRIX GONCOURT 2008

Publié le 11/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
LITTERATURE ./ PRIX GONCOURT 2008
Atiq Rahimi: Ecrire dans une autre langue est un plaisir


En couronnant son roman Syngue sabour (P.O.L.), les jurés Goncourt ont distingué un "passeur" entre l'Orient et l'Occident, à la personnalité charismatique. Ce fils d'aristocrate afghan raconte à L'Express son parcours mouvementé.
Le regard gris malicieux derrière des lunettes rectangulaires, Atiq Rahimi préfère en rire. Invité la veille sur un plateau de télévision, il a écouté, sidéré, des intellectuels français lui faire la leçon sur son propre pays, l'Afghanistan, et réclamer un retrait des forces de l'Otan, sous prétexte que l'Occident n'a pas à imposer ses valeurs au reste du monde. "Comme si la démocratie, sourit le nouveau Prix Goncourt, coiffé de son éternel panama et vêtu d'un costume couleur sable, était l'exclusivité de l'Occident."

Ce n'est pas le cas?

A ce compte, il faudrait en sens inverse extirper d'Europe tout ce qui y a été importé d'Orient, à commencer par l'écriture, les mathématiques ou le christianisme! Manifestement, ces gens n'ont pas entendu parler d'Alexandre le Grand, de l'art gréco-bouddhique né de son passage en Afghanistan. Mon propre père, lui, a vécu dans la ville de Banyan, dont les célèbres bouddhas ont été détruits par les taliban.

Vous en êtes originaire?

Non, je suis né à Kaboul, en 1962. Ou, si vous voulez, en 1340, selon le calendrier solaire persan, synthèse des religions musulmane et zoroastrienne. Gouverneur de la vallée du Panchir, mon père, peu après ma naissance, est devenu juge d'instruction à Kaboul. En 1973, un coup d'Etat a envoyé ce monarchiste convaincu en prison, d'où il est sorti au bout de deux ans et demi. Je l'ai rejoint en Inde en exil. Je suis rentré au pays en mars 1979. J'ai repris mes études au Lycée franco-afghan. Puis, à l'université, j'ai étudié votre littérature.

D'où vient ce goût de la France?

A 14 ans, j'avais découvert Les Misérables en traduction persane. J'étais fasciné par Jean Valjean, par ces 40 pages consacrées aux égouts de Paris ! Au Centre culturel français, j'ai découvert la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard, Hiroshima mon amour, et les films de Claude Sautet, dont j'aimais le sens de l'humain.

La culture française était accessible dans l'Afghanistan communiste?

Oui, même si la terreur et la censure régnaient. A la fac, un exposé sur Camus m'a valu d'être convoqué par le comité de jeunesse : "Il est interdit de parler des intellectuels bourgeois", m'a-t-on signifié [rires]. Comme, après l'université, on devait faire quatre ans de service militaire, j'ai choisi l'exil. Après neuf jours et neuf nuits de marche, avec 2000 afghanis en poche et un tapis sur l'épaule, je suis arrivé au Pakistan. Il y régnait une ambiance très lourde dans les milieux de la résistance. Les services secrets pakistanais recrutaient les gens en fonction de leurs convictions religieuses, les Afghanes exilées devaient porter le voile. Je ne voyais pas ma place là-dedans.

Et le commandant Massoud?

A cette époque, Massoud était islamiste, il faisait le djihad et marchait avec Gulbuddin Hekmatyar.

Qu'avez-vous fait alors?

J'ai demandé l'asile politique auprès de l'ambassade de France à Islamabad. Quarante jours plus tard, je débarquais à Roissy. C'était en 1985. Bizarrement, arrivé ici, même si mon français était livresque, je ne me suis pas senti étranger. Imaginez que dès 1959, les femmes avaient le droit de vote en Afghanistan. J'ai des photos de mes soeurs et cousines en minijupe! La monarchie afghane est devenue constitutionnelle en 1963. C'est un nouveau racisme de considérer que la démocratie n'est que dans les gènes des Occidentaux.

En France, de quoi viviez-vous?

J'ai été hébergé dans un centre d'accueil pour réfugiés, dans l'Eure. Je me souviens de mon premier salaire, une allocation de 1200 francs, et du premier livre que j'ai acheté, L'Amant, de Marguerite Duras. J'ai étudié à Rouen, puis à la Sorbonne nouvelle, où j'ai passé un doctorat en sémiologie du cinéma. Je me suis lancé dans le documentaire, j'en ai réalisé sept - sur l'absinthe, les artistes de rue...

En 1996, les taliban sont arrivés au pouvoir. Le silence du monde face à cette catastrophe m'a choqué. Je me suis posé des questions: Est-ce que j'appartenais à ce peuple ou non? Pourquoi passe-t-il ainsi d'une guerre à l'autre? J'ai compris qu'après le départ des Russes nous n'avions pas fait notre deuil, exactement comme ma famille n'avait pas fait celui de mon frère aîné, tué du côté communiste, en 1991. Chez nous, au lieu de faire son deuil, on se lance dans la vengeance. D'où cette guerre de 1992-1996 entre factions, dont ont profité les taliban. Mon premier livre, Terre et cendres, a été écrit à cette époque, en persan. Son thème? un vieil homme annonce à son fils qu'au village tous sont morts sous les bombes.

Quand êtes-vous retourné en Afghanistan?

En 2002, afin de réaliser un film pour Arte. Alors qu'à mon arrivée en France, je m'étais senti chez moi, pendant trois jours je ne suis pas parvenu à reconnaître mon pays. Je ne croyais pas à la réalité de cette ville détruite, à cette misère, cette violence. J'ai fait un livre de photos qui raconte ces retrouvailles. En 2004, le long-métrage que j'ai tiré de Terre et cendres a été primé au Festival de Cannes.

Retournez-vous en Afghanistan?


Oui, un mois sur deux. Je soutiens une chaîne de télévision indépendante, comme consultant et formateur. J'ai lancé un sitcom, intitulé Le Secret de cette maison, dont la deuxième saison est en cours. Tout se passe autour d'une demeure dont le propriétaire a fui aux Etats-Unis, comme 1 million d'Afghans. Il revient récupérer cette demeure, qui, entre-temps, a été réquisitionnée par les communistes, puis par les taliban. C'est un prétexte pour prôner la liberté, dénoncer la corruption. La réalisatrice du feuilleton a 25 ans. C'est une sorte de Dallas à l'afghane, avec en plus une histoire d'amour...

Les Américains doivent-ils rester en Afghanistan?

Ils ont commis des erreurs, voire des horreurs, en Afghanistan comme en Irak. Les Allemands, les Français et les Turcs sont les seuls à être crédibles auprès de la population. Même si on peut se poser des questions sur la stratégie de la force internationale, elle doit rester. Vous savez, les journalistes ont tendance à parler à la place des Afghans, alors qu'ils ne sortent pas de leurs guest houses et passent par des traducteurs.

Que dites-vous aux familles des dix soldats français tombés là-bas en septembre?

En tant que citoyen français d'origine afghane qui a connu la souffrance de perdre un proche, je partage la leur. Mais cette guerre n'est pas la guerre des Français contre les Afghans, c'est une guerre contre un fléau mondial, le fondamentalisme. On ne peut pas se présenter comme le pays des droits de l'homme et en même temps ne rien faire contre l'intolérance. On oublie le prix que les Afghans ont payé pour cette guerre froide: la guerre afghano-soviétique a fait 1 million de morts.

Votre livre Syngué sabour, qui décrit la douleur et la révolte d'une femme au chevet de son mari blessé, se passe "quelque part en Afghanistan ou ailleurs". Pourquoi l'avez-vous écrit en français?

Si j'avais écrit ce livre en persan, j'aurais adopté un langage pudique et pratiqué l'autocensure. Ecrire en français me permet d'entrer vraiment à l'intérieur des personnages, de parler du corps. Ecrire dans une autre langue est un plaisir. C'est un peu comme faire l'amour...

SOURCE L'EXPRESSE.FR

LITTERATURE./ PRIX RENAUDOT

Publié le 10/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
 LITTERATURE./ PRIX RENAUDOT


TIERNO MONENEMBO, PRIME


La Francophonie est récompensée avec l'attribution du prix Renaudot à l'écrivain guinéen Tierno Monénembo pour son livre Le roi de Kahel. Auteur d'une dizaine de livres, il puise dans sa propre histoire l'inspiration de ses romans, sur le thème de l'exil et de l'errance. Né en 1947, il avait fui la dictature de Sekou Touré en Guinée en 1969, avant d'entamer des études de médecine à Dakar, au Sénégal. Il gagnera ensuite la Côte d'Ivoire pour poursuivre des études de biochimie, puis en France, à partir de 1973. Outre Le roi de Kahel, Tierno Monénembo a publié Les crapauds-brousse en 1979, et Peuls, en 2004.

Nous sommes au début des années 1880. Aimé Victor Olivier, qui deviendra plus tard le vicomte de Sanderval, ingénieur de son état, fonde le projet de conquérir à titre privé le Fouta-Djalon et d’y faire passer une ligne de chemin de fer. On a presque tout oublié de lui aujourd’hui, et pourtant, il fut le précurseur de la colonisation de l’Afrique de l’ouest.

De ce personnage hors du commun, Tierno Monénembo nous propose une biographie foisonnante et romancée. Sanderval va bien évidemment échouer dans son entreprise. Il va revenir à Marseille, sombrer dans le mysticisme et mourir dans le dénuement.

Ce livre met en lumière la vie de cet homme plein d’audace, mais il aborde également, en creux, le déclin, la chute des royaumes peuls. Aimé Olivier de Sanderval a imprégné toute la mémoire guinéenne. Il a d’ailleurs laissé son nom au plus vieux quartier de Conakry, « Sandervalia » (« Chez Sanderval » en langue soussou).

Par sa dimension tragique, il prend ainsi place dans l‘univers littéraire africain. Tierno Monénembo a su, tout en restant fidèle à la réalité historique, donner à son protagoniste l’étoffe d’un héros, avec une écriture toute à la fois poétique et théâtrale, aux frontières de l’histoire, du roman et du conte initiatique.

Source RFI



Miriam Makeba, une voix de l'Afrique s'est éteinte

Publié le 10/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
Miriam Makeba, une voix de l'Afrique s'est éteinte
Adieu Mama Africa


Miriam Makeba a succombé le 9 novembre 2008 à une crise cardiaque à la suite d'un concert en Italie. Elle avait 76 ans. "Mama Africa", comme certains la surnommaient, avait été la première chanteuse africaine à rencontrer un succès international. Mais la grande dame fut aussi une combattante de tous les instants, se servant de sa notoriété pour défendre ses convictions sur la planète entière.

La légende de la chanson sud-africaine Miriam Makeba (1932-2008), est décédée à l'âge de 76 ans après une ultime apparition sur scène en Italie. Elle a été l'une des grandes voix de la lutte contre l'apartheid, engagement qu'elle a payé de plus de trente ans d'exil.

Miriam Makeba avait un double statut : première chanteuse africaine à avoir obtenu un succès international, applaudie sur les scènes du monde entier pendant près de quatre décennies, l’auteur de Pata Pata était aussi le symbole de la lutte contre l’apartheid. “Ma vie, ma carrière, chaque titre que je chante et chaque concert sont liés au destin de mon peuple”, expliquait-elle dans son autobiographie, Makeba My Story, publiée en 1988.

Chaque fois que l’opportunité s’est présentée, l’artiste sud-africaine s’est fait fort de prendre la parole pour dénoncer le système de ségrégation raciale appliqué dans son pays. Ce n’est pas seulement sa voix de "songbird" que l’on venait écouter, mais aussi les mots d’une combattante longtemps bannie de son pays, apôtre d’une Afrique libre et indépendante qu’elle appelait de ses vœux à l’unité.

Avec le temps, elle était devenue "Mama Africa". Assumant pleinement ce rôle, elle fut distinguée de nombreuses fois pour son engagement constant : le prix Dag Hammarskjöld, le grand prix du Conseil international de l’Unesco… En 2002, elle avait reçu les insignes de commandeur de la Légion d’honneur des mains du président français Jacques Chirac.

A 73 ans, Miriam Makeba avait annoncé son intention se retirer de la scène, mais elle tenait d’abord à saluer son public dans tous les pays où elle s’était produite. Lancée en septembre 2005, sa longue tournée d’adieux dura quatorze mois. Un véritable périple, à l’image de son existence.

Début à Soweto

Née à Soweto le 4 mars 1932, elle commence véritablement à chanter à 22 ans au sein des Manhattan Brothers, un ensemble vocal très populaire. L’époque est au township jazz, mariage du swing et des mélodies traditionnelles. Avec le quartet féminin des Skylarks, avec la revue African Jazz & Variety, la jeune femme multiplie les expériences.

Sollicitée par le réalisateur américain Lionel Rogosin pour interpréter deux de ses chansons dans Come Back Africa (coécrit par le romancier essayiste Lewis Nkosi), elle parvient à se rendre en 1959 au festival de Venise où le documentaire est projeté, sans se douter des répercussions de sa participation à ce long-métrage qui fait découvrir les conditions de vie des Noirs en Afrique du Sud.

Quelques mois plus tard, alors que la chanteuse enchaine les contrats aux Etats-Unis, son ambassade lui confisque son passeport, l’empêchant de retourner dans son pays assister à l’enterrement de sa mère. L’avertissement est clair mais Miriam Makeba ne veut plus se taire. En 1963, devant le Comité Spécial pour la décolonisation des Nations Unies, elle exhorte la communauté internationale à agir contre l’apartheid et "ses dirigeants fous" parle d’un Etat transformé "en vaste prison". En représailles, Pretoria la déchoit de sa nationalité, interdit la vente à la diffusion de sa musique.

Exilée durant 31 ans

Après une série de concerts dans le monde entier, l'Etat Sud-Africain l'avait déchue de sa nationalité pour sa participation à un film anti-apartheid, «Come back to Africa», l'empêchant de revenir assister aux funérailles de sa mère et interdisant même sa musique. Durant 31 ans, elle va vivre loin de son pays. Elle obtiendra un titre de citoyenneté honoraire dans dix pays, dont la France

L’exil donne à l’artiste une autre dimension, d’autant plus que sa carrière outre-Atlantique est bien lancée. Au premier album éponyme commercialisé en 1960 par la major RCA avec le soutien des musiciens d’Harry Belafonte, qui l’a prise sous sa protection, succède The Many Voices of Miriam Makeba. On lui demande de venir chanter à l’anniversaire du président Kennedy.


Puis vient The World of Miriam Makeba, produit par Hugo Peretti et Luigi Creatore, qui avaient adapté le classique sud-africain Mbube pour en faire le hit The Lion Sleeps Tonight interprété par les Tokens. C’est dans ce créneau qu’on cherche à inscrire son répertoire qu’elle chante en zoulou, en xhosa, en anglais, en espagnol, en portugais… La recette fonctionne.

Sorti en 1965, An Evening With Belafonte/Makeba est récompensé par un Grammy Award dans la catégorie folk traditionnel. L’année suivante, Pata Pata devient un tube, à tel point qu’il occultera souvent le reste de son répertoire. La chanson sera reprise des centaines de fois, de Tito Puente à Manu Dibango, en passant par Sylvie Vartan (Tape tape, 1967).

Sa notoriété lui vaut d’être souvent l’hôte de nombreux chef d’Etats africains avec lesquels elle entretient des relations d’amitiés – ce qui lui sera parfois reproché – , de jouer lors de l’inauguration de l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba, lors des fêtes des indépendances. Invitée par le président Sékou Touré à venir vivre en Guinée, elle accepte sa proposition en 1969, fuyant les Etats-Unis où sa situation avait tout à coup changé.

Après avoir divorcé du saxophoniste sud-africain Hugh Masekela, elle a épousé Stokely Carmichael, activiste des Black Panthers. Le couple est surveillé par le FBI, les galas de Miriam Makeba sont étrangement annulés. Si elle continue à se produire souvent à travers le monde, comme à Kinshasa lors du mythique combat de boxe entre Mohammed Ali et George Foreman, son retour sur le sol africain marque le début d’une période moins prolifique sur le plan artistique.

Pour Sylliphone, le label national guinéen, elle enregistre une trentaine chansons et sort deux albums : en 1971, L’Appel à l’Afrique, en public au Palais du peuple de Conakry, puis en 1975 Miriam & Bongi, en duo avec sa fille, dans lequel elle reprend Jeux interdits et L’Enfant et La Gazelle, chanté auparavant par Nana Mouskouri. Avec la tournée Graceland de Paul Simon, elle réapparait au premier plan à la fin des années 80 et retourne en studio pour Sangoma, un disque de musique traditionnelle xhosa.

De son vrai prénom «Zenzi» (diminutif de Uzenzile), Miriam Makeba, connue dans le monde entier pour son tube, «Pata Pata», était une figure de la lutte anti-apartheid. Née à Johannesburg le 4 mars 1932 d'une mère Swazi et d'un père Xhosa, elle fut d'abord la voix du groupe the Manhattan Brothers, qu'elle accompagna en tournée aux Etats-Unis en 1959.

Le succès arriva pour Miriam Makeba avec «Pata Pata», une chanson écrite en 1956 et enregistrée en 1962, reprise notamment par Sylvie Vartan sous le titre «Tape Tape».

En 1965, elle fut la première femme noire à obtenir un Grammy Award, partagé avec le chanteur Harry Belafonte pour leur disque commun, «An evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba».

Après une série de concerts dans le monde entier, l'Etat Sud-Africain l'avait déchue de sa nationalité pour sa participation à un film anti-apartheid, «Come back to Africa», l'empêchant de revenir assister aux funérailles de sa mère et interdisant même sa musique. Durant 31 ans, elle va vivre loin de son pays. Elle obtiendra un titre de citoyenneté honoraire dans dix pays, dont la France.

En 1969, Miriam Makeba épouse Stokely Carmichael, l'un des chefs des Black Panters américains, figure contestée de la lutte pour les droits civiques, ce qui lui vaudra de nombreux ennuis avec la justice américaine et l'obligera à s'exiler en Guinée. Elle divorcera quatre ans plus tard.

En 1985, elle est faite Chevalier des Arts et Lettres par la France. Mais la mort cette même année de sa fille unique, Bongi, à l'âge de 36 ans, et les ennuis d'argent

Retour au pays

Dans son pays, la victoire contre l’apartheid est proche. Quatre mois après la libération de Nelson Mandela, le leader de l’ANC, la chanteuse foule enfin sa terre natale, au terme d’un exil qui a duré plus de 30 ans. En 1987, alors qu'elle vit en Belgique, elle connaît un nouveau succès mondial en participant à l'album Graceland de Paul Simon.

Honorée par ses compatriotes qui ne l’ont pas oubliée et devant lesquels elle peut enfin se produire en 1991, elle entend profiter de son retour, de sa famille, mais tient à défendre de son mieux cette nouvelle Afrique du Sud qu’elle a si longtemps espérée. L’année suivante, elle joue aux côté de Whoopi Goldberg dans Sarafina, un film basé sur les événements de Soweto qui se sont déroulés en 1976, lorsque les manifestations de la jeunesse noire furent violemment réprimées.

En 1990, alors qu'elle vient d'obtenir la nationalité française, Nelson Mandela finit par la persuader de revenir en Afrique du Sud. En 1992, elle fait une apparition dans le film Sarafina !, qui raconte les émeutes de Soweto en 1976.


Régulièrement, elle revient dans l’actualité musicale. Pour les concerts suivant Homeland, son dernier album en date publié en 2000 sur lequel figurent deux compositions de Lokua Kanza, elle est accompagnée par un orchestre qu’elle appelle sa "petite OUA", avec des musiciens camerounais, malgache, mozambicain, sénégalais… Panafricaine dans l’âme, pionnière de la world music, Miriam Makeba est restée jusqu’à la fin de sa vie une artiste militante, ambassadrice de tout un continent.

«J'ai conservé ma culture, j'ai conservé la musique de mes racines. Grâce à elle, je suis devenue cette voix et cette image de l'Afrique et de son peuple sans même en être consciente», avait écrit Miriam Makeba dans son autobiographie.





AUGUSTE GNALEHI

SOURCE LE FIGARO et RFI


CLAIRE PORQUET. / LA MAGIE DU LIVRE

Publié le 08/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi

UN JOURNAL A QUATRE VOIX
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AUGUSTE GNALEHI
Critique littéraire
augustegnalehi@hotmail.com___________________________

La magie du livre, roman édité par EDILIS et écrit par Claire Porquet, est un journal à quatre voix qui raconte la vie, surtout l’accomplissement de l’homme dans une société en perpétuelle mutation.

David, Miriam, Aude et Adrienne se succèdent sans que l’on y prenne garde et transportent le lecteur dans leur monde féerique. Un monde où les mots et les lettres ont perdu tout leur mystère.

David et ses sœurs Miriam, Aude et Adrienne ont vécu dans l’univers passionnant des livres depuis leur enfance. Ce, grâce à leurs parents et à leurs éducateurs.

Ils évoquent tantôt avec humour, tantôt avec gravité les instants les plus forts et reconnaissent l’importance des librairies, des bibliothèques, des causeries -débats des salons et cafés littéraires dans leur instructions, évolution.

DU BIEN-FONDE DE LA LECTURE

La magie du livre montre le bien-fondé de la lecture. Le lecteur averti voyage sans bouger, possède le passé, le présent, la connaissance du monde extérieur, les richesses de l’imagination, les représentations du monde et les richesses qui bouleversent les cœurs.

Claire Marie Joséphine Tchètchè Porquet, enseignante de formation, conseillère pédagogique et concepteur de manuels scolaires au ministère ivoirien de l’Education nationale, expose à travers ce roman de jeunesse ses expériences personnelles. Expériences qu’elle a eues avec ses enfants, car les différents personnages sont en réalité ses enfants.

Comme on le constate, véritable hymne à la lecture, ce roman met en scène une famille profondément plongée dans le monde livresque.

Ce roman c’est aussi l’histoire d’une classe, d’une école invitant d’une façon générale tout élève à l’apprentissage de la lecture ; parce que c’est la clef qui ouvre les portes des autres matières.

DE LA PORTEE DU ROMAN

Le plaidoyer de Claire Porquet réactualise la pertinente problématique du rôle du livre dans un monde sous l’emprise des nouvelles technologiques de la communication et de l’information. A bien des égards, malgré des nombreuses facilités offertes par ces nouveaux supports, le livre est le meilleur support dans la transmission des connaissances et des savoirs.

C’est pourquoi l’auteur préconise que tout enfant doit avoir sa bibliothèque ; car lire c’est s’instruire, se cultiver et se construire comme citoyen et homme de la modernité.

Claire Porquet propose, dans ce roman à caractère hautement didactique et pédagogique, des pistes pour cette culture de lecture, car « Acquérir l’habitude de la lecture, c’est se bâtir une forteresse, un repaire contre toutes les vicissitudes de l’existence ». En revanche, au regard de ce qui précède, quel que soit le milieu social, le plaisir ou le goût de lire ne peut se commander ni se décréter, mais plutôt se cultiver…



AUGUSTE GNALEHI
Critique littéraire
augustegnalehi@hotmail.com

SOUS LA PLUME./ WHEN PAIN BECOMES WORDS

Publié le 01/11/2008 à 12:00 par augustegnalehi
SOUS LA PLUME./ WHEN PAIN BECOMES WORDS
INNA HAMPATE BA
“Poems are my home Poems set me free.”


– By Auguste Gnalehi-
in www. africaallstarsmagazine.com

Inna, daughter of Amadou Hampate Ba, just published, in collaboration with Ceda/Nei a
novel of 61 poems entitled: “When pain becomes words”.The novel is an autobiography that takes readers through the world of a suffering mother.During our chat, she talks about her parents and her writing particularly her composition.

Are you Amadou Hampte Ba’s daughter?

Yes of course! When I was born, my father was 62 years old. So he’s at the same time my father and grandfather.

Let’s talk about your parents

My father was a very busy person but he never left the house because everyone used to come at home. Given his busy schedule, he did manage to give us a good education. Unfortunately we were not too close because visitors used to leave our house around 11 pm at night.It did affect me a lot because I wanted my father and not Mr. Hampate
Ba. My mother was a housewife and a very strict person due to the fact that she wanted to teach us some values such as remaining a virgin to be married. I couldn’t play with other boys so, I decided to get married because I was living like a prisoner.

Your way of talking about marriage, It seems to me that you are regretting your choice?

I thought marriage would set me free and I quickly realized that it was a lie. Marriage is another institution with its own laws and rules; I didn’t realise any of my dreams or projects. My father was not opposed to my marriage but he always used to tell me: “Inna, if you get married please do not divorce because you must take responsibility for your choices”. He was right because after many years I got divorced but now I’m very happy with my new husband.

Can you tell us why you write?

I thought a lot before making that decision. One of the main reasons was to achieve what my father started. I mostly write to pay tribute to my late father but also for my son Samba who died because of toxic waste. It’s after his death that I started to publish my writings. This time I assume my choices In’ch Allah.

There are different types of literature. Why did you choose poetry to express yourself?

I chose poetry because I love it. It’s only through rhymes that I can express my feelings and myself, in order to share them with my readers. It’s my way of grieving and healing my wounds. According to my readers, my poems are therapeutic; they can relieve your soul.” A confidence between you and me: When suffering become words?” is a novel that is a source of comfort, to find the inner being and to survive.

How can you define poetry?

According to me, poetry is a way to express your inner thoughts. It’s an expression of my different beings that create flowers in my imagination. If you talk about a building or about something, you must be able to love or hate it. It’s a description, a vision of your life and the world that you are transmitting to others. Poems are like meditation.

Where does your essence come from?

My late father (Hampate Ba) always used to tell me that: “If you love or follow God, we could not kill each other”. Love must be at an inner level of your being so as to become spiritual. It’s at that level, where love becomes eternal. If we can be one, we will be able
to forgive each other. It’s the perfect religion that leads to know God and it’s the religion I’m preaching through my poems. There is something that is higher and nicer than
everything and that is beauty. We are communicating with beauty, which is mystic.

Is writing a hobby or a permanent job that you are adding to
your day job? (She’s a professional teacher)

This novel made me understand that writing set us free from our pain and responsibilities, obligations, life expectations and experiences. It’s a new vision of life. It’s a gift I had from my son and a way of expressing loudly my inner being because I used to close myself inside. I still have other poems that need to be published and I would love to share them with others.

When should we expect the next novel?

In’ch Allah! Very soon but first read this one.

Will it still retain its lyrical style?

Of course…It can also be a romance but I express myself better with
poems.

After reading your novel, there is an impression that you are
inspired when you are in pain?

I write only when I’m in pain. My inspiration is provided by pain, sometimes I cannot write because I’m happy. When I’m depressed, I love to bring the inner light out in order to share it with other people.

Why have you kept your maiden name?

Many people will think that it’s related to edition problems, but I did it to pay a tribute to my father. Everything I possess such as education or culture is due to my fathers (Hampate Ba) hard work. Even given the age difference, he thought us his life vision.

Your first novel was inspired by something (your son’s death).
Can we say bad things bring good work?

I do think there is a danger to life. I don’t like bad things to happen but I do take them as a step forward. I don’t like dark things but every one must go beyond death in order to understand it. It is about metaphysics. Life is about interrogations or quests and they help us to understand and discover our roots. It also helps us to be next to God.
When you reach that stage, pain becomes words that change into love.

AUGUSTE GNALEHI

IN africaallstarsmagazine.com